Dossier : Témoignages d'étudiants sur leurs premières DVDP

Expérimenter la DVDP en maternelle

Emma Delattre, étudiante en sciences de l'éducation,
Maud Gabay, étudiante en sciences de l'éducation.

I) Trois DVDP en cycle 1 sur l'égalité filles-garçons (Emma Delattre)

Je m'appelle Emma Delattre, j'ai 19 ans et je suis actuellement en deuxième année de sciences de l'éducation à l'université-Paul-Valéry, à Montpellier.

Je souhaiterais devenir professeure des écoles, plus particulièrement en maternelle, car je suis admirative des très jeunes enfants et de la capacité qu'ils ont à être émerveillés et intéressés par tout.

Je m'intéresse fortement aux pédagogies Freinet et Montessori.

Dans le cadre de mes études, j'ai eu l'opportunité de mettre en place un projet de discussions à visées démocratique et philosophique (DVDP).

La DVDP est un dispositif pédagogique inventé par Michel Tozzi ayant pour but de "faire réfléchir au fossé qui peut parfois exister entre l'opinion fondée sur les préjugés et la pensée construite à partir de l'émerveillement" (M. Reverdy, 2019, p. 13).

J'ai effectué mes DVDP durant mon stage d'observation au sein de l'école maternelle Ludwig Van Beethoven (Montpellier) dans la classe de Madame Printemps Nguyen.

L'enseignante a une classe de cycle 1 qui fonctionne en pédagogie coopérative.

Les enfants sont bienveillants et se respectent mutuellement, ils sont continuellement en train de s'entraider. Du fait que les enfants restent trois ans dans la même classe, ils se connaissent tous très bien, ils ont moins peur du regard de leurs camarades et sont plus à l'aise pour prendre la parole devant un groupe.

J'ai pu mettre en place trois DVDP de 20/25 minutes chacune avec des enfants de 4-5 ans. J'ai également mené une discussion sur le thème : "Avoir une discussion à visées démocratique et philosophique, c'est quoi ?", pour clôturer les séances.

Les quatre séances ont été réalisées l'après-midi.

L'enseignante et moi-même avons choisi que je travaille avec les élèves sur l'égalité filles-garçons.

C'est un sujet d'actualité : on constate de fortes inégalités entre les hommes et les femmes dans notre société et cela commence dès l'école maternelle.

En effet, la maternelle est un lieu où les stéréotypes sont souvent très présents : les filles sont majoritairement habillées avec des robes roses "qui tournent" et les garçons sont tous en pantalons de couleur sombres.

En cette période de novembre, quand on demande aux enfants ce qu'ils veulent comme cadeau de Noël, les filles répondent qu'elles veulent des poupées et les garçons répondent qu'ils veulent des armes.

Au cours de mon stage, j'ai observé que le matin les garçons se dirigent immédiatement vers les jeux de construction alors que les filles préfèrent les livres ou faire du dessin.

Également, en étant assise à l'atelier "fabrication de colliers en perles" avec deux élèves de petite section, j'ai proposé à un petit de se joindre aux filles et il m'a répondu "non les colliers c'est pour les filles".

L'enseignante organise sa classe en essayant d'éliminer les préjugés des enfants. Elle créé des groupes de travail mixtes, elle tente de donner la parole autant aux filles qu'aux garçons, des garçons ont une étiquette rose et des filles ont une étiquette bleue... Mais malgré ses efforts, les stéréotypes persistent.

Le projet mené avec les enfants sur l'égalité filles- garçons a été très intéressant pour cela.

Avant de commencer chaque séance, j'ai attribué aux enfants volontaires un rôle afin de les responsabiliser. Les rôles étaient attribués à des enfants différents à chaque séance afin qu'un maximum d'enfants ait pu avoir un rôle.

Parmi les rôles, il y avait : celui de maître du temps qui, une fois que le téléphone sonnait, disait "La séance est terminée", le rôle du reformulateur qui réexpliquait avec ses mots l'idée d'un camarade, et le rôle du synthétiseur qui, avec un feutre et une ardoise, dessinait ce qu'il avait compris/retenu de la discussion.

Je leur ai également exposé les règles de DVDP avant chaque séance.

