Editorial

Editorial du n° 23

Michel Tozzi

Quand ce numéro sortira, on connaîtra le nouveau programme de terminale des baccalauréats technologiques, test pour la crédibilité de la philosophie chez les " nouveaux lycéens " (Dubet)... Énoncera-t-il les compétences de problématisation, de conceptualisation à acquérir en classe de philosophie, ou s'en tiendra-t-il comme dans les séries générales à la seule argumentation ? Prendra-t-il en compte la réflexion sur les problèmes contemporains (exemple : individualisme et lien social et politique, religion et laïcité, technique et bioéthique ou développement durable, Europe et mondialisation...), ouvrira-t-il sur des auteurs vivants, ou restera-t-il dans cette inactualité qui le cantonne dans le superbe isolement du point de vue de Syrius ? Innovera-t-il sur les formes d'évaluation, ou sera-t-il encore centré sur la seule dissertation et le commentaire de texte ? À vous de juger...

Le paradoxe est là : d'un côté l'enseignement de la philosophie en terminale s'enfonce dans la crise (baisse significative des effectifs dans la classe littéraire des huit heures de philosophie, difficultés à enseigner dans de nombreuses classes, en particulier technologiques, moyennes affligeantes aux épreuves du baccalauréat...), de l'autre la vitalité des cafés-philo dans la cité, et le développement important de nouvelles pratiques à visée philosophique à l'école primaire, renforcé par les heures réglementaires de débat et l'appui sur une littérature de jeunesse désormais au programme, dont nombre de productions (avec des collections ad hoc), s'affichent résolument à dimension réflexive...

Diotime-l'Agora accompagne par des témoignages, des réflexions, le compte rendu de recherches, ce mouvement qui pourrait bien à terme changer en France la représentation de la philosophie et de son enseignement...

Diotime, n°23 (10/2004)

Diotime - Editorial du n° 23