Informations et Publications

Informations et Publications

I) Informations

Bernard Benattar, philosophe du travail, organise pour la seconde fois une balade philosophique en Albanie du 21 au 28 octobre 2017, au départ de Paris Orly. Une invitation à philosopher tout en marchant, en découvrant nos voisins albanais qui ont depuis des décennies un passé commun avec la France. Un pays et un peuple en pleine mutation à rencontrer au delà de nos vieux clichés ! Il s'agira d'un petit groupe entre 12 et 15 marcheurs.

Contact : Bernard Benattar - Institut Européen de Philosophie Pratique

benattar@penser-ensemble.eu - Tel : 06 07 58 22 47 - www.penser-ensemble.eu

La 8e édition des Rencontres Philosophiques d'Uriage a lieu cette année du 13 au 15 octobre 2017, sur le thème Résister ou consentir. Convier la Cité à réfléchir sur ses préoccupations majeures, avec le recul et la patience du concept: c'est fidèle à cette ligne directrice que les Rencontres Philosophiques d'Uriage proposent cette année une réflexion sur le concept de résistance et son envers, le consentement. Nous avons voulu, en cette année qui commémore la création et le devenir de "l'Ecole des cadres" à Uriage (en partenariat avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère), réfléchir sur ce qu'est l'esprit de résistance, ses conditions, ses limites et ses faux-semblants.

La prochaine Semaine de la Pop Philosophie saison IX aura lieu du 23 au 28 octobre à Marseille, sur le thème : "Croyances et philosophie : esprit critique es-tu là ?". Avec notamment Henri Atlan - Philosophe et médecin biologiste : "Le sot croira n'importe quoi" ; Claude Hagège - Linguiste, professeur au Collège de France : "Violence et religion" ; Antoine Buéno - Ecrivain : "La magie du vote" ; Philippe Corcuff - Sociologue : "Chansons populaires, spiritualité sans dieux et trouble agnostique dans les croyances politiques" ; Michel Guérin - Philosophe et écrivain : "Croyance et scepticisme" ; Henri Broch - Biophysicien : "Esprit critique es-tu là ?" Etc.

Contact : rencontresplacepublique@yahoo.fr- www.semainedelapopphilosophie.fr

Jacques Serrano, 06 09 09 86 70.

"Les Rencontres Philosophiques de Monaco ont l'ambition de créer un "lieu" inédit, dans lequel la philosophie trouve sa maison, donnant hospitalité aux penseurs français et étrangers qui aujourd'hui la nourrissent de leurs recherches, et accueillant le public le plus large, à qui la philosophie apporte les outils de réflexion nécessaires pour comprendre le monde, la société, les autres et soi-même. En organisant une série de conférences et d'ateliers mensuels, en conviant les personnalités les plus éminentes de la philosophie telle qu'elle s'élabore aujourd'hui en France et en Europe, en impliquant les écoliers, les élèves de lycées pour leur donner à entendre des voix qui viennent amplifier celles, essentielles, de leurs professeurs, en choisissant des thèmes de réflexion auxquels nul ne peut se dire étranger, en offrant au plus large public des analyses inédites, originales et claires. Les Rencontres Philosophiques de Monaco visent à devenir l'une des plus importantes occasions d'élaboration, de communication et de partage de la philosophie telle qu'elle s'élabore aujourd'hui".(Robert Maggiori). Après avoir traité de la question de l'amour (2015-2016), puis du corps (2016-2017), l'année 2018 se saisira de la question de la violence. Chaque année, un ouvrage publie les différentes interventions...

Site : www.philomonaco.com

Le 11e Festival Philosophia a eu lieu à Saint-Emilion du 24 au 28 Mai 2017, sur le thème du corps. Contact : http://www.festival-philosophia.com/wp-content/uploads/2017/03/PROGRAMME-2017-WEB.pdf

