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Cahiers philosophiques

Études

Le nationalracisme de Carl Schmitt

Christian Ferrié, Professeur de chaire supérieure, Reims

Le racisme habite le nationalisme schmittien comme une potentialité latente pendant la période de Weimar qui devient explicitement un nationalracisme pendant la période nationalsocialiste. Ce que montre la traduction du langage substantialiste de l'espèce (Art) emprunté par la Doctrine de la Constitution (1928) dans le langage nationalraciste (völkisch) du peuple (Volk) à partir de 1933.

L'idéologie national(rac)iste abîme la pensée de Carl Schmitt. La parenthèse entend manifester que le racisme habite le nationalisme schmittien comme une potentialité latente pendant la période de Weimar1 qui devient explicitement un nationalracisme pendant la période nationalsocialiste. Contre l'hypothèse discontinuiste, il s'agit non de présupposer, mais d'établir la continuité. Ce qui exige de ne pas succomber au mouvement rétrograde du vrai, dans un sens comme dans l'autre. Inférer la position weimarienne de Carl Schmitt à partir de sa position nationalsocialiste est en effet tout aussi problématique que de postuler la discontinuité entre les écrits nazis et le reste de l'oeuvre antérieur ou ultérieur à l'époque nationalsocialiste. Établir la continuité, ce n'est donc pas dénier les variations sur le même. Confrontée à l'époque à laquelle elle s'essaie de correspondre, la pensée de Carl Schmitt est mouvante. Par exemple, la démocratie identitaire et son principe, l'égalité (Gleichheit) comprise comme homogénéité (Gleichartigkeit) substantielle, sont élaborés au cours de la période de Weimar2. Sans renoncer au principe identitaire de l'homogénéité, Carl Schmitt abandonne pourtant à partir de 1933 le langage démocratique qui est désormais disqualifié comme démo-libéral3. Autre variation d'importance : la conversion de Carl Schmitt à la vision de l'Empire défendue par la Révolution conservatrice, qu'il rend publique avant son adhésion au nationalsocialisme4, n'est pas en contradiction avec sa philosophie de l'État. Pour Schmitt, il s'agit en effet d'expliquer qu'il ne peut y avoir "dans l'effectivité politique de notre temps aucun Empire sans État fort5". Carl Schmitt rend compte ensuite des trois piliers sur lesquels repose le nouvel État de la révolution nationale née sous la direction (Führung) politique d'Adolf Hitler : "l'appareil étatique de fonctionnaire, l'organisation du parti qui supporte l'État et l'ordre social des états [ständische]6". S'essayant dans État, Mouvement, Peuple (1933) à penser "l'État du XXe siècle" dans la tradition allemande de la pensée de l'État fondée par Hegel7, Carl Schmitt pense d'autant moins sacrifier l'État au mouvement qu'il entend penser l'unité de la trinité : le mouvement, dirigé par le Chancelier de l'Empire allemand8, porte en effet l'ordre social du peuple comme l'appareil de l'État9 total du Führer10. Or, Carl Schmitt explique que cet État ne pourrait subsister sans l'Artgleichheit11 du peuple allemand uni12 : traduisant ainsi dans le langage nazi de la race le principe identitaire de l'homogénéité (Gleichartigkeit) qu'il avait reconnu au fondement de la démocratie nationale pendant Weimar. L'Artgleichheit étant, philologiquement, le double inversé de la Gleichartigkeit, il n'y a entre 1928 et 1933 qu'une variation dans la composition des termes gleich et Art : toute la question est donc en fait de savoir ce que signifie le terme allemand Art. Désignant tout aussi bien, en allemand courant, la manière (de faire, de dire, etc.) qui peut être considérée comme typique (seine Art ou Eigenart) que, de manière plus spécialisée, l'espèce biologique, le sens de ce terme doit être décrypté afin que soit manifesté ce qu'il signifie quand on l'applique au genre humain. Loin qu'appliqué aux peuples, ce concept puisse avoir chez Carl Schmitt un sens neutre, j'entends montrer qu'il a le sens polémico-politique d'identité raciale, c'est-à-dire d'une caractérisation (stéréo)typique de l'être substantiel ou encore de l'essence d'un peuple déterminé. Parler en effet des peuples comme manifestant des espèces d'être13 ou d'existence14, alors même que l'interfécondité prouve l'unité du genre humain, c'est les concevoir comme des races dont les traits typiques, racés, tendraient à se perdre par le mélange de races interfécondes. Le choix politique du concept nodal d'Art par Carl Schmitt ne peut ainsi s'expliquer que par la signification décisive de sa polysémie, dont Carl Schmitt joue pour (dé)couvrir sa pensée : l'homogénéité, c'est l'identité du genos comme espèce (Gleichartigkeit) ou encore l'identité d'espèce (Artgleichheit) ou de race. Contre l'hypothèque discontinuiste qui, comme l'entendement hégélien, sépare abstraitement sans concevoir l'unité, il s'agit donc non pas de plier la diversité en la réduisant au même, mais de manifester l'unité de la pensée schmittienne à même ses variations décisives en se focalisant sur l'aspect de la philosophie politique de Carl Schmitt qui a jusqu'à présent été relativement négligé, voire pour part passé sous silence par la littérature15 : la question de l'identité ou homogénéité substantielle du peuple. Il s'agit ainsi (1) d'analyser le langage substantialiste de la nation républicaine emprunté en particulier par la Doctrine de la Constitution (1928), avant (2) de découvrir sa traduction dans le langage nationalraciste (völkisch) du peuple (Volk). Plutôt que d'interpréter cette traduction comme une concession opportuniste, il faut prendre au sérieux la lettre de Carl Schmitt à Armin Mohler du 8 novembre 1977 : "Je n'ai pas cessé de penser en 1933, non plus qu'en 1945 ; je ne cesse pas non plus en 1977 ; mais - lorsque l'on évoque encore - on essaie de me fixer à 1928/1929 et de passer sous silence et de dérober le travail de pensée ultérieur comme "idées de patrimoine nazi" [Nazi-Gedankengut]16." Loin de marquer une rupture dans la pensée de Carl Schmitt, la période nazie lui permet bien plutôt de rendre explicite la facture raciste de sa conception de l'homogénéité substantielle du peuple.

