En classe

La morale, ça se discute... Et si on philosophait à l'école ?

Alexandra Ibanès, professeur des écoles, école Beauséjour, Narbonne

I) Introduction

Internet et les réseaux sociaux incitent les gens à se regrouper selon leur système de pensée. Les "amis" que nous rencontrons ainsi virtuellement, ont avec nous des ressemblances solides, nous semble-t-il. En fait, derrière un échange avec des personnes ayant nos affinités, un travail de filtrage a été souvent mené par les algorithmes de sites marchands pour nous proposer ce qui peut nous plaire. C'est pourquoi les réseaux sociaux ne favorisent pas vraiment le débat démocratique, les internautes se dirigeant vers des sites qui renforcent leurs opinions.

Il est toujours difficile et déstabilisant de se confronter à autrui et d'affirmer ses propres jugements. Ces débats sont pourtant nécessaires pour que l'individu se construise en termes de comportement et d'éthique.

L'école est le premier endroit où les enfants vont pouvoir mettre en avant leurs pensées, les opposer et prendre conscience de leur personnalité.

Pour comprendre autrui, il faut se comprendre soi-même et si un tel apprentissage est mis en oeuvre dès l'école primaire, il y a tout lieu de penser que le début du chemin de l'existence sera bien balisé.

II) Le choix d'un support

Depuis plus d'une décennie, les élèves de mes classes de CM2 pratiquent les débats à visée philosophique. Après avoir découvert La morale ça se discute de Michel Tozzi, j'ai fait le choix de travailler à partir de ce livre avec mes élèves de CM2 durant toute une année.

J'ai sélectionné cet ouvrage après l'avoir testé dans un premier temps auprès des enfants en leur faisant lire des extraits. Ce fut un réel succès, car les personnages créés par Michel Tozzi, quatre copains, Théo, Raf, Zoé et Léa, qui adorent discuter autour des notions fondamentales de la morale, du respect, de la justice etc., sont devenus rapidement des camarades de leur classe... privilège de la fiction !

La DVP, même si elle devient une activité de plus en plus courante dans les établissements, laisse encore dubitatifs bon nombre d'adultes et d'enseignants. En théâtralisant les scènes du livre et en intercalant les paroles des débats philosophiques qui suivaient chacune d'elles, j'ai souhaité montrer aux parents et à l'institution que les enfants sont capables de réfléchir, de se remettre en question, qu'ils peuvent écouter l'autre, argumenter, nuancer leurs propos et grandir dans leur tête.

Pourquoi le livre La morale, ça se discute?

Au cours de ces dernières années, la littérature philosophique pour les enfants a pris une place importante sur les étagères des librairies. L'ouvrage de Michel Tozzi, pour des pratiques de DVP en classe présente un grand intérêt en terme de pédagogie pour les raisons suivantes :

  1. Les quatre enfants qui discutent ont chacun leur identité sociale, culturelle et leur propre caractère. Le personnage du régulateur, le professeur Phil, est à leur écoute et il reformule leurs pensées de façon constructive.
  2. Le langage utilisé est celui des enfants lecteurs et les sujets abordés sont ceux qui les préoccupent (les enfants apprécient le concret des situations). Par ailleurs, dans les dialogues, ils trouvent des réponses différentes à leurs questionnements.
  3. Dans chaque chapitre qui correspond à une discussion, un encart destiné aux enfants focalise le sujet en le reformulant très précisément, ce qui favorise la réflexion. Bien sûr, aucune de ces interrogations ne guide le penseur vers une réponse attendue. A la fin de chaque scénette, deux ou trois questions à visée philosophique sont proposées pour mieux accompagner les enfants sur le cheminement de leur pensée.
  4. En effet, en aucun cas, La morale, ça se discute ne se veut... moralisateur. À travers les discussions engagées, l'auteur invite l'enfant à développer son esprit critique, à prendre de la distance par rapport à ses premières opinions, à argumenter, à renouveler ses idées pour imaginer le futur. Cet ouvrage permet à l'enfant de distinguer les sentiments et les opinions des arguments.
  5. La morale, ça se discute est un livre pour tous. Il peut être lu par des personnes n'ayant pas l'habitude des pratiques philosophiques. Il est très appréciable pour les adultes de relancer ou prolonger les débats grâce à des dossiers accessibles qui leur permettent d'aller plus loin sur les valeurs présentées dans l'ouvrage.