Un premier festival de philosophie s'est tenu à Caen du 10 au 16 juillet 2017. Durant une semaine, deux conférences de deux heures furent proposées chaque jour avec des thèmes variés : du "surgissement des animaux non humains" au "sublime dans la nature". Pendant 15 ans, l'Université populaire, initiée par Michel Onfray proposait des conférences philosophiques aux étudiants de tout âge, le lundi. "Ca continue et ça change" indique Michel Onfray. L'existence de l'université populaire à Caen n'est pas remise en cause mais les changements d'organisation sont importants. Les conférences se déroulent désormais au Zénith de Caen, pendant une semaine de juillet, une fois par an. Il s'agit d'un "festival de philosophie" qui se déroule sur 7 jours à raison de deux heures d'exposé en fin de matinée (11h/13h) et de deux heures de conférence en fin de journée (18h/20h). Il fut question de : " ce qui distingue les hommes des animaux ; de la haine de la vie et de la passion pour la mort qui animent les amateurs de la tauromachie ; du vieux culte solaire qui constitue le fond de la religion chrétienne ; de la symbolique architecturale de nos églises ; de la nécessité de philosopher en compagnie des astrophysiciens ; des effets dépressifs produits par l'ignorance de la place que nous occupons dans le cosmos ; de la nécessité de construire un épicurisme contemporain ; du ménage qu'il faut faire dans la poésie verbeuse ; de la simplicité et de la vérité de la poésie japonaise ; des restes de christianisme présents dans l'art contemporain ; de la consolation que donne un sage usage de la nature ; de la musique comme art d'entrer véritablement dans le monde - et de beaucoup d'autres choses...". A l'issue de la conférence, chacun avait la possibilité d'enregistrer ses questions en vidéo. Il y était répondu au fil des conférences suivantes.

Rappelons que le festival Cité Philo se tient chaque année en novembre à Lille (4 au 26 novembre en 2016) : http://www.rossiconseil.com/citephilo_web/citephilo_2016.pdf

Les débats du Forum philo "Le Monde"se tiennent au Mans. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/11/04/trois-jours-de-philosophie-en-direct-sur-le-monde-fr_5025193_3246.html#2YLXB95ppD2a0Vlj.99

A signaler le site http://philosophemes.univ-bpclermont.fr/accueil où l'on trouve des corpus significatifs de discussions philosophiques à l'école :

"La banque de données Philosophèmes résulte de quinze années de recherche appliquée à l'éducation. Elle met à disposition plusieurs types de corpus : oraux, multimodaux ou écrits. Les corpus sont tous recueillis en contexte scolaire ordinaire. Ils sont le fruit d'un travail collaboratif entre chercheurs (équipes et/ou projets financés par le Québec ou la France) et des enseignants volontaires répartis sur tout le territoire (Auvergne, Lorraine, Pays-de-Loire, Région parisienne). Les corpus peuvent être exploités pour étudier des aspects particuliers: lexique, syntaxe, sémantique, pragmatique. Ils peuvent aussi être utiles aux enseignants qui souhaitent se confronter à des données ordinaires: les paroles comme les écrits sont authentiques. Le corpus nommé Philosophèmes met à disposition des discussions à visée philosophique pratiquées dans des classes sous divers états : fichiers audio, fichiers vidéos lorsque les autorisations parentales sont acquises, transcriptions sous format texte. Les discussions recueillies couvrent l'empan des 5 ans à 18 ans. Le corpus nommé Grenouille fruit du travail du G.D.R. Production Verbale et Ecrite soutenu par la MSH de Poitiers comprend l'ensemble des copies d'élèves (environ 400 copies, couvrant l'empan de 8 ans à 14 ans) ayant réalisé un compte-rendu scientifique et un récit littéraire en contexte scolaire, d'après des consignes élaborées par des chercheurs. Le corpus utilise un support reconnu dans la littérature [Slobin (Frog Story)]. Le corpus nommé C'est pas moi fruit d'un travail collaboratif entre une enseignante chevronnée et l'ESPé de Clermont Auvergne : la même séance reproduite trois fois avec des élèves de cours préparatoire permet d'étudier l'étayage langagier au cours d'une discussion complexe sur le mensonge. Le corpus nommé PréCPhi correspond à une recherche menée dans le cadre des Instituts Carnot d'Education, créé en 2016, dans la grande région AURA. Il s'agit de la collecte d'écrits philosophiques (1000 copies) auprès d'élèves de 8 à 15 ans. Bien que non enseigné en tant que tel avant la terminale en France, le genre philosophique trouve dans ces écrits (composés d'une partie brouillon et d'une partie texte) la confirmation que de jeunes élèves sont graduellement performants, dans un genre qui renouvelle la fonction du texte libre à l'école et au collège".