Le fondement national du peuple comme substance homogène

Pour Carl Schmitt, l'affaire (du) politique, c'est l'unité politique du peuple17. Or, par opposition à une foule d'individus hétérogènes, un peuple se définit par son identité : 1. identité de ce peuple par opposition à l'altérité des autres peuples ; 2. mais aussi identité à soi, c'est-à-dire identité entre eux de tous ceux qui appartiennent à ce peuple18. Car tout le peuple participe à cette identité de sorte que, à même le double sens de gleich, tous sont à la fois 1. identiques entre eux et, par conséquent, 2. égaux entre eux : le droit procède ainsi de la qualité existentielle non pas d'un être humain en général, mais d'un être déterminé par son appartenance à un peuple. L'identité (Gleichheit) comme homogénéité de substance est la substance fondatrice de l'égalité (Gleichheit) de droit : l'égalité démocratique, c'est-à-dire l'identité de citoyen, étant la condition préalable de toutes les autres égalités (égalité devant la loi, droit égal de voter, conscription, accès égal aux postes administratifs19). De l'identité 0. existentielle du peuple, fondée sur le sens c'est-à-dire la connaissance et reconnaissance immédiate de l'appartenance au peuple20, ressort l'unité politique du peuple qui est l'affaire (Sache) en jeu et en question dans le combat politique et dans la guerre comme forme extrême de ce combat existentiel21. L'État comme unité politique du peuple est ainsi constitué à partir de l'identité existentielle du peuple. Or, l'identité du peuple, c'est son homogénéité qui le distingue en tant que peuple déterminé au sein du genre humain22. Loin d'être formelle, l'identité en jeu dans la démocratie est une identité de contenu ou de fonds23 substantiel24 qui implique sa démarcation25 politique ou polémique : "La démocratie politique ne peut reposer sur l'absence de distinction de tous les hommes, mais uniquement sur l'appartenance à un peuple déterminé, cette appartenance à un peuple pouvant être déterminée par des moments très divers (représentations d'une race [Rasse] commune, foi, destin commun et tradition)26." Ces moments définissent selon l'époque la substance de l'égalité27 du peuple, c'est-à-dire l'être-là (stare) qui soutient par-dessous toutes les qualités du peuple : les attributs essentiels qui définissent le peuple en sa constitution et explique qu'il soit effectivement là (estar), qu'il soit debout (stasis) face aux autres peuples, affirmant sa propre valeur28. Or, l'époque inaugurée par la Révolution française a tranché en faveur d'une démocratie moderne de masse qui prend la forme d'une démocratie nationale29 en opposition au cosmopolitisme comme à toute forme de libéralisme.

Ce type (Art) de démocratie fondée sur l'homogénéité nationale trouve sa substance dans l'identité nationale30, mais a ceci de spécifique que le peuple devient nation, c'est-à-dire que la substance devient sujet conscient capable d'agir, c'est-à-dire de se donner activement à soi-même sa propre constitution31 : sujet du pouvoir constituant32, la nation, c'est le peuple "éveillé à la conscience politique33" de soi qui est capable d'agir, c'est-à-dire de déterminer lui-même son destin politique "en décidant du "type et de la forme" [Art und Form] particulier de son existence34" politique35 en tant qu'État36. Contre Hobbes, qui croit la représentation politique capable de produire l'unité politique du peuple à partir de rien37, Carl Schmitt rétorque que cette unité38 préexiste à son état politique et dégage la possibilité que le peuple atteigne l'unité politique par lui-même : le peuple "peut déjà être dans sa donnée immédiate - par la force d'une homogénéité forte et consciente, en conséquence de frontières naturelles fixes ou pour d'autres raisons - politiquement capable d'agir. Il est alors en tant que grandeur réellement présente en son identité immédiate avec soi-même une unité politique. Ce principe de l'identité de chaque peuple présent avec lui-même en tant qu'unité politique repose sur le fait qu'il n'y a pas d'État sans peuple39". Certes, la reconnaissance de soi-même implique un processus historique et politique par lequel le peuple se définit politiquement en son identité substantielle. Mais le résultat de ce processus semble être une donnée immédiate de la vie politique : une identité à soi qui n'a besoin d'aucune médiation40 pour s'affirmer, c'est-à-dire d'aucune autre entité, qu'elle soit une instance représentative41 ou un autre peuple. Car, si le principe de l'identité du peuple présent avec soi en tant qu'unité politique présuppose "la faculté, par la force d'une conscience politique propre et d'une volonté nationale, de distinguer entre ami et ennemi42 ", reste que l'identité ne se constitue pas à travers sa confrontation à l'altérité. Bien au contraire, le rapport polémique à l'altérité étrangère des autres peuples est une "conséquence inévitable" du sens existentiel de sa propre identité : "À la démocratie appartient donc nécessairement premièrement l'homogénéité et deuxièmement - en cas de nécessité - l'expulsion ou anéantissement [Vernichtung] de l'hétérogène43." Le souci de détruire l'autre est l'effet secondaire du souci originaire d'affirmer sa propre identité. Car la décision polémique de faire la guerre à l'hétérogène présuppose que l'hétérogène ait été au préalable ressenti existentiellement comme ennemi par un peuple homogène qui décide ou non si "l'être-autre de l'étranger signifie, dans un cas concret de conflit en cours, la négation du type propre d'existence [eigene Art Existenz] et, de ce fait, est repoussé et combattu pour préserver le type propre, ontologique, de vie [seinsmäßige Art von Leben]44". La conscience (Bewußtsein) politique de soi comme force polémique d'autodéfense contre l'étranger repose ainsi sur l'être (Sein) préalable du peuple homogène. La volonté spirituelle45 de la nation repose donc sur l'homogénéité préalable du peuple dont les éléments constitutifs sont la communauté de langue, le destin historique commun, des traditions et un avenir en commun46. On croirait lire Renan47, qui n'est pas cité48 mais bel et bien critiqué. Car, loin que la volonté spirituelle de la nation permette de dissoudre les différences préalables (de race, de langue, de religion, d'économie et de territoire49), il s'agit bien plutôt de produire l'homogénéité nationale50 : soit par l'assimilation pacifique des minorités nationales à la nation dominante ; soit par une politique violente d'élimination de "l'élément étranger" par "oppression, déportation de la population hétérogène et autres moyens radicaux51". L'événement historique par lequel un peuple devient une nation consciente d'elle-même repose bien sur une décision humaine, d'ordre politique et fondatrice du politique, qui, de la même manière que l'imposition (monarchique) de l'unité politique à un peuple par la représentation, n'est pas "donnée par nature52". Mais la politique d'homogénéisation est un événement historique qui ne produit pas l'homogénéité ex nihilo : elle (re)produit l'identité nationale toujours déjà là en discriminant les nations étrangères ou éléments hétérogènes qui la mettent en péril. Carl Schmitt le dit à propos de la représentation en général, monarchique ou démocratique : "Dans la représentation, un type [Art] d'être plus élevé parvient à la manifestation concrète. L'idée de la représentation repose sur cela qu'un peuple existant en tant qu'unité politique a un type d'être plus élevé et intensifié, plus intensif par différence avec l'être (-là) [Dasein] naturel d'un groupe d'humains vivant ensemble d'une certaine manière d'être [Art Sein]53." L'existence politique est une espèce d'être supérieure à d'autres espèces d'être simplement c'est-à-dire naturellement là54. La représentation politique du peuple se surajoute donc à l'être-là naturel du peuple pour lui donner un autre type d'être, plus intensif, l'ek-sistence dans l'être public55 : "Tout gouvernement authentique représente l'unité politique d'un peuple - non pas le peuple dans son être-présent naturel56." Or, une représentation monarchique qui voudrait former une unité politique "à partir de groupes humains constitués de divers types [verschiedenartig], [d'ordre] national, confessionnel ou social [klassenmässig]57" court le danger de faire perdre à l'État tout contenu essentiel58 : "un État sans peuple, une res populi sans populus59". Le schème artificialiste méconnaît ainsi la présupposition totale60 au fondement de l'État qui est démocratique en son fondement ultime61. La nation n'est là62, c'est-à-dire ne devient présente à elle-même que parce que l'identité naturelle du peuple comme fondement national63 était déjà là au préalable comme homogénéité "confessionnelle, culturelle et sociale" du peuple64 dont le peuple prend conscience en devenant nation : la culture, la religion et l'organisation sociale d'un peuple constituent son être-là naturel, c'est-à-dire la nature de la nation.