A) Pour la première séance, le mardi 15 octobre 2019, je leur ai lu l'album Quand Lulu sera grande de Fred. L. Il raconte l'histoire d'une petite fille à laquelle les enfants peuvent s'identifier.

Lulu s'intéresse à des métiers que les enfants (et un grand nombre de personnes dans la société) qualifient de "métiers pour les hommes".

Dès la lecture, les enfants réagissaient "non, elle ne peut pas faire cela parce que c'est une fille". Une fois l'album terminé, je leur ai posé la question suivante "Est-ce que vous pensez que Lulu pourrait devenir joueuse de football professionnelle ?".

Petit à petit, avec d'autres questions, j'ai ramené Lulu à leur quotidien en leur demandant par exemple "Est-ce que les garçons ont le droit de jouer à la corde à sauter dans la cour de récréation ?" ou "Est-ce que les filles jouent aussi bien au football que les garçons ?".

Cette séance n'a pas été parfaite, les enfants ne comprenaient pas vraiment ce qu'ils devaient faire et moi je n'étais pas forcément très à l'aise dans mon choix des mots, mes explications... Ils répondaient "Je pense cela" "Je suis d'accord avec X" mais sans apporter de justifications.

L'enseignante a filmé cette première séance, ce qui m'a permis de faire une réelle introspection et de trouver des améliorations pour la deuxième séance.

B) La deuxième séance a eu lieu le vendredi 18 octobre 2019. Je ne leur ai pas lu d'album, je leur ai présenté deux images : une image de petite fille avec de longs cheveux et une robe rose ; et une image d'un petit garçon habillé tout en bleu avec une casquette rouge et un ballon de football aux pieds. Je leur ai demandé "En quoi ces deux personnages sont différents ?". Je leur ai ensuite posé la question "En quoi ces deux personnages se ressemblent ?" puis j'ai ramené les personnages à leur réalité à eux : "Avez-vous le droit de mettre tel habit ?".

Je souhaitais qu'ils analysent les deux enfants et repèrent les différences et les points communs.

Je leur ai également montré une affiche d'hommes qui portent des vêtements qui ressemblent à des robes par leur forme.

La discussion s'est mieux déroulée que la première fois, j'ai pu pallier mes manques, faire des améliorations, notamment modifier ma posture. Au cours de la première DVDP, il y avait une enfant de GS qui n'avait pas parlé. Lors de cette deuxième DVDP, je l'ai sentie plus à l'aise mais pour autant elle n'a pas pris la parole.

C) Nous avons eu notre troisième et dernière DVDP le mardi 19 novembre 2019, soit un mois après les deux premières discussions. J'ai demandé à une élève d'expliquer à un autre le rôle du "synthétiseur". J'ai été très étonnée de voir qu'elle lui a expliqué, en donnant les exemples des deux précédentes séances. Elle se rappelait exactement le travail que l'on avait fait un mois auparavant : cela m'a fait réellement plaisir.

Je leur ai lu l'album On n'est pas des super héros de Delphine Beauvois et Claire Cantais, puis je leur ai demandé "Pour vous, qu'est-ce qu'un super héros ?".

On a approché le super héros du papa puis du garçon afin qu'ils comprennent qu'un super héros a le droit de pleurer, tout comme papa, tout comme eux. Un garçon a le droit d'aimer les bisous et les câlins, qu'il a le droit d'avoir peur et qu'il n'a pas à avoir honte de cela. Ensuite j'ai demandé "Pour vous, qu'est-ce que c'est une super princesse ?".

Après réflexion et discussion, dans l'ensemble, les enfants étaient d'accord pour dire qu'un garçon a le droit d'aimer le rose et qu'une fille a le droit d'aimer le bleu. Qu'une princesse peut aussi être chevalière et qu'elle peut même être plus forte qu'un chevalier.

La troisième séance a été différente des deux premières, les enfants avaient compris ce qu'était une discussion et ils n'avaient pas de souci avec le fait d'argumenter. Je leur ai expliqué que s'ils voulaient dire "Je pense que" ou "Je suis d'accord avec X", il était nécessaire d'ajouter un "car" ou un "parce que" pour apporter des arguments. Ils se sont prêtés au jeu avec beaucoup d'enthousiasme.