Le secteur philo du GFEN a organisé un stage les 28, 29 et 30 août 2017 sur "Devenir humain - Repenser l'anthropologie avec Charles Darwin". La présentation nous a semblé stimulante pour la réflexion :

"En 1859, L'origine des espèces de Charles Darwin pulvérisait toute l'armature de la pensée créationniste : non seulement les espèces animales s'engendrent les unes des autres, mais l'idée même d'espèce devient discutable. Comment évoquer alors en classe ce bouleversement complet des cadres de pensée traditionnels sachant les réticences des élèves, habitués pour beaucoup aux discours religieux, ou plus simplement aux constats d'évidence que les chiens ne font pas des chats ? Comment susciter le désir de comprendre, si le darwinisme arbore d'emblée le drapeau inquiétant de l'athéisme ? Dira-t-on que la théorie de l'évolution n'est qu'une croyance,dès lors opposable à une autre ? Ou plus subtilement qu'elle est une hypothèse ? Comment faire entendre et faire comprendre ce qui est sans doute la plus importante révolution intellectuelle de l'histoire ? Sans aucun doute en explicitant tout ce qui distingue une croyance dogmatique d'une démarche scientifique ; en effet, à bien lire le texte de Darwin, il ne s'agit nullement de renverser terme à terme une construction idéaliste; aucune nécessité évolutionniste ne vient en effet se substituer aux anciennes essences idéales et stables du monde ordonné ; ce qui s'oppose au couple du fixisme et du transformisme, c'est bien l'observation nouvelle des faits inaperçus : quels ont été les rapports réels entre les variations génétiques des organismes individuels et les variations des milieux sur le temps long ? Dans quelle mesure l'idée d' espèce a-t-elle une réalité si ce qui existe est avant tout la descendance avec modification de chaque organisme ? L'idée d'espèce n'est-elle qu'un repère arbitraire, engageant toujours une interprétation ? N'est-ce pas là un puissant moyen d'interroger ce qu'est une théorie scientifique, et aussi l'occasion pour les enseignants de revenir sur l'idée centrale de nominalisme ?

En 1871, Darwin publie La filiation de l'homme. Toutes les frontières qui jusqu'alors protégeaient Homo/humain du reste du monde animal deviennent perméables : ni la conscience, ni le langage, ni la beauté, ni même la religion, ne caractérisent l'homme en propre. Où situer désormais les discontinuités ? Quel humanisme défendre désormais ? Les enseignants savent à quel point les élèves protègent les animaux au point de leur accorder des facultés réservées jusqu'alors aux hommes ; ont-ils toujours tort ? Pèchent-ils tous par anthropomorphisme ? N'est-ce pas au contraire l'anthropocentrisme du métaphysicien qui en nous s'obstine ? N'y a-t-il pas dans cette réflexion darwinienne sur les propres de l'homme une occasion nouvelle, déroutante et féconde, d'engager le débat dans les classes ?
Comment donc désormais identifier le genre Homo ? Faut-il se borner aux seuls attributs biologiques révélés par la génétique ? Y découvrirait-on alors des variétés ou mêmes des races ? Doit-on dire plutôt que la nature véritable d'Homo est d'articuler le biologique au culturel ? Mais n'est-ce pas aussi le fait des grands singes ? Faut-il alors insister sur les particularités du culturel humanoïde : la transmission des artifices, des règles de vie et des rites de mort, des langues, des oeuvres et des fictions ? L'enquête empirique, à la fois ethnologique et géographique, de toutes ces inventions anciennes est toujours un succès pédagogique -nous le savons d'expérience-, et elle permet en outre de reprendre une question classique : que vaut le découpage entre histoire et préhistoire si Homo se définit par le rapport de l'hérédité et de l'héritage, par l'effet en retour de la culture sur les générations, autrement dit par une fondamentale historicité ?
Reste encore un paradoxe à aborder : n'y a-t-il pas dans toutes les cultures certaines croyances et normes visant à hiérarchiser les hommes, en qualifiant tels ou tels de sauvages, d'inhumains, ou de surhumains ? S'agirait-il de justifier par là un principe de commandement, de confier le pouvoir aux "plus aptes" pour le bien de tous ? On perçoit alors tout l'enjeu politique d'une anthropologie d'inspiration darwinienne : comment faut-il penser ces normes et pratiques inégalitaires ? Faut-il dire, avec certains sociobiologistes, qu'étant le fruit de la sélection naturelle ces normes relèvent de l'instinct animal ? Ou plutôt, dire, avec les sciences sociales, que si la culture en général est bien en effet naturelle à l'homme, elle ne préjuge d'aucun contenu social et psychologique, qu'il est par conséquent mensonger de tenter de naturaliser les dominations ? Il y va bien entendu du racisme (et du colonialisme), du sexisme (et du patriarcat), de l'eugénisme (et du transhumanisme), et enfin sans doute du spécisme (contre la citoyenneté animale). Qu'est-ce qui est normal, et en quel sens ?
Culture naturelle ou naturalisation abusive de traits culturels ? Polémique irréconciliable ? Débat de principes, ou affrontement d'hypothèses crédibles ouvertes à la vérification ? Comment remonter aux présupposés concernant la relative autonomie des sphères culturelles ? Existe-t-il des outils rigoureux permettant de faire la part des instincts sociaux sélectionnés par l'évolution et la part des habitus issus des socialisations spécifiques ? Quelle nouvelle généalogie de la morale Darwin nous invite-t-il donc à penser ?".