Par nature, la nation a une identité ethnique ou culturelle. Il est vrai que, dans la Doctrine de la Constitution (1928), Carl Schmitt semble attribuer cette qualité au peuple par différence avec la nation : "Le peuple n'existant pas en tant que nation ne relie les hommes que selon une appartenance conjointe à quelque chose d'ethnique ou de culturel, mais pas selon une liaison politiquement existante65." Mais, dans la seconde édition du Concept du politique (1932), Carl Schmitt qualifie cette fois le national d'ethnique ou culturel en faisant état des différents motifs "religieux, nationaux (au sens ethnique ou culturel), économiques et d'autres types66" de regroupements prépolitiques. La culture d'une natio ou d'un ethnos appartient donc à la nature de la nation. L'ethnos est en effet défini par ses us et coutumes, c'est-à-dire par une manière d'être propre à ce peuple (Eigenart des Volkes67), dont la conscience peut être plus marquée "en conséquence de frontières naturelles fixes68" tracées par les montagnes, fleuves et mers. Dans ce cas, l'homogénéité nationale du peuple est alors "donnée naturellement69". Reste l'autre cas où la culture homogène de la nation est "advenue historiquement70". C'est pour rendre justice à cette distinction que, dans la troisième édition du Concept du politique (1933), Carl Schmitt substitue à l'identification du sens ethnique ou culturel de la nation71 la différenciation entre ses sens ethnique ou historique72 : la culture de l'ethnie est bien du côté de la nature, par différence avec l'histoire qui réalise ou non le processus d'homogénéisation nationale par assimilation ou discrimination des minorités nationales. Mais sur quoi la délimitation entre la nation dominante et les minorités nationales peut-elle reposer sinon sur le sens national des données culturelles qui appartiennent par nature à la nation ? C'est l'homogénéité confessionnelle, culturelle et sociale ressentie par le peuple qui, en déterminant le sens populaire de la justice73, constitue le fondement de la justice populaire74 comme du droit de la nation dominante à assimiler ou discriminer les minorités nationales75. La substance naturelle du peuple constitue ainsi le fondement de sa constitution comme de son droit, c'est-à-dire des décisions politiques d'ordre existentiel qui constituent la substance de la constitution76. La nation n'advient donc historiquement que sur le fondement naturel du peuple qu'elle reconnaît être en se constituant comme nation.

Or, tous les peuples ne deviennent pas des nations. C'est en fait la nature qui détermine un peuple soit à rester à l'état naturel d'ethnie, soit à accéder historiquement à l'État politique. Ce qui signifie que le type de nation, fort ou faible comme les peuples77, se manifeste au double niveau : 1. naturel, de la substance ou valeur78 du peuple qu'il est ; 2. historique, de l'énergie vitale nécessaire à l'affirmation consciente c'est-à-dire politique ou polémique de soi. Or, le type d'existence politique est enraciné dans l'effectivité concrète du peuple déterminé79 : c'est-à-dire dans son type propre (Eigenart80) par exemple en tant que peuple allemand81 ou français82. La vie politique vit donc en son fondement originel83 de la vitalité naturelle du type de peuple : les Grecs, par exemple à valeur paradigmatique, ont une qualité physique et morale qui les prédispose à ce type élevé d'existence politique84. Il est ainsi tout à fait significatif que l'idée d'un type propre se dise du peuple plutôt que de la nation : car du type propre (Eigenart) du peuple et de la vitalité qu'il implique ressort en conséquence le type plus ou moins élevé d'existence politique, c'est-à-dire en fait le type plus ou moins politisé d'être ensemble. Le schème biologique structure bien la conception schmittienne du (pré)politique. La notion de type a ainsi, de manière cryptée, le sens biologique d'espèce. Comme le trahit la référence furtive à Husserl, l'allemand Art a pour équivalent latin le terme species85. Mais, loin de conserver ce sens purement logique, le terme transplanté dans le champ politique prend un sens biologique : car l'espèce (species, Art) vaut d'un peuple homogène (gleichartig) défini en sa substance et valeur86 par l'énergie vitale87 de créer un "type et forme d'existence politique propre88" qui réponde ainsi à l'identité spécifique du peuple. L'identité de l'espèce, c'est-à-dire, au plan politique, l'identité spécifique du peuple, est donc le présupposé substantiel de la démocratie : en son fond(ement ethnique) identitaire.