Ainsi, les enfants ont appris à clarifier leurs idées, à ne pas se moquer et à admettre les différences. Les dialogues qui servaient de support étant adaptés au lectorat, les enfants en souffrance dans leurs apprentissages quotidiens se sont révélés moteurs dans les débats avec des réflexions profondes. Ils ont pu ainsi développer leur intelligence intuitive que ne privilégient pas les savoirs scolaires. Le regard que leur portaient leurs pairs a alors évolué tout au long de l'année.

II) Comment utiliser La morale , ça se discute ?

Les dialogues sont choisis en fonction de la vie de la classe. Dans un premier temps, les élèves lisent silencieusement les dialogues proposés, puis on procède à une lecture à voix haute.

Après s'être assuré de la bonne compréhension du texte, le DVP peut commencer avec ses règles de fonctionnement.

L'enseignant joue le rôle de secrétaire pour recueillir les paroles d'enfants, ce qui a pour avantage de recentrer le sujet ou de reformuler une pensée en s'assurant que cette reformulation est exacte.

Les questions permettent de montrer l'évolution du raisonnement, de prendre des risques en parlant à l'oral pour exposer son point de vue, de savoir écouter et d'entrer dans le raisonnement des autres pour mieux les comprendre.

L'enfant apprend à argumenter en étant sollicité pour justifier ce qu'il affirme.

Tous les enfants ne prennent pas la parole. Cependant, ils ne sont pas passifs piur autant et s'expriment par écrit dans un bilan de séance qui ne sera pas évalué. De nombreuses réflexions naissent lors de ce travail d'écriture.

Lorsque j'ai demandé à mes élèves, à la fin de la première DVP qu'ils n'avaient jamais pratiquée, ce qu'ils ressentaient, les réponses ont été celles-ci :

"C'est bien de dire ce qu'on pense, il y a des bonnes idées et de moins intéressantes. On est tous entendus, écoutés".

"J'ai trouvé ça bien, mais ce qui m'a plu, c'est de pouvoir m'exprimer. La philo laisse aux enfants la liberté de s'exprimer".

" J'ai beaucoup aimé le débat philo, j'ai pu donner mon avis, même si les autres n'étaient pas d'accord. En plus, j'ai appris un peu mieux ce que veut dire la tolérance".

"Pratiquement tout le monde a participé, et on a tous appris quelque chose".

"C'est une bonne manière de s'exprimer, et ça aide à mieux connaître nos amis et leur coeur."

"Ca m'a apporté des choses que je ne savais pas sur mes camarades, je les vois différemment".

"On apprend à ne pas se moquer des autres et à ne pas répondre par la violence".

"Ça m'a fait réfléchir et j'ai écouté les autres. Je m'aperçois que tout le monde ne pense pas comme moi et je vois comment mes copains réfléchissent".

En fin d'année, les scénettes ont été théâtralisées et entrecoupées de lectures de pensées philosophiques. Les parents ont été surpris de constater à quel point leurs enfants pouvaient autant argumenter de façon positive et ils ont bien compris l'importance que leur progéniture donnait à l'éducation familiale et au dialogue.

III) Exemples d'interventions en classe

Voici les verbatims des débats menés lors de l'année scolaire 201-2017 dans ma classe.

A) Jeux de main, jeux de vilain

Après avoir lu la scénette, les questions posées ont été celles -ci :

  • Que faire quand on m'insulte ou qu'on me bouscule ?
  • Dois-je répondre à la violence par la violence ?
  • Quand je suis violent, est-ce que cela résout mon problème ?

Voici leurs réponses.

La violence ne résout pas les problèmes, mais on peut devenir violent car c'est plus fort que nous quand on est énervé.

Si quelqu'un te met un coup de poing dans le nez, tu te défends.

Si on se bat c'est sans fin et en plus on se fait mal, on peut envoyer l'autre à l'hôpital.

Ça prend de l'ampleur et ça finit mal.

On ne résout pas le problème.

Dès fois c'est verbal et ça fait tout aussi mal.

Si on tape, c'est la loi du plus fort et on peut conclure que ce n'est pas civilisé de se taper.

Un jour, je me suis fait insulter devant le conservatoire où j'allais prendre mon cours de musique, je l'ai dit au directeur qui a téléphoné à la police pour me protéger. Il y avait des grands qui venaient nous embêter.