Un Colloque national organisé par L'Association des professeurs de philosophie de l'enseignement public (APPEP) s'est tenu le samedi 10 juin 2017au Lycée Henri-IV sur : "L'enseignement de la philosophie au lycée aujourd'hui et demain".

"La philosophie est populaire dans les magazines, les émissions de radio et de télévision. Les discussions à visée philosophique se multiplient à l'école primaire. Mais au lycée, le lieu institutionnel de son enseignement, elle est affaiblie : les élèves ont moins d'heures de cours en série scientifique, travaillent dans des conditions plus difficiles dans les séries technologiques, et les effectifs de la série littéraire stagnent.
Ce besoin de philosophie s'est accentué après les attentats de 2015, qui ont révélé une carence en matière de critique, de conceptualisation et de hiérarchisation des connaissances. Il revient aujourd'hui aux professeurs de philosophie de montrer ce que l'exigence philosophique apportera demain aux élèves. L'APPEP a engagé, dans ses Régionales et ses Commissions, une réflexion renouvelée sur l'enseignement de la philosophie aujourd'hui et demain pour l'ajuster aux conditions du temps présent. Ce colloque a pour objectif de poursuivre ce travail en l'ouvrant à tous les professeurs de philosophie. Il fera donc une large place à la discussion et aux échanges.
La matinée a été consacrée à une réflexion sur le problème et la problématisation. Nous savons la difficulté de nos élèves à élaborer des problèmes. Cela conduit les commissions d'entente du Baccalauréat à se satisfaire de ce que le candidat rencontre, à un moment donné de son travail dissertatif, un "moment problématique", fût-ce en conclusion, sans attendre de lui qu'il le formule dès l'introduction pour travailler ensuite à sa résolution. Ce pis-aller signifie que les professeurs de philosophie ont, de fait, renoncé au modèle de la dissertation, tout en continuant à s'en réclamer officiellement. Sans préjuger des solutions possibles, on se demandera de quelle façon notre enseignement est lié à la position de problèmes.
L'après-midi a fait place à des questions plus générales. Puisque nous constatons de plus en plus souvent que, sous la forme des "discussions à visée philosophique", il est demandé à des professeurs qui n'ont aucune formation philosophique d'aborder des questions philosophiques, nous devons montrer que le cours de philosophie a un contenu et ne se réduit pas à un art de l'interrogation, de l'argumentation et de l'échange. Après une mise en perspective des problèmes rencontrés aujourd'hui par le cours de philosophie, la première table ronde entreprendra donc de répondre à la question : "Quelles connaissances pour l'enseignement de la philosophie en classe terminale ?" Une seconde table ronde tirera les leçons de la journée, en abordant le thème : "Le travail des élèves : exercices et évaluation".