La détermination raciale de l'identité nationale

Reste à évaluer la signification du moment racial dans la définition de la substance vitale du peuple spécifiquement homogène89. Quel rapport cette race commune entretient-elle avec le concept omniprésent de type (Art) comme avec l'idée de genos qui habite le concept central d'homogénéité ? Dire d'un individu qu'il est typé, n'est-ce pas dire qu'il est racé ? La question est de savoir si l'identité typée du genos a la signification d'une identité de type racial au sens raciste que le terme, apparu au XVe siècle à partir de l'altération sémantique de génération, prend à la fin du XIXe siècle dans des discours qui affirment la supériorité de races humaines conçues comme des espèces du genre humain à préserver de tout mélange. J'émets l'hypothèse que l'unique occurrence du terme race90 dans la Doctrine de la Constitution s'explique par le fait que l'idée de race commune habite déjà le genos comme l'Art, en fait constitue le moment originel de la provenance commune de la communauté dans lequel s'enracinent tous les autres moments91.

L'hypothèque national(rac)iste : l'Art (genos) comme Rasse

Le peuple est homogène en tant même qu'il provient d'un même genos, c'est-à-dire d'une souche commune (Geschlecht) qui détermine l'espèce d'hommes qui en ressort à partager des traits typiques. Le sens antique et (pré)moderne de genos est celui de race au sens d'une origine commune (Herkunft) fondatrice d'une communauté ou encore nation. Mais les genè nobiliaires constituent une oligarchie qui définit l'identité de la population : le genos est tout aussi bien l'élite. Or, la Révolution française transforme le genos qui cesse d'être la noblesse de sang pour devenir le dèmos, c'est-à-dire le Tiers-état au sens de Sieyès : désormais, l'identité (pré)politique du peuple constitue immédiatement le genos ; à la détermination sociale de l'identité s'est substituée l'autodétermination nationale de l'identité. Il y aurait pur et simple nationalisme si l'appartenance à un peuple était décidée par la possession positive de la nationalité : dans ce cas, la guerre contre l'étranger ne peut être qu'une guerre contre les autres États-peuples. Par contre, dès lors que le peuple est défini par son type propre en tant que manière d'être propre à l'espèce (typée) d'être humain, le nationalisme dégénère en racisme dirigé contre les étrangers intérieurs, potentiellement ennemis, qui peuvent même avoir le titre positif de la nationalité. C'est en effet à partir de la donnée naturelle de la génération d'un certain type d'hommes que l'existence politique d'un peuple se constitue en reconnaissant l'ennemi du peuple en fonction du type d'homogénéité qui, dominante, le définit en propre ("confessionnelle, nationale, économique ou d'un autre type92"). Il faut montrer que toutes les formes d'homogénéité et donc d'opposition reviennent à une différence de provenance (raciale).

Or, à confronter divers textes schmittiens de différentes périodes, il y a trois types d'opposition : 1. l'opposition confessionnelle (c)93 ; 2. l'opposition économique, c'est-à-dire, à l'intérieur, sociale (e) ; 3. l'opposition nationale (raciale), c'est-à-dire ethnique (a-b) ou historique (d)94. Si l'État unifie un peuple homogène en éliminant les éléments étrangers, la guerre en vérité n'est pas civile, c'est-à-dire intérieure, mais extérieure95. Pour retrouver les cinq types d'homogénéité discernés par la Doctrine de la Constitution, il faut distinguer dans l'opposition entre nations le moment physique c'est-à-dire naturel de la race (a), le moment moral96 des us et coutumes qui en ressortent (a-b), [moments de nature culturelle97], le moment religieux de la foi commune (c), le moment historique de l'autoconstitution consciente et volontaire du peuple en nation (d) et le moment socio-économique de l'appartenance de classe (e). La prédominance d'un de ces types d'homogénéité définit le type de peuple (religieux, économique, national) comme une espèce (Art) propre (Eigenart) qui défend son droit à l'existence face aux autres espèces. Reste que le moment de l'appartenance nationale-raciale prédomine : le moment économique, qui n'est pas même évoqué initialement98, ne devient politique qu'à la condition de prendre une dimension nationale99 ; le moment religieux, perturbé par le processus moderne de laïcisation de l'État100, n'est lui-même décisif que s'il correspond à la définition territoriale d'un État-nation. De sorte que, même purement religieuse, la communauté devenue politique se définit par sa politique de discrimination [raciste]101 à l'endroit des étrangers par nature et culture, c'est-à-dire par provenance historique. Ce pourquoi, telle une confirmation, Carl Schmitt peut écrire le 20 avril 1948 : "La foi catholique est la religion de mes pères. Je suis catholique non pas seulement par confession mais par provenance historique, si je peux dire, par la race [Rasse]102." Pour Carl Schmitt, l'appartenance religieuse est une appartenance de race dans le sens où la race est une souche ou source commune (genos) d'où provient historiquement la nation qui, dans l'unité de politique et religion103, partage la même foi. Dans la lignée de la démocratisation, l'ensemble du peuple a désormais le statut de race pris au sens d'une provenance commune.

La démonstration du caractère racial de l'identité spécifique du peuple peut paraître construite dans la mesure où Carl Schmitt préfère pendant la période de Weimar le langage de l'espèce (bio)logique au langage de la race. Reste qu'en 1927, l'auteur de Mein Kampf emploie lui-même le langage de la Gleichartigkeit : "L'État est un moyen en vue d'une fin. Sa fin réside dans le maintien et le soutien d'une communauté d'êtres vivants physiquement et mentalement homogènes [gleichartig]104." C'est avérer de l'extérieur du corpus de la Doctrine de la Constitution le caractère pour le moins polémique du terme. Reste que Carl Schmitt va lui-même développer ce sens potentiel pendant le IIIe Reich et lever la parenthèse du national(rac)isme.

L'identité nationalraciste (völkisch) du peuple (Volk)

Loin que Carl Schmitt se soit trahi en transformant l'égalité démocratique (Gleichheit) en Artgleichheit, il n'a fait que traduire en bon nazi le concept d'homogénéité (Gleichartigkeit), c'est-à-dire d'identité spécifique ou raciale qui est au fondement de l'égalité démocratique105. Potentiel, le racisme du nationalisme schmittien devient actuel à partir de 1933.

