Editorial

Editorial du n° 31

Michel Tozzi

Le 6e colloque sur les nouvelles pratiques philosophiques, intitulé : " La philosophie comme pratique éducative et culturelle : une nouvelle citoyenneté ", s'est tenu les 15 et 16 novembre 2006 au siège social de l'Unesco, à Paris, sa deuxième journée coïncidant avec la 5e journée mondiale de la philosophie organisée par l'Unesco.

C'est un franc succès : 200 communications émanant de 35 pays des cinq continents (enseignants, animateurs, formateurs, bibliothécaires, de nombreux universitaires, doctorants etc.), plus de 300 participants... Il a été précédé le mercredi par une réunion du Conseil international de philosophie pour enfants, regroupant une vingtaine de pays. La preuve est faite, s'il en était besoin, du renouvellement et de la vitalité des nouvelles pratiques philosophiques en France et dans le monde.

Ce colloque était centré sur les pratiques philosophiques, et non sur la philosophie académique. Elles ont été explorées dans leur grande diversité :

  • dans la cité, cafés-philo, universités populaires, animations en bibliothèques, foyers de jeunes travailleurs etc., consultations philosophiques individuelles et dans les entreprises, sites, forums, listes de diffusion...) ;
  • à l'école, de la maternelle à l'université, en formation initiale et continue : ateliers-philo, discussions à visée philosophique, pratiques du dialogue socratique, communautés de recherche, formations diverses etc.

Cette diversité était aussi celle de différents courants, car depuis le premier colloque tenu en 2001 à l'INRP, le comité de pilotage a tenu à ce que soient représentées diverses façons de faire, aux présupposés théoriques et aux pratiques différentes, pour éviter la constitution de chapelles, ce qui permet le dialogue critique et constructif le plus large.

La diversité la plus frappante était la diversité internationale (le colloque de 2005 au CRDP de Poitiers avait déjà une dimension européenne), qui montre comment la visée universalisante de la philosophie se décline néanmoins en des pratiques et didactisations multiples, qui sont fonction du contexte historique, géographique, politique, idéologique et culturel nationaux. Cette décentration de notre façon très française de poser les problèmes est très formatrice...

Ce fut l'occasion de fédérer de façon plus large encore des réseaux nationaux et internationaux déjà existants, et de créer pour l'avenir une synergie. L'Unesco était très favorable à cette manifestation, qui oeuvre activement par ses pratiques philosophiques avec les enfants et les adultes, à une culture de la réflexion critique, de la citoyenneté réflexive et du dialogue pacifique entre les peuples. Les participants sont très demandeurs de poursuivre ces échanges.

Diotime, n°31 (10/2006)

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