II) Publications

Prévenir la violence par la discussion à visée philosophique, par Michel Tozzi.

Ouvrage publié par le Ministère belge de la Santé (Collection Yapaka), gratuitement téléchargeable en version PDF sur :

http://www.yapaka.be/livre/livre-prevenir-la-violence-par-la-discussion-a-visee-philosophique

Les incivilités, les violences, le harcèlement entre enfants dès le plus jeune âge sont signalés par nombre d'éducateurs. Ces chocs du "vivre ensemble" traduisent une fragilisation du lien social et du processus de socialisation. L'exigence de repenser la fonction éducative et les nouvelles conditions de celle-ci, de même que la posture des adultes, est au coeur des débats.
Le présent ouvrage ouvre sur une piste éducative : celle d'engager avec les enfants dès 4 ans des échanges sous forme de discussions à visée démocratique et philosophique (DVDP). Discuter, c'est suspendre le passage à l'acte corporel ou verbal ; c'est se donner le temps de la réflexion ; expérimenter un espace organisé par des règles démocratiques ; aller au-devant de la diversité des points de vue ; apprendre la distinction entre croire et savoir ; aider les enfants à mieux se connaître et à mieux comprendre autrui : autant de voies ouvertes par la DVDP, autant d'alternatives à la violence.

Sommaire

  • La fonction de l'éducation
  • La violence dans notre société démocratique
  • La contribution de la philosophie
  • Réflexivité et éducation au jugement moral
  • Renforcer la cohésion sociale d'un groupe
  • Une méthode : La DVDP
  • Adapter la DVDP à des âges différents
  • En maternelle
  • Dans le primaire
  • Le rôle délicat de l'animateur
  • Distinguer croire et savoir
  • Développer l'esprit critique et la tolérance
  • Distinguer un fait et une opinion, la religion et la science
  • Clarifier ce que signifie interpréter un texte
  • Mettre fin à la violence
  • Déconstruire les stéréotypes sexistes
  • La question de la violence entre sexes
  • Combattre le racisme
  • Étude du concept en extension par des exemples
  • Étude du concept en compréhension pour le définir
  • Les causes du racisme
  • Les conséquences du racisme
  • Déconstruire les idées racistes
  • Combattre le racisme
  • La voie radicale de la non-violence
  • Dépasser le rapport de force
  • L'alternative de la non-violence
  • Mieux se connaître, comprendre l'autre différent
  • Connais-toi toi-même !
  • Comprendre l'autre différent
  • Travailler l'empathie pour réduire la violence
  • Conclusion

Encyclopédie Philosophique par Luc Ferry, Figaro Collections.

On peut découvrir les mots de la philosophie à travers les concepts fondamentaux de la pensée contemporaine dans une encyclopédie philosophique écrite et racontée par Luc Ferry

"L'histoire de la philosophie est passionnante, mais la pensée contemporaine l'est davantage encore tant nos sociétés laïques ont besoin de repères et de sens. Une manière d'y entrer est de l'aborder par des thèmes fondamentaux. De A comme Amour à V comme Vérité, Luc Ferry explore les concepts fondamentaux de la pensée contemporaine à travers une nouvelle collection, destinée au plus large public, étudiants, professeurs, simples curieux ou amoureux de la philosophie.
Découpée en une trentaine de volume et composée comme un vaste abécédaire, cette Encyclopédie Philosophique propose des définitions, des explications et des références historiques qui font écho à notre actualité. Chaque volume est accompagné d'un CD afin de mieux profiter de cette matière vivante qui parle à notre quotidien, au fil des questionnements et éclaircissements de Luc Ferry. Autant de leçons magistrales pour mieux penser notre époque ou simplement, comme le suggérait déjà Socrate il y a plus de deux millénaires, essayer de se connaître soi-même".