Dans la réédition en 1933 du Concept du politique, Schmitt identifie l'étranger comme autrement typé (andersgeartet) en tant qu'il ne partage pas avec le semblable (Gleichgeartet) le "type propre de vie106" comme le type de pensée107. En laissant se développer la force politique d'une classe ou d'un groupe d'un autre type (andersgeartet108), le libéralisme détruit l'homogénéité du peuple : en fonction de critères ethniques liés au mélange des populations ou de critères religieux liés au processus historique de l'expansion religieuse (en Europe, expansion chrétienne, diaspora juive et scission schismatique du christianisme, expansion musulmane). Contre la neutralité libérale qui autorise un "jugement étranger" à s'immiscer dans la décision à prendre pour sauver le type propre d'existence109, Carl Schmitt préconise une politique d'homogénéisation nationale par exclusion des étrangers : la déclaration de l'ennemi intérieur est "soit la production de l'homogénéité et de l'unité politique, ou selon le comportement du déclaré ennemi de l'État le signe de la guerre civile, c'est-à-dire de la dissolution de l'État en tant qu'unité politique organisée, pacifiée en soi, territorialement fermée sur soi et impénétrable aux étrangers110".

Dans l'opuscule État, Mouvement, Peuple publié en décembre 1933, Carl Schmitt pense explicitement l'homogénéité spécifique du peuple allemand à partir de la race : "Si, lors du Congrès nationalsocialiste des juristes allemands de Leipzig en 1933 dans le grandiose discours final du Führer [...], la pensée de la race [Rasse] a été constamment placée au centre, ce n'était pas un postulat théoriquement inventé. Sans le principe de l'Artgleichheit [l'identité d'espèce qualitative ou de type racial du peuple allemand en soi uni], l'État nationalsocialiste ne pourrait subsister et la vie de son droit serait impensable111." Tout droit étant le droit d'un peuple déterminé, il ne peut être créé que par celui qui, "de par la manière déterminée quant au type racial de son être, a part à la communauté créatrice de droit112" : le Führer en tant qu'il fait droit au droit substantiel du peuple allemand113. Pour penser le rapport entre le Führer de l'État total et le peuple allemand uni dans l'Empire allemand114, Carl Schmitt transmue ainsi l'identité démocratique d'ordre qualitatif entre élite dirigeante et peuple dirigé115 en une "inconditionnelle identité de type racial [Artgleichheit] entre Führer et Gefolgschaft116" : à l'identité démique s'est substituée l'identité raciale du peuple allemand conformément à la prédominance, à cette époque, du moment de l'autoreprésentation raciale du dèmos allemand. Or, ce principe d'identité qui ressort d'une "appartenance de peuple et de race [Volks- und Rassenzugehörigkeit]" détermine la pensée : "Un étranger par le type racial [Artfremder] [...] pense et comprend autrement parce qu'il est autrement racé [geartet], et reste dans chaque parcours décisif de pensée dans les conditions existentielles de son propre type racial [Art]117." Il appartient donc de le discriminer à partir d'un critère qui appartient à "la sphère de l'être humain vivant, rempli de diversités organiques, biologiques et nationalracistes [völkisch]118". Grâce à la purification ethnique d'une part et d'autre part à l'unification impériale, qui permettent d'unir le peuple allemand119, le droit peut advenir comme constitution du peuple allemand. Le principe de l'identité de race est un concept fondamental du droit nationalsocialiste puisque la distinction entre les congénères (Volksgenosse) et les étrangers (Artfremde) est fondatrice de la distribution inégale des droits entre les égaux entre eux (Gleichen) et les autres (Nicht-Gleiche120) : "Le nationalsocialisme [...] soigne chaque véritable substance du peuple, là où il la rencontre, dans les régions, dans les peuples [régionaux] et les états [Landschaft121, Stamm und Stand]. Il a [...] sauvé la paysannerie ; purifié le fonctionnariat allemand des éléments étrangers [fremdgeartet] et ainsi l'a restauré en tant qu'état [Stand]122." L'État (Staat) ne peut se maintenir (bestehen) en tant qu'unité politique du peuple qu'en tenant sur ce fondement statique123 qu'est la substance du peuple124 allemand dont l'identité se distribue à même la diversité des régions, peuples et états (Stände) comme ceux des fonctionnaires et des juristes125. Ceux-ci sont ainsi allemands par leur participation à la substance commune du peuple allemand, gage de la stabilité126 politique127 : "Au regard de l'indissociable corrélation entre l'obligation envers la loi, le fonctionnariat et l'indépendance des juges, toutes les questions et réponses débouchent sur l'exigence [à l'endroit des juges, fonctionnaires et des citoyens] d'une identité de type racial sans laquelle un État total du Führer [ein totaler Führerstaat] ne peut se maintenir [bestehen] un [seul] jour128."

Déjà dans un article du 12 mai 1933 publié à Cologne dans un journal de propagande nazi, Carl Schmitt entendait établir Le bon droit de la révolution allemande en justifiant la purification de la vie publique allemande des "éléments non aryens de type racial étranger [fremdgeartet]" parmi les fonctionnaires, médecins et avocats : condition pour rétablir l'homogénéité substantielle du peuple allemand contre les étrangers de race étrangère (fremdrassig) dont l'invasion entrave le processus de croissance intime des générations allemandes à venir en corrompant son type propre129. Dans le même journal, Carl Schmitt dénonce le 31 mai 1933 les intellectuels de nationalité allemande comme Einstein qui pressent les État ennemis de l'Allemagne de lui faire la guerre130. Comme l'a noté Raphael Gross131, Carl Schmitt répugne encore à identifier nommément la judéité comme ennemi de race du peuple allemand, comme si, dans un premier temps du moins, il répondait par sa dénomination à la prétendue stratégie de dissimulation du Juif. L'identification explicite de l'ennemi juif aura lieu dans un article du 25 mai 1934 intitulé Pensée nationalsocialiste du droit132 : "l'afflux du peuple juif" est présenté comme une vague de normativisme qui est imposée à la santé du peuple allemand par un peuple étranger sans sol133. Pour se libérer de cette intrusion134 par effraction135, le peuple allemand doit expurger sa Constitution des éléments étrangers. En octobre 1935, Carl Schmitt célèbre ainsi la Constitution hitlérienne136 comme Constitution de la liberté137 qui, par les lois de protection du sang et du mariage allemands138 contre la dégénérescence (Entartung)139, parvient au juste concept, substantiellement nationalraciste (substanzhaft-völkisch), de l'Allemand140 : "Un peuple a retrouvé son propre type racial [Art] et s'est libéré de la domination spirituelle étrangère141." Le 26 novembre 1935, Carl Schmitt justifie le texte de loi nazie qui interdit le mariage entre Aryens et Juifs de nationalité allemande142 au nom de "la protection du sang allemand" contre la "dégénérescence [Entartung] et le déclin" des institutions européennes du mariage et de la famille143. La législation du mariage de race et de santé, respectivement antisémite ou eugéniste144, prend "le point de vue de la progéniture145" pour défendre le droit du peuple allemand à l'autodétermination "de ce qui est allemand, de ce qui est substance allemande, et est nécessaire à la protection du sang allemand" : c'est l'affaire du peuple allemand146 que de prendre une décision nationalraciste147 pour sauver l'ordre de vie nationalracial (völkisch148) par des mesures de défense "nationalraciale" du peuple149 comme "l'interdiction raciale [rassisch] du mariage150". Schmitt justifie donc explicitement la discrimination raciste des Juifs de nationalité allemande151 par le fait qu'étrangers à la substance propre du peuple allemand, ils sont "de sang juif152" ou "de race juive153" : la judéité est désormais explicitement définie non seulement comme confession, mais comme race.