Quand on dit des méchancetés ou qu'on te frappe, tu ne le dis pas, c'est ton problème.

Insulter l'autre c'est choquant.

Si on te dit des mots qui font mal, tu perds confiance en toi et tu peux après culpabiliser sur tes défauts.

Dire des méchancetés c'est moins grave, on n'est pas blessé. Les coups, on en meurt.

Les méchancetés peuvent tuer, ça fait si mal que certaines personnes peuvent perdre confiance et se tuer.

Les mots blessent, on m'en a dit et un prof de sport m'a rendu confiance en moi car pour faire du sport, il faut avoir confiance.

Taper ça blesse extérieurement, les insultes intérieurement, on se sent mal après. Si on insulte en texto c'est lâche et hypocrite.

Il y a des punitions qui méritent d'être données.

Si on se défend, il y a bagarre pour tous les deux car ils sont en tort et méritent une punition.

Celui qui se défend ne mérite pas d'être puni, c'est injuste.

C'est injuste si on n'a rien fait et qu'il y a une erreur dans la punition.

C'est injuste aussi si on est accusé et que c'est faux.

En CM1, des petits faisaient une bataille d'eau et j'ai été accusé alors que je n'avais rien fait.

Il y a des punitions injustes, deux filles se bagarraient, j'étais à côté et je me suis fait punir pour rien.

Ce matin, on m'a confondu avec un élève qui me ressemble et j'ai été puni injustement.

Oui mais c'est pas tous les jours, on a besoin des surveillantes pour nous protéger car il y a des bagarreurs qui sont toujours innocents.

Il y a des punitions qu'on mérite et d'autres non. Si je ne range pas ma chambre c'est une punition inutile.

Si j'ai une punition, on la double à la maison.

Si on est violent, il faut des punitions car on doit apprendre à se contrôler.

Des fois on fait des bêtises pour rire, on fait semblant de se bagarrer pour jouer et c'est dur d'être puni.

Les punitions servent à nous calmer, à réfléchir, à ne pas refaire une bêtise, à savoir vivre en société, à éviter les jalousies. C'est un bon moyen pour faire comprendre que l'action n'est pas à refaire. Elle me sert à progresser car si on recommence, ce sera de pire en pire.

Après avoir dit des généralités sur la violence, un élève s'est confié et a expliqué l'importance qu'avait pour lui un de ses professeurs à l'extérieur car il avait manqué terriblement de confiance en lui suite à de nombreuses agressions verbales. Suite à cette révélation, une autre élève a évoqué le harcèlement qu'elle venait de vivre sur les réseaux sociaux et la mise en place qu'avait faite sa famille pour la protéger.

Les enfants ont réellement pris conscience ce jour-là que la violence morale ou langagière pouvait être plus cruelle que la violence physique car elle laissait des séquelles pendant longtemps. Je fus remerciée à la fin de débat pour avoir abordé ce sujet.

B) Mensonge et vérité

  • Vaut-il mieux mentir ou dire la vérité ?
  • Quels sont les avantages et les inconvénients ?
  • Imaginez une société où tout le monde mentirait, racontez ce qui se passerait.

Lors de ce débat, les enfants ont défini les différents types de mensonge. Ils ont évoqué les mensonges de politesse, de courtoisie, de crainte, d'amusement... Le mensonge n'était pas que synonyme de mal et n'était plus un sujet tabou. Si le mensonge n'était ni entièrement négatif, ni entièrement positif, la vérité est essentielle collectivement pour éviter le chaos dans la société. Les enfants étaient très attachés à la vérité de la part de l'adulte qu'ils considèrent comme un exemple.

Dire la vérité c'est mieux car si on ment et que ça se sait on se fera punir.

Faute avouée à moitié pardonnée.

Mentir n'est pas courageux.

La majorité de la classe pense qu'il faut dire la vérité.

Si on ment quand on est petit, on ne se rend pas compte des conséquences.

Dire la vérité c'est courageux parce que j'ai peur, je surmonte ma peur, il faut savoir le dire.

C'est dur de dire la vérité parce que tu sais que tu vas te faire punir.

Si je fais une bêtise, je ne dis pas la vérité car je vais me faire disputer.

Pour sauver un de tes amis, tu peux mentir pour le protéger.

Un jour dans un château, c'était gratuit jusqu'à 10 ans et on a menti sur mon âge pour ne pas payer.

Mentir est utile pour ne pas faire de peine aux amis si on n'aime pas ce que son ami fait ou aime.