L'élève qui n'avait pas participé aux deux premières séances l'a énormément fait ce jour-là. C'est une enfant avec qui j'ai essayé de créer du lien durant mon stage et je pense que lors de cette troisième DVDP elle avait toute confiance en moi.

À la fin de chaque séance de DVDP, nous faisions un bilan météo dans lequel les enfants avaient la possibilité de s'exprimer en toute liberté et de dire ce qu'ils avaient pensé de la discussion du jour.

Après avoir discuté avec l'enseignante, nous nous sommes demandé si les enfants avaient réellement compris ce que l'on avait fait durant ces trois séances. Alors, j'ai proposé de faire une dernière discussion inspirée d'un extrait du documentaire Ce n'est qu'un début, dans lequel une enseignante demande à ses élèves : "Faire de la philosophie, c'est quoi ?"

Je leur ai fait un petit bilan des différentes séances en leur expliquant que pour philosopher il faut être capable de :

  • problématiser : être capable de poser et de se poser des questions ;
  • argumenter : expliquer pourquoi on pense cela ;
  • définir : expliquer aux autres le mot qu'on utilise, donner sa définition personnelle du mot ;
  • discuter : discuter avec les autres avec des règles de parole, d'écoute et de respect.

Chaque enfant a pu donner son avis au cours d'un bilan général des séances et a potentiellement eu l'occasion de comprendre la démarche de DVDP. Selon les enfants, ce dispositif permet de "discuter sans qu'on se moque", "réfléchir avant de parler", "parler tous ensemble".

Mener ces DVDP avec les enfants de cette classe et avec l'aide de l'enseignante a été pour moi une expérience très enrichissante.

Je pense que c'est un projet qui peut porter ses fruits sur le long terme, car c'est surtout à la troisième séance que les enfants ont vraiment eu une parole libérée et qu'ils ont utilisé le procédé argumentatif "Je pense cela car". J'ai été très satisfaite et impressionnée de voir la différence entre la première DVDP et la troisième.

Selon moi, en maternelle, il est préférable de mener des DVDP avec un petit groupe (maximum 10 enfants) sur un temps assez court (20-25 minutes suffisent largement). Il est nécessaire de poser un cadre pour maintenir la sécurité affective de chaque enfant.

Je trouve que le projet de DVDP est réellement intéressant, aussi bien pour l'enseignant que pour les enfants dans leur individualité et le collectif. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les enfants de 4-5 ans sont tout à fait aptes à mener ce projet.

En effet, ces discussions permettent aux élèves d'avoir une parole libérée, d'oser donner leur opinion et cela peut être très utile pour plus tard.

Sources

  • Marie Reverdy (2019) Devenir philosophe ! Contes philosophiques en vue de l'animation d'un café philo à l'attention des 10-13 ans, Lyon, France, Chronique sociale.
  • Pierre Barougier et Jean Pierre Pozzi (2010), Ce n'est qu'un début, Seine-et-Marne, France, Ciel de Paris Productions.

II) Une DVDP en maternelle sur l'amitié (Maud Gabay)

Je suis Maud Gabay. Dans le cadre d'un projet de DVDP en 2e année de sciences de l'Éducation à l'Université-Paul-Valéry, je suis intervenue au sein de mon stage d'observation. Je suis animatrice sur les temps périscolaires, c'est comme cela que j'ai découvert l'école, sa pédagogie et que j'ai présenté mon projet à la suite de ma demande de stage. La grande majorité des élèves qui ont participé à la discussion me connaissait déjà. J'ai étudié un semestre la psychologie au sein de l'université-Paul-Valéry, je pense que la philosophie peut être exercée à tous les âges, avec une approche différente et adaptée. Je n'ai pas eu beaucoup de réticence à l'annonce de ce projet. Grâce à de nombreux ouvrages ainsi qu'un film réalisé par une enseignante, j'ai eu la confiance nécessaire pour croire à cette discussion à visées démocratique et philosophique. Je vous laisse découvrir celle-ci.