Loin d'être une concession opportuniste au pouvoir en place effectuée dans le contexte de pressions exercées sur Carl Schmitt au sein de la mouvance nazie, l'opposition au judaïsme, la reconnaissance du Juif comme ennemi racial, a une fonction systématique dans la pensée de Carl Schmitt. Le Glossaire des annotations des années 1947-1951 permet depuis sa publication en 1993 de s'épargner toute glose subtile à propos de l'antisémitisme schmittien154 : "Des Juifs restent toujours des Juifs. Pendant que le communiste peut s'améliorer et se transformer. Cela n'a rien à voir avec la race [Rasse] nordique etc. Justement le Juif assimilé est le véritable ennemi" (25-09-1947)155. La distance que, contraint et forcé156, Carl Schmitt a pu prendre par rapport au nationalsocialisme ne concerne pas l'extermination des Juifs, qui de manière répétitive est relativisée157 par la persécution158, terreur159 et vengeance qu'elle aurait produite160. La critique à l'endroit de la direction nationalsocialiste ne semble porter que sur la question stratégique de l'identification de l'ennemi, Carl Schmitt étant partisan d'une politique européenne qui identifie clairement l'ennemi slave et sémite (juif comme musulman161) au lieu de combattre sur deux fronts à la fois : "La contrainte de trouver un ennemi total, mais uniquement un, pas deux : Est et Ouest en même temps, Russes et Anglo-Saxons, communistes et Juifs en même temps, c'était trop162."

La soumission idéologique de la pensée schmittienne au nationalracisme

La fonction systématique de l'antisémitisme schmittien permet de confirmer la nature crypto-raciste du nationalisme schmittien de la période de Weimar qui se manifeste à travers le concept polysémique d'Art. L'Art, c'est la manière qui, loin d'être individuelle, est le fait d'une espèce d'hommes de même souche qui ont une pensée de même type (Denkart) de sorte que leur positionnement politique ou religieux163, comme la pensée du droit164 qui en résulte, est une conséquence de la provenance raciale. Le type de Constitution165, d'État166, c'est-à-dire d'existence politique167, le type donc d'unité politique168 comme de domination169 est ainsi engendré par un type spécifique d'être au monde et de le penser. La naturalisation des différences de comportements culturels, et non seulement leur biologisation, suffit pour que le discours, essentialiste, devienne raciste. Chez Carl Schmitt, cette nature peut bien être une seconde nature, c'est-à-dire le produit d'un processus historique, il y a bel et bien naturalisation, c'est-à-dire processus d'engendrement (naturel) de la spécificité ou différence naturelle : comme il n'y a pas différentes espèces humaines, mais uniquement un genre humain, parler d'espèce d'hommes, cela revient tout aussi bien à parler de race. Or, le nationalisme identitaire défendu par Carl Schmitt implique une politique non seulement de discrimination nationaliste-raciste des non-nationaux, mais contient même la possibilité radicale d'une politique d'extermination. Ce qui le range dans la catégorie du racisme d'extermination : selon Pierre-André Taguieff, ce racisme est fondé sur une autoracisation170 finalisée par une relation d'exclusion radicale qui s'achève dans l'extermination totale de l'autre171 "pour que puisse se conserver l'identité propre. La Race, c'est l'essence de Nous172".

Sans nier les traits idiosyncrasiques du nationalracisme schmittien, il convient donc de reconnaître son inscription dans le contexte de l'idéologie nationalsocialiste, c'est-à-dire d'une idéologie inextricablement fasciste et raciste. Mais la pensée de Carl Schmitt reste singulière en ce qu'elle ne se contente pas de reproduire l'idéologie dominante du nationalsocialisme. L'étude des textes de la période nazie173 permettrait de montrer que, loin de traduire sa pensée en langage nazi, Carl Schmitt s'efforce bien plutôt de traduire la terminologie nazie de la Rasse dans le langage de l'espèce-Art : appropriation pensante du langage nazi qu'il faut se garder d'interpréter comme un nazisme privé ou propre. Cela reviendrait en effet à identifier le nationalsocialisme à partir d'une figure hypostasiée du nationalsocialisme de caractère hitléro-rosenbergien. Le nationalsocialisme étant une nébuleuse polycratique174, la ligne dominante n'est pas la vraie ligne. Il ne s'agit pas de nier qu'il y ait eu un centre de pouvoir qui a fini par imposer sa ligne politique et l'idéologie dominante au sein de la mouvance nazie, mais uniquement de critiquer la réduction de l'idéologie nazie à la ligne idéologiquement dominante (SS). Car cela reviendrait, sous le coup de l'illusion créée par le mouvement rétrograde du vrai, à dénazifier par exemple l'idéologie SA. La production du concept de nationalracisme permet d'opérer une critique idéologique de la position de Carl Schmitt qui, tout en rendant compte de son nationalracisme comme composante du nationalsocialisme, ne propose pourtant pas une assimilation rétroactive de la mouture weimarienne de la pensée de Carl Schmitt à l'idéologie nationalsocialiste (dominante).