Paroles de philosophes en herbe - Regards croisés de chercheurs sur une discussion sur la justice en CM2, par Jean-Pascal Simon et Michel Tozzi, UGA Éditions Université Grenoble Alpes

Cet ouvrage poursuit un dialogue entamé par une vingtaine de chercheurs d'horizons géographiques différents (Belgique, Canada, France et Suisse), et de domaines de recherche variés (philosophie, sciences du langage, ergonomie, psychologie, didactique, etc.), lors d'un séminaire de recherche portant sur une discussion à visée démocratique et philosophique (DVDP) animée par Michel Tozzi pendant la Journée mondiale de la Philosophie organisée à l'UNESCO.

La transcription intégrale de la DVDP ainsi que la présentation détaillée des attentes pédagogiques spécifiques permet au lecteur (praticien ou formateur) de confronter son regard aux différentes analyses. Structuré autour de trois axes, l'ouvrage présente dans un premier temps les outils, l'animateur et le cadre de l'animation en exposant les règles explicites (et implicites) de cette interaction verbale, en identifiant les différentes séquences et ce qui s'y joue. Sont ensuite analysés les modes de pensée des élèves tels qu'ils transparaissent dans les propos avant que ne soit explorée la dimension plus directement philosophique de la discussion.

Cet ouvrage s'adresse tant au chercheur qu'aux animateurs de DVDP qui pourront trouver de nombreuses pistes et conseils pour pratiquer la philosophie avec les enfants et adolescents.

Table des matières

Préface (Emmanuelle Auriac-Slusarczyk)

Contexte et projet de recherche

Regards croisés sur une discussion a visée démocratique et Philosophique (Jean-Pascal Simon)

La discussion a visees democratique et philosophique (DVDP) : un dispositif de philosophie avec les enfants (Michel Tozzi)

Pourquoi on dit . c'est pas juste . ? Paroles de philosophes en herbe.

Transcription de la DVDP (Jean-Pascal Simon)

I. La DVDP du point de vue de l'animateur

La boite a outils d'un animateur de DVDP : auto-analyse de la séance (Michel Tozzi)

Jouer le jeu et enfreindre les règles : stratégies d'orientation discursives et argumentation dans une démonstration de DVDP (Claire Polo)

Caracteristiques fonctionnelles de l'animation des DVDP (Valerie Saint-Dizier de Almeida)

Quels aspects temporels critiques pour une discussion a visée démocratique et philosophique réussie ? (Christine Pierrisnard)

II. La DVDP du point de vue des modes de pensée formelle des enfants

ReaderBench : un outil d'aide a l'analyse de discussions philosophiques (Philippe Dessus, Jean-Pascal Simon, Mihai Dascalu, Stefan Trausan-Matu)

Les analyses en grilles .comme aide a l'etude des opérations intellectuelles mises en oeuvre dans les DVDP (Mylene Blasco, Lidia Lebas-Fraczak)

Etude des perspectives épistemologiques sous-jacentes au processus de mobilisation d'une pensée critique dialogique chez un groupe de philosophants ages de 10 ans

Marie-France Daniel, Gabriela Fiema

Analyse des styles de pensée reflexifs de la discussion a visee democratique et philosophique (Anne Roy)

III. La DVDP du point de vue philosophique

Argumentation et problématisation à l'epreuve du doute, un modèle pour décrire la construction de la . philosophicite dans une DVDP (Anda Fournel)

La pensee a l'oeuvre dans une discussion philosophique : l'ecouter, l'entendre, l'exploiter. Former a l'animation par l'observation minutieuse d'une discussion philosophique filmée (Veronique Delille, Nathalie Markevitch Frieden, Anne Herla, Gaelle Jeanmart)

Conclusion à deux voix

Enrichir la didactique de l'apprentissage du philosopher par une approche interdisciplinaire (Michel Tozzi)

Philosopher et discuter, est-ce la même chose ? (Francois Galichet)

Parution du dernier Petit Platon : Socrate Président !