Le contexte

J'ai préparé la discussion à visées démocratique et philosophique pour une durée d'une heure un mardi matin juste après le rituel du temps scolaire à la Calendreta Dau Clapàs de Montpellier. Les enseignants ont pu faire du lien avec mon projet et leur pédagogie. J'ai ressenti beaucoup d'enthousiasme en le proposant. J'ai animé auprès d'une classe de 22 élèves en petite, moyenne et grande section. L'enseignante et l'agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem) se sont également assises dans le cercle pour observer le déroulement mais n'ont pas participé.

Les intentions éducatives poursuivies

Ce projet entre dans la matière éducation civique de la licence des sciences de l'éducation que je prépare, en faisant du lien avec les réalités éducatives de l'éducation à la citoyenneté. J'ai abordé le thème de l'amitié, afin de me sentir le plus à l'aise sur le sujet, la recherche d'album m'a permis d'affiner mon thème.

Visée démocratique

Cette visée se traduit par le cadre des règles de vie, les avis sont très différents des uns aux autres, les enfants n'ont pas suivi la même idée, chacun a les siennes et il peut y avoir confrontation des avis dans un cadre sécurisé et sécurisant. Aucun élève ne s'est levé pour sortir de la discussion. Ils ont respecté la prise de parole de celui qui l'avait. Dans ce cadre sans menace, se présente un apprentissage de la citoyenneté : comment peut-on se comporter dans notre société ? Chacun a droit à la parole et au respect. Cet exercice permet une confiance en soi pour s'exprimer, étayer ses propos, écouter la parole de l'autre. Les règles démocratiques et les fonctions jouent un rôle important lors de la discussion.

Visée philosophique

Les enfants construisent une pensée émancipatrice, ils s'exercent à réfléchir, à penser par eux-mêmes. Ils développent un esprit critique, ils tentent d'argumenter en donnant essentiellement des exemples. Mais l'exercice leur permettra sur du long terme de donner des arguments d'un degré différent. Une sorte de progression peut se faire : en tant que rituel, une fois par semaine pendant un an, nous pourrions voir des changements sur cette manière de penser. Il serait intéressant de voir un argument qui dépasse les faits de l'expérience. On se réfère aux 3 exigences intellectuelles du philosopher : argumenter, conceptualiser et problématiser.

Le thème : l'amitié

L'amitié peut avoir beaucoup de sens pour un enfant, nombre d'entre eux deviennent amis par une parole, des jeux, le biais de parents, mais aussi se fâchent pour des raisons qui leur font ressentir de nombreuses émotions. Il est intéressant de voir comment on choisit ses amis, et si la différence est un facteur qui joue sur ce choix de nos relations. Une forme de sensibilisation s'observe derrière ces thèmes : réfléchir à la manière dont on choisit ses ami(e)s et, dans une perspective citoyenne, discuter de la différence dans un cadre serein.

Description du réalisé

Le déclencheur de la discussion à visées démocratique et philosophique a été un album de littérature de jeunesse : Petit éléphant à un ami !de J. Ashbé (2015). Tigre, l'amie de Petit Éléphant, vient jouer avec lui. Ensemble, ils s'amusent et construisent une cabane. Seulement Tigre et Petit Éléphant ne s'amusent pas de la même manière...

Les enfants ont tout de suite remarqué la présence des deux animaux. Tout d'abord, ils disent que dans la nature, ces deux animaux ne sont pas amis puisque le tigre chasse l'éléphant. En les ramenant à l'histoire, ils ont expliqué qu'ils jouaient ensemble, et ont pris des exemples des différences qu'ils ont physiquement avec leurs amis (types de cheveux, couleur de peau, traits de visages...). D'autre part, ils ont montré que certains aimaient pratiquer des jeux que d'autres n'aimaient pas, leur amitié restant solide même si, par moment, ils ne jouent plus ensemble. Ils ont distingué les preuves d'amitié : lorsqu'ils jouent ensemble, lorsqu'on offre un collier de l'amitié (une moitié de coeur appartenant aux deux amies), on peut partager mais parfois on peut blesser. Il se peut que ça les rende tristes ou qu'ils se disputent avec leurs amis. Ainsi, pour eux, un ami ça les fait jouer, prendre du plaisir, partager, donner de l'amour, découvrir de nouvelles choses, de nouveaux jeux, ils peuvent offrir des cadeaux, partager des moments. Un ami, on peut l'inviter chez soi, se faire confiance. Ils ne choisissent pas leurs amis en fonction du sexe mais surtout par le jeu.