Bibliographie

    Carl Schmitt (1888-1985)

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  • 2. Der Begriff der modernen Demokratie in seinem Verhältnis zum Staatsbegriff (1924)
  • 7. Der Gegensatz von Parlementarismus und moderner Massendemokratie (1926)
  • 8. Der Begriff des Politischen (1927) = BP a
  • 16. Staatsethik und pluralistischer Staat (1930)
  • 28. Totaler Feind, totaler Krieg, totaler Staat (1937)
  • Parlementarisme et démocratie (Paris, Seuil, 1988) contient : 2. Le concept de démocratie moderne et son rapport à l'État (p. 117-128) et 16.  Éthique de l'État et État pluraliste (p. 129-150).
  • Glossarium - Aufzeichnungen der Jahre 1947-1951 (hrsg. v. Medem, Duncker & Humblot, 1993) = G. Trad. fr. partielle dans Cités n° 17, 2004.
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  • Articles d'actualité :

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  • "Das Mißbrauch der Legalität" in Tägliche Rundschau, 19. Juli 1932.
  • "Das gute Recht der deutschen Revolution" in Westdeutscher Beobachter (Amtliches Organ der NSDAP, Köln), Jahrgang 9, 12. Mai 1933.
  • "Die deutschen Intellektuellen" in Westdeutscher Beobachter (Amtliches Organ der NSDAP, Köln), Jahrgang 9, 31. Mai 1933.
  • "Fünf Leitzätze für die Rechtspraxis" in Deutsches Recht (Zeitschrift des Bundes Nat.-Soz. Deutscher Juristen, hrsg. v. Hans Frank, Berlin), 3. Jahrgang, Heft 7, 15. Dezember 1933, S. 201-202.
  • "Bericht über die Fachgruppe Hochschullehrer im BNSDJ (Bund Nationalsozialistischer Deutscher Juristen)" in Deutsches Recht (Zentral-Organ des Bundes Nationalzozialistischer Deutscher Juristen, hrsg. v. Hans Frank, Berlin), 4. Jahrgang, Nr.1, 10. Januar 1934, S. 17.
  • "Ein Jahr nationalsozialistischer Verfassungsstaat" in Deutsches Recht (Zentral-Organ des Bundes Nationalzozialistischer Deutscher Juristen, hrsg. v. Hans Frank, Berlin), 4. Jahrgang, 10. Januar 1934, S. 27-30.
  • "Nationalsozialismus und Rechtsstaat" in Juristische Wochenschrift (hrsg. v. Walter Raeke, Berlin), 63. Jahrgang, Heft 12/13, 24. u. 31. März 1934, S. 713-718.
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  • "Unsere geistige Gesamtlage und unsere juristische Aufgabe" in Zeitschrift der Akademie für Deutsches Recht (hrsg. v. Hans Frank, München), 1. Jahrgang, Juni 1934, S. 11-12.
  • "Recht und Wirtschaft" in Zeitschrift der Akademie für Deutsches Recht (hrsg. v. Hans Frank, München), 1. Jahrgang, Juni 1934, S. 18.
  • "Besprechung : Auf dem Wege zum neuen Reiche, von Hans Gerber (1934)" in Deutsche Juristen-Zeitung, 39. Jahrgang, Heft 23, 1934, S. 1474.
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  • "Die nationalsozialistische Gesetzgebung und der Vorbehalt des "ordre public" im Internationalen Privatrecht" (Vortrag gehalten anläßlich der Sitzung der International Law Association am 28. Nov. 1935) in Zeitschrift der Akademie für Deutsches Recht (hrsg. v. Hans Frank, Berlin), 3. Jahrgang, 1936, S. 204-211.
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  • "Faschistische und nationalsozialistische Rechtswissenschaft" in Deutsche Juristen-Zeitung, 41. Jahrgang, Heft 10, 1936, S. 620.
  • "Die Raumrevolution (Durch den totalen Krieg zu einem totalen Frieden)" in Das Reich, 29. September 1940.

(1) Dans De Carl Schmitt à Hegel (Paris, Puf, 1992), Jean-François Kervégan note que "la possibilité du ralliement de Schmitt à la thématique politico-raciale des nazis était inscrite dans son mode antérieur de penser" et notamment dans "l'hypostase de la naturalité" (p. 322) impliquée par le présupposé d'une homogénéité substantielle (Gleichartigkeit) de la démocratie (p. 321).

(2) Dans la Théologie politique, le principe de la souveraineté démocratique n'est pas encore forgé : la souveraineté est personnelle et le peuple n'est que par sa représentation (Politische Theologie, 1922). Dans Die geistesgeschichtliche Lage des heutigen Parlementarismus (1923, noté LP pour les références), la démocratie immédiate, qui est opposée au parlementarisme, repose sur une absolue identité dont le caractère substantiel n'est pas mentionné (LP-35/fr.33). À la fin de l'article de 1924, Der Begriff der modernen Demokratie in seinem Verhältnis zum Staatsbegriff publié in Positionen und Begriffe (1940, noté PuB pour les références), Schmitt mentionne qu'il s'agit d'une identité de contenu (sachlich) (PuB-25/fr.127 : Le concept de démocratie moderne et son rapport au concept d'État in Parlementarisme et démocratie). Dans l'article de 1926, Der Gegensatz von Parlementarismus und moderner Massendemokratie, qui est publié au titre de remarque préalable dans la seconde édition de Die geistesgeschichtliche Lage des heutigen Parlementarismus (1926), puis republié dans Positionen und Begriffe (1940), il est question de l'homogénéité nationale comme substance politique de la démocratie (PuB-59+n.1/fr.107) qui est désormais posée au fondement de l'identité entre gouvernants et gouvernés (PuB-63/fr.113) dont la théorie est forgée dès la Théologie politique (Remarque sur l'opposition entre parlementarisme et démocratie in Parlementarisme et démocratie). L'article de 1940 est, à l'exception du § 1, identique à la préface de 1926 titrée Vorbemerkung (über den Gegensatz von Parlementarismus und Demokratie). En général, je souligne moi-même par un trait et marque mes interventions de traduction et d'interprétation entre crochets et en italique. Toutes les traductions sont de ma responsabilité. Autant que faire se peut, une traduction française a été indiquée après la référence au texte allemand, sans préjuger de la traduction qui, le plus souvent, n'a pas été examinée.

(3) Nationalsozialismus und Völkerrecht (1934, noté NV pour les références), NV-26.