Les Grecs n'ont pas fait qu'inventer la démocratie : ils l'ont étudiée et analysée, jusqu'à en déceler ses limites, ses risques et ses faiblesses. C'est pourquoi l'analyse de Platon aurait ainsi beaucoup à nous apprendre. C'est à cet exercice que le philosophe Yan Marchand s'est livré dans Socrate Président !Dans un récit romancé, il endosse la pensée de Platon et fait revivre le philosophe Socrate à travers une histoire passionnante et très instructive. Lorsque les sophistes ont pris le pouvoir à Athènes, leurs discours séducteurs, leurs manipulations, les chimères qu'ils agitaient ont perverti la société. L'histoire ne se répète-t-elle pas sous nos yeux, sur nos écrans, avec les réseaux sociaux ? Qui sont les sophistes d'aujourd'hui ? Devons-nous craindre le même sort qu'Athènes ?

Parution du n°538 des Cahiers pédagogiques, "La parole des élèves" (coordination Bastien Sueur et Michel Tozzi)

CP : qu'est-ce qui a motivé la publication d'un dossier des Cahiers pédagogiques sur la parole des élèves ?

Le constat que, dans nombre de classes et d'établissements, les élèves ont peu la parole, et quand ils la prennent, ne sont guère écoutés, et quand ils sont écoutés, cela n'a guère d'effet pratique. La parole des élèves n'est pas suffisamment prise en compte à l'école, pas assez prise au sérieux. D'où, par exemple, le turn-over des délégués de classe, qui est moins un indice démocratique que la conviction par l'expérience de ne pas servir à grand-chose. Il s'agissait donc de donner à cette parole une légitimité qui lui est habituellement déniée dans notre système scolaire. Deux raisons principales à cela.

La première, c'est que l'institution scolaire s'est construite essentiellement sur la prédominance de l'écrit : c'est par l'écrit, dans l'écrit, qu'elle évalue et qu'elle mesure vraiment l'acquisition des apprentissages scolaires, mais aussi la conformité par rapport à une norme sociale. La trace écrite est toujours révélatrice de la manière dont on s'est approprié ou non tout un ensemble de codes qui sont propres à une langue et à une culture. Bien sûr, on pourrait en dire autant de l'expression orale, tout aussi normative, mais l'écrit sert de "pièce à conviction" : c'est l'épreuve écrite, par exemple, qui est déterminante à l'examen, et les épreuves de "rattrapage" sont des épreuves orales ! C'est dire la hiérarchie implicite, dans notre système d'évaluation et de sélection, entre l'oral et l'écrit.

Or, y a-t-il nécessairement moins dans l'oral que dans l'écrit ? C'est l'une des questions que pose ce dossier, en montrant que la parole sert aussi à se construire, parce que l'on se construit dans et par sa parole, à réfléchir, parce que la parole est le support de la pensée, individuellement et collectivement, et à prendre sa place dans un collectif, parce que l'on teste si sa parole pèse ou non dans l'institution, toutes choses que l'école a peut-être encore du mal à reconnaître comme étant fondamentales.

Ce qui conduit à la deuxième raison pour laquelle la parole n'est pas suffisamment prise au sérieux à l'école, et qui justifiait que les Cahiers s'emparent de cette question : l'adolescent, et a fortiori l'enfant, dont l'étymologie signifie "qui ne parle pas", ne sont pas assez considérés comme des "interlocuteurs valables", selon la désormais célèbre formule de Jacques Lévine, que nous avons reprise à notre compte dans la présentation du dossier.

CP : pensez-vous que développer la parole des élèves représente un enjeu pour les adultes acteurs de ce système?

Le plus souvent, soit les adultes considèrent que les élèves s'expriment mal, de manière non conforme à leurs attentes, soit ils considèrent que cette parole est vide, inepte, insignifiante. De ce point de vue, quand un élève s'exprime à l'oral, c'est soit pour bavarder et troubler le silence de l'étude, soit pour formuler des opinions, des croyances, bref, des contenus de pensée sans véritable valeur.

Nous forçons un peu le trait ici, car le rapport de l'école à la parole des élèves évolue énormément, ce dont témoigne heureusement ce dossier, mais d'un autre côté, le temps n'est pas si loin où la parole des élèves en classe, y compris lorsqu'elle interagissait directement avec l'enseignement du professeur, était à peine tolérée. Pour preuve, ce passage, qui semble ahurissant aujourd'hui, d'un rapport de l'Inspection générale de philosophie sur "L'état de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008", où il est écrit ceci, à propos du " cours magistral dialogué " qui devient la nouvelle norme en matière de pratique pédagogique chez les professeurs de philosophie : c'est " un cours prononcé et assumé par le professeur, mais qui tolère les questions et interventions des élèves, voire leurs objections " ( État de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008, groupe de philosophie, Rapport à Monsieur le ministre de l'Éducation nationale, septembre 2008, p. 16).