On ment si on dit qu'on aime les mêmes choses que ses amis alors qu'en fait c'est faux.

On peut aussi ne pas aimer un plat et pour ne pas vexer celui qui l'a cuisiné lui dire que c'est bon.

Il suffit de ne pas reprendre une deuxième part.

Si tout le monde mentait il y aurait des rumeurs idiotes, ce serait bizarre.

Le monde serait chamboulé.

On ne saurait plus qui croire.

Il y aurait beaucoup de malaise.

On communiquerait dans du grand n'importe quoi.

Cette société serait dangereuse.

Quand on dit la vérité on n'est pas forcément puni car nos parents comprennent les bêtises et si on se fait gronder, on passe un mauvais moment et après on n'y pense plus. Les parents puniront moins si on dit la vérité, car ils savent que nous regrettons.

Mentir peut éviter des dangers mais si on ne se fait pas prendre on peut être mal à l'aise, ça reste dans la tête. On peut avoir des regrets si quelqu'un se fait punir à notre place.

B) La tolérance

  • Pour toi la tolérance, est-ce simplement accepter que l'autre ne pense pas comme toi ?
  • Est-ce s'étonner et chercher à comprendre pourquoi en discutant avec lui ?
  • Si quelqu'un n'est pas d'accord avec toi sur une idée :
    • Tu te bats contre lui.
    • Tu te dis qu'il peut penser ce qu'il veut, mais cela t'indiffère.
    • Tu cherches à savoir pourquoi il pense différemment de toi.
  • Qu'est-ce qui te semble le plus pertinent pour ta pensée ?

Les élèves ont admis en majorité qu'on pouvait penser différemment et qu'il existait des opinions et des croyances divergentes. Ils ont compris que se placer dans le point de vue de l'autre était difficile mais qu'on pouvait s'enrichir lors de débats. La haine, la violence, le racisme sont pour eux insurmontables et inacceptables dans la société, ils ne les tolèrent pas ainsi que l'injustice et le mal que l'on pourrait faire à leur famille.

Tout le monde a le droit de penser ce qu'il veut quelle que soit sa religion, sa nationalité...

Tout le monde ne peut pas penser pareil.

Je laisse les autres penser librement et j'essaie de comprendre pourquoi ils pensent différemment.

On a le droit de penser ce qu'on veut.

Si c'est un adulte qui parle, je l'écoute, ce n'est pas pareil pour un enfant. Quand je parle avec un copain, je suis sûr de ce que je dis.

J'accepte qu'on ne pense pas comme moi. Même si un ami a tort, je n'essaie pas de le convaincre.

Chacun pense ce qu'il veut, je n'oblige pas à penser comme moi.

On ne peut pas comparer les adultes et les enfants pour savoir qui a raison, les adultes peuvent avoir tort et les enfants raison.

Chacun peut avoir raison.

Chacun pense ce qu'il pense, il peut y avoir plusieurs stratégies.

Si on sait beaucoup de choses, l'autre peut en savoir encore plus.

La meilleure des choses est de ne pas se battre et laisser penser l'autre.

Si la personne est raciste, j'essaierai de me contenir.

Raciste ça ne sert à rien, j'essaierai de comprendre l'autre, je pourrai réfléchir sur ce qu'il a dit avant de le convaincre du contraire.

Si une personne n'est pas tolérante, je ne suis pas contente.

Si on ne tolère pas un intolérant, est-ce qu'il aimerait qu'on lui fasse la même chose ? Il faut aller chercher un adulte pour régler le problème.

Si une personne est rejetée, je vais vers elle et je vais essayer de parler.

Celui qui est intolérant, je vais essayer de le convaincre qu'il a tort.

On peut tolérer jusqu'à ce que ce soit possible, sinon on essaye de convaincre celui qui parle de son absurdité.

On ne peut pas accepter la méchanceté

Ce qui m'empêche d'être tolérante, c'est le racisme .

Je ne tolère pas le racisme

Je ne tolère pas qu'on dise du mal d'une personne si c'est faux.

Je ne tolère pas les gros mots, la colère folle, celui qui change d'ami.

Ma famille, si on touche à ma famille, je deviens folle.

C) Comment être heureux ?

  • Fais-tu une différence entre un petit, un moyen et un grand bonheur ?
  • Quel serait pour toi le plus grand bonheur ?
  • Quel est selon toi le critère du bonheur ?