À la suite de la discussion, chaque enfant a dessiné son ou ses meilleurs amis. J'ai souhaité mettre en place cette activité pour laisser la possibilité à chacun de dessiner ses amis ; c'était une continuité de la discussion. Tous ont accepté et ont exprimé des sentiments forts à l'égard de leur dessin. Un participant a fait apparaître quelque chose de nouveau en dessinant son "amoureuse". Je lui ai demandé si c'était aussi son amie, il m'a répondu que oui.

J'ai été animatrice et présidente. Dans mon rôle, j'ai été active auprès des enfants et vigilante afin de conduire le débat philosophiquement sans jamais refuser une question ou l'énoncé d'un enfant.

Je n'ai pas mis en place de tour de parole, car il me semble être un frein d'intimidation dès qu'on aperçoit que c'est à nous de parler. Les participants souhaitant s'exprimer lèvent le doigt et attendent que je leur donne la parole, dans le respect des règles de la discussion.

J'ai essayé de garder "le cantou", le lieu de rassemblement nommé en occitan, afin de ne pas déranger les habitudes, le lieu était très bien adapté.

J'ai réalisé une pancarte des règles démocratiques par des dessins avec des enfants qui miment ce qu'on doit faire.

La séance (mise en place, échanges et analyse) a duré 15 minutes en raison du jeune âge des enfants en maternelle.

Les ressentis

A la fin de la discussion, j'ai organisé un bilan météo : les symboles ont été mimés avec la main : le soleil "J'ai aimé" : 18/22 - Le nuage "Je n'ai pas tout aimé" : 2/22 - La pluie "Je n'ai pas aimé" : 0/22. Puis j'ai laissé les enfants désireux de s'exprimer le faire.

L'enseignante a été émerveillée d'entendre ses élèves participer autant et d'observer des notions aussi développées. L'Atsem a également porté une attention particulière, elles étaient touchées par les mots des enfants.

En effet, cette discussion a été fluide, les enfants étaient très à l'écoute de la parole de l'autre, chaque participant savait exprimer sa pensée avec ses mots, dans le respect et l'écoute, beaucoup d'enfants ont participé.

Ce que j'ai observé

Les élèves étaient respectueux des règles et ont montré un vif intérêt à l'histoire. Leur imaginaire les a portés sur la réalité dès l'entrée de la discussion.

Concernant les trois exigences du philosopher (ou de la pensée réflexive), les enfants ont exprimé des arguments très positifs sur l'amitié, une participante a présenté un collier avec un coeur de l'amitié divisée en deux (l'autre moitié était à une autre participante) à toute la classe pour montrer une preuve d'amitié en expliquant son importance à ses yeux.

L'imaginaire de l'histoire leur a posé beaucoup de questions au début de la lecture. J'ai rappelé que c'était une histoire. Puis les enfants ont laissé leurs idées se tisser petit à petit.

Il y a eu peu de digression. Les enfants se sont mis à conceptualiser sur ce qu'était l'amitié les uns après les autres : "ça partage", "ça nous montre des nouveaux jeux", "ça s'appelle partager des moments", "ça nous donne de l'amour".

Je suis enthousiaste à l'idée de mettre en place de telles DVDP lorsque je serai enseignante, régulièrement, dans le but d'observer une progression des élèves dans leurs manières de penser.

Mais certains enfants n'expriment aucune idée. C'est problématique pour moi. Une telle discussion est illustrée comme un réseau de rhizomes, un cheminement d'idées. L'enfant pourrait témoigner, mais certains n'ont pas du tout parlé, peut-être même n'ont-ils rien pensé...

Des exemples de la vie quotidienne pourraient permettre la parole de ces élèves. Il me faut trouver un équilibre entre la philosophie et la pratique, je dois davantage faire du sens, il faut que ça leur parle.

Diotime, n°86 (10/2020)

Diotime - Expérimenter la DVDP en maternelle