Et un peu plus loin, on apprend que " le soin de laisser construire les choses par les élèves, de les laisser trouver, en les aidant ou les guidant plus ou moins, ralentit considérablement le rythme de la progression, sans que le gain en compréhension soit toujours corrélativement conséquent." (Ibid., p. 16). L'institution se méfie donc de la parole vivante des élèves qui posent des questions et formule des objections. Cette parole est à la limite "tolérée" quand elle ne ralentit pas trop la "progression" du cours, c'est-à-dire la parole du maître.

C'est pourquoi nous pouvons nous réjouir de voir, a contrario, à travers de nombreuses contributions de ce dossier, les pratiques pédagogiques favorisant la pensée réflexive des élèves à travers l'expression orale conduite selon des modalités diverses et variées, mais toujours très heuristiques.

CP : que retenez-vous du travail sur ce dossier?

D'abord, le nombre de propositions reçues, soit plus du double des articles figurant dans le dossier. Il a été difficile, parfois, de refuser certaines propositions en raison du manque de place, mais cela signifie au moins que cette question interpelle le monde enseignant et qu'il y a beaucoup à dire, et surtout à faire, pour donner toute sa place à la parole des élèves à l'école. Nous avons d'ailleurs tenu à donner la parole aux élèves, en rognant sur le discours dominant des éducateurs, pour que le dossier ne soit pas seulement sur les élèves, mais avec eux...

Le dossier recense des situations ou l'on donne la parole aux élèves, où ils peuvent la prendre, où elle permet de se construire, de penser, de représenter ses camarades et de s'exprimer sur la pédagogie, le fonctionnement de la classe et de l'établissement. Cela passe par des démarches, des méthodes actives, des dispositifs, des "institutions" (au sens de la pédagogie coopérative). Les expériences relatées sont prometteuses. Nous espérons que ce dossier donnera envie de prendre la parole des élèves en considération, de dynamiser les pratiques qui oeuvrent dans ce sens.

Enfin, nous avons été frappés par le nombre de propositions qui concernent soit le niveau primaire, soit des expérimentations pédagogiques un peu "hors norme", comme si donner la parole aux élèves était encore une pratique marginale. Plus on se rapproche des "classes à examen" et des paliers de sélection vers le supérieur, plus on a le sentiment que la parole des jeunes s'amenuise ou reprend la place qu'elle a peut-être toujours occupée dans l'imaginaire de l'institution scolaire : un bruit de fond !

Mais les choses n'en resteront pas là : la prise de conscience collective, notamment depuis les attentats de 2015, que l'école doit aussi former des futurs citoyens, finira sans doute par favoriser la prise en compte de cette parole, dans la classe mais aussi en dehors de la classe, et lui donner la valeur et le rôle qui lui revient de droit dans une société qui se veut républicaine et démocratique".

Qui suis-je ? Léonie et ses questions existentielles, de Josepha Calcerano. Josepha Calcerano est agrégée en philosophie et professeure de morale en Belgique, où elle côtoie tous les jours des adolescents. Passionnée par la philosophie, la pédagogie et l'écriture, elle réunit ses trois passions dans ce premier roman. Son premier roman philosophique est une enquête intimiste sur la question de l'identité. Il prend la forme d'un dialogue socratique entre Léonie, une jeune fille de quatorze ans, et une mystérieuse inconnue qui lui apparaît dans le miroir. Léonie se pose beaucoup de questions, mais pas n'importe lesquelles, des questions existentielles. Des questions sur elle-même et le monde qui l'entoure. Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle est aux prises avec la question Qui suis-je ? L'ouvrage est exclusivement disponible en version numérique au prix de vingt dollars canadiens, c'est-à-dire environ quatorze euros, sur le site https://www.pulaval.com/produit/qui-suis-je-leonie-et-ses-questions-existentielles

Diotime, n°74 (10/2017)

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