Lors de ce débat, une élève considérait le bonheur comme un état lié à l'argent et elle recentrait sans cesse la discussion sur son opinion. Un camarade lui a fait comprendre qu'elle pensait en étant très individualiste mais elle n'avait aucune remise en question. Les propos n'évoluant pas, je ne les ai pas tous notés. Quand elle a parlé enfin de partage (sous la forme d'une petite pression), elle est restée dans une démarche de pensée ne concernant que sa famille. La classe ce jour-là était divisée en deux, il y avait une partie des enfants trouvant le bonheur dans le matérialisme et les autres dans la qualité de vie et la satisfaction morale. Les enfants étaient parfaitement conscients du pouvoir de l'argent dans la société et ont donné des exemples à leur niveau.

Le bonheur serait de gagner à l'euromillion, c'est quelque chose dont on rêve tous les jours.

Mon plus grand bonheur c'est le sport pour me mesurer aux autres et me faire plaisir.

Un grand bonheur est quelque chose qui m'émerveille, comme celui d'être avec ma famille.

Un grand bonheur est quelque chose qu'on attend depuis très longtemps.

Le bonheur c'est s'amuser.

C'est partir au Japon, j'en rêve !

Un grand bonheur serait d'avoir la paix dans le monde.

Partir en voyage est un petit bonheur.

Non car voyager c'est extraordinaire, c'est énorme.

Mon plus grand bonheur serait qu'il n'y ait plus de tristesse dans le monde, car j'adore vivre dans la bonne humeur, donc il ne faut plus de de guerre et il faut se serrer les coudes.

Aller dans le monde, se serrer les coudes, gagner à l'euromillion, c'est que pour soi-même.

Mon père a gagné 2,5 euros à l'euromillion, oui il faut la paix dans le monde. Beaucoup de personnes ne veulent plus de guerres.

La paix, c'est inimaginable et on n'est pas heureux longtemps si on gagne à l'euromillion.

Oui, gagner c'est bien mais c'est pour soi.

Si je gagne à l'euromillion, ce n'est pas que pour moi, je partagerai avec les membres de ma famille.

Et les autres ?

Moi, je ne veux plus d'attentats. Dans la rue, les gens ne sont pas heureux.

Il faut donner son argent de l'euromillion pour les SDF.

Ce qui est urgent c'est la paix car vu tout ce que l'homme a inventé, la Terre peut exploser à chaque instant.

Si tu es riche, tu seras seul malgré tes amis.

Ceux qui sont riches ont de faux amis qui sont attirés par ton argent et ils ne sont pas sympas, ils font leur intéressant, il n'y a que leur richesse qui compte.

Ces amis-là s'intéressent plus à l'argent qu'à l'amitié.

Oui mais l'euromillion est une forme de bonheur.

Ce n'est pas un bonheur d'être super riche, si un élève de la classe apporte des bonbons, il a plein de nouveaux amis et c'est pas sympa.

Que feras-tu de ton argent à 90 ans ?

Être millionnaire c'est pas un bonheur , ça rend les autres jaloux.

Le riche devient avare, il est hypnotisé par l'argent, il devient un Picsou, il se fiche de sa famille.

Tu peux te lasser d'être riche, tu n'as plus d'envie. Plus on en a, plus on en veut, ma famille n'est pas riche mais on est super bien ensemble.

Le bonheur c'est d'avoir une maîtresse rigolote qui donne envie de travailler, on ne s'ennuie pas en classe.

Elle est rigolote mais elle sait s'arrêter pour ne pas nous déconcentrer.

Le bonheur exprime la joie et réussir quelque chose de difficile et y arriver comme réparer mon vélo tout seul.

Mon bonheur serait de devenir vétérinaire.

Ce serait d'avoir toujours une bonne santé et pleins d'amis.

Le bonheur c'est quelque chose que tout le monde n'a pas, il n'y a pas que l'argent qui compte.

Le bonheur : Nom commu, masculin singulier. C'est aimer, être heureux, vivre sa passion, pour moi c'est la natation.

Le bonheur ne s'achète pas, il se mérite, le bonheur c'est bien mais c'est rare.

Mon bonheur c'est de jouer sur ma tablette, mon ordi, ma X box, ma play... mais le plus grand c'est ma famille.

Le bonheur c'est des souvenirs qu'on garde dans sa tête.

Pour moi le bonheur ce serait d'avoir un enfant pour lui apprendre des choses, l'aimer, le caresser, l'embrasser, le câliner. Être maman est le plus grand bonheur au monde.

Le bonheur c'est être sans souci, ne pas être gêné. Les grands et les petits bonheurs c'est très différent, sans bonheur, le monde serait triste. Quand je suis heureuse, je suis inspirée, quand j'ai un grand bonheur, je suis très inspirée. Je me souviens de mes grands bonheurs comme des petits, j'en ai tous les jours. En gros, je suis très souvent inspirée.

Le bonheur c'est la vie ; si on n'a pas de bonheur, on n'a pas de vie.

D) Le bien, le mal

  • Peux-tu donner des exemples de situations où tu agis bien ?
  • Des situations où les adultes agissent bien, pourquoi ?
  • Comment définirais-tu le bien ?

Les enfants ont naturellement une conscience morale, même s'ils la transgressent parfois. A travers ce débat et devant l'incompréhension des attentats, ils ont mis en avant l'utilité d'une démocratie dans la société.

J'agis bien quand je vais défendre ma petite soeur si quelqu'un dit du mal d'elle.

Quand j'aide un élève qui n'arrive pas à faire ses exos et quand je défends les plus petits.

Quand j'aide ma soeur à finir sa pizza.

Les adultes doivent nous respecter, ils ont une mentalité plus développée que la nôtre.

Quand un enfant est en difficulté, ils l'aident.

Les adultes font le bien quand ils donnent de l'argent aux pauvres ou un sandwich.

L'entraide c'est bien.

Les adultes nous protègent.

Les parents ont le droit de nous punir, ils doivent nous respecter.

Nos parents nous élèvent.

Nos parents savent ce qu'on doit faire, des parents qui ne respectent pas leurs enfants sont ceux qui les insultent et les tapent. Moi, je respecte mes parents et il me respectent.

Si les adultes savaient le mal et le bien, il n'y aurait pas de voleurs. Il y a des adultes qui font le bien, d'autres le mal.

Les parents ne savent pas tout, dès fois, ils peuvent se tromper.

Les parents ont le droit de nous fesser si on est petit mais quand on est grand, non, car on les respecte.

Pas d'accord, tu ne les tapes pas, tu ne leur dis pas de gros mots. Eux, ça doit être pareil, ça s'appelle le respect.

Que ce soit une gifle ou une fessée, c'est taper. Eux, ont vécu ça enfants, ils peuvent comprendre qu'il ne faut pas le faire.

Mais les adultes agissent mal avec les attentats. Ce monsieur qui a tué des gens, c'est peut-être un terroriste mais je ne le comprends pas. Ils s'en fichent de tuer.

Les gens qui sont allés au feu d'artifice n'avaient rien demandé, les terroristes sont manipulés.

Ils n'ont pas de tête, ils prennent le mal pour le bien.

Avant, il y avait des esclaves, tout le monde a le droit d'être libre.

Il y a des dictateurs.

Des fois, il y a des choses interdites et les gens font le mal.

Le bien c'est ne pas être méchant avec les autres. C'est quelque chose de joyeux. Les terroristes ne savent pas ce qu'est le bien.

C'est aider les pauvres, s'occuper de personnes handicapées, donner de l'argent à une association caritative.

C'est simplement partager son goûter, le partage c'est bien.

On ne peut pas savoir ce qui est vraiment mal et bien. On peut vouloir faire du bien et faire du mal. Tout le monde a déjà fait du mal dans sa vie sinon nous n'aurions pas de regrets.

Le bien c'est bien, le mal c'est mal, le oui c'est oui, le non c'est non, l'école c'est l'école, la philo c'est la philo !

Conclusion

En donnant ainsi la parole aux enfants, un climat de confiance s'est réellement instauré dans la classe. En se sentant considérés, les questionnements s'élargissaient dans les disciplines scolaires. L'idée que l'enfant en exprimant sa pensée se mettra au niveau de l'adulte est totalement fausse. A chaque DVP, ils montraient l'importance de l'école, des parents, des éducateurs qui leur servent de modèles, ils exprimaient leur besoin d'avoir des règles pour grandir en sécurité. Les enfants ont une morale intuitive née des valeurs fondamentales qui régissent notre société.

Diotime, n°75 (01/2018)

Diotime - La morale, ça se discute... Et si on philosophait à l'école ?