(4) Comme l'explique Andreas Koenen dans son livre très documenté, Der Fall Carl Schmitt Sein Aufstieg zum "Kronjurist des Dritten Reiches" (Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1995), l'adhésion de Carl Schmitt au nationalsocialisme a lieu au mois de mars 1933 (p. 18). Koenen rend compte de l'adhésion préalable de personnalités de la Révolution conservatrice (p. 249-250, p. 262-7) qui, confortées par le pathos nationaliste du nationalsocialisme (p. 239), reconnaissent le mouvement nationalsocialiste comme un mouvement qui dépasse le parti (p. 250, voir p. 256-7) : en fait, la vision du Reich est empruntée par les nationaux-socialistes à la Révolution conservatrice (p. 255-6) et, en particulier, au groupe Ring (p. 255). Carl Schmitt adopte publiquement cette vision de l'Empire dans la Conférence du 18 janvier 1933 (p. 212).

(5) Reich - Staat - Bund in Positionen und Begriffe (1940) : PuB-196. Le texte cité est celui de la Conférence inaugurale prononcée par Carl Schmitt à l'Université de Cologne le 20 juin 1933 qui reformule la Conférence du 18 janvier 1933.

(6) PuB-197.

(7) Staat, Bewegung, Volk (1933, noté SBV pour les références), SBV-13/fr.26 (État, Mouvement, Peuple).

(8) SBV-20/fr.34.

(9) SBV-14/fr.26.

(10) SBV-46/fr.63.

(11) SBV-46/fr.63.

(12) SBV-42/fr.59.

(13) Dans la Verfassungslehre (1928, noté VL pour les références), Carl Schmitt utilise l'expression Art Sein (VL-210/fr.347, in Théorie de la Constitution).

(14) VL-228/fr.366 (Art Existenz).

(15) L'ouvrage de Raphael Gross, Carl Schmitt et les Juifs (Suhrkamp, 2000 ; Puf, 2005), évoque la substitution au concept polémique de Gleichartigkeit de celui d'Artgleichheit (p. 60/fr.50) sans montrer, ce n'est pas son propos, la signification de ce concept d'homogénéité substantielle dans les écrits weimariens. Dans Legitimität gegen Legalität (Duncker & Humblot, 1964-1992), Hasso Hofman s'efforce de dégager les ambivalences qui habitent le discours schmittien (p. 141, 184, voir p. 179) dans le souci de manifester l'autodestruction de concepts élaborés par Carl Schmitt à une époque antérieure (p. 189-90, 191). Mais Hofman néglige d'expliquer le caractère décisif de l'identité préalable qui donne en effet la force de décider (p. 141-2, 146) comme de dégager la bio-logique du peuple sain (p. 150), c'est-à-dire de réfléchir la caractérisation de l'homogénéité proposée par Carl Schmitt dans la Doctrine de la Constitution (1928). Par là même, il s'interdit d'y découvrir les linéaments d'un nationalisme faisant appel à une politique ouvertement raciste de discrimination des étrangers (VL-232/fr.369) : n'ayant pas repéré le caractère (potentiellement) raciste de l'homogénéité (p. 160-1), il en arrive à affirmer imprudemment que son concept de Volk n'est jamais völkisch au sens nazi du terme (p. 146-7). Or, pour parvenir à supputer dans le nationalisme de la national-démocratie (p. 145) le racisme qui l'abîme, il conviendrait de discerner le racisme biologique de la théorie schmittienne de l'espèce (Art) ou type de peuple de l'invocation pseudo-scientifique de la théorie des races, c'est-à-dire de ne pas (dé) limiter le racisme à la Rassenlehre (p. 205), auquel Carl Schmitt peut très bien avoir renoncé (Glossarium, noté G pour les références : G-94, G-255) sans pour autant avoir cessé d'essentialiser et donc de raciser les Juifs (G-18). Attaché à dégager la contradiction principielle entre la présupposition du fait de l'homogénéité donnée (Gleichartigkeit) et l'activisme de l'idéal normatif de l'identité raciale (Artgleichheit) à créer (p. 196-7 et n. 33), Hofman parvient à discerner "le principe formel de construction de l'homogénéité nationale" de son "remplissement" par le mythe de la race, mais décrète que la Gleichartigkeit n'a rien à voir avec la doctrine nationalsocialiste des races (nationalsozialistische Rassenlehre) à partir de l'indice peu concluant que Carl Schmitt continue à employer les deux termes de Gleichartigkeit et de Artgleichheit (p. 197). L'embarras de Hasso Hofman se manifeste par le fait qu'il conclut que l'accommodation de 1933 est plus qu'un simple asservissement par rapport aux racistes allemands (p. 197), puisqu'en effet Carl Schmitt a traduit en langage nazi sa théorisation de l'homogénéité nationale : en toute contradiction, il doit finalement reconnaître que l'homogénéité a eu chez Carl Schmitt un sens biologico-racial (rassenbiologischer Sinn) (p. 204). Loin de manifester une distance par rapport à la traduction en langage nazi, le maintien du concept de Gleichartigkeit montre bien plutôt la continuité de la pensée de Carl Schmitt qui joue du double sens du terme Art (type vs. espèce) comme de sa composition : l'homogénéité, c'est l'identité du genos comme espèce (Gleichartigkeit) ou encore l'identité d'espèce (Artgleichheit) ou de race. Suivant l'analyse de Hofman dans la préface à la traduction du Leviathan de Carl Schmitt (p. 55- n. 22), Étienne Balibar note la transformation de l'homogénéité républicaine en homogénéité nationale-populaire (völkisch) sans déceler la signification national(rac)iste de la reprise polémique par Carl Schmitt du langage notamment rousseauiste de l'égalité républicaine (p. 17). Dans son introduction à la traduction française de la Théorie de la Constitution (1993), Olivier Beaud passe sous silence le principe identitaire de la démocratie tout en notant à plusieurs reprises la substantialisation du droit formel (p. 59, 38) qu'en référence à Hegel (p. 77-8), Carl Schmitt pose au fondement de la démocratie identitaire (cf. p. 82). Quant à elle, la réception libérale de Carl Schmitt ne peut bien évidemment que méconnaître en le déniant cet aspect décisif et fondamental de la pensée politique de Carl Schmitt. Par contre, last but not least, Jean-François Kervégan (1 992) a parfaitement reconnu le principe identitaire (op. cit., p. 307) de l'homogénéité (p. 316-7) substantielle (p. 318) du peuple comme substrat prépolitique (p. 321, 318) comme sa signification raciale à partir de 1933 (p. 322). Pour Kervégan, cette évolution de l'homogénéité substantielle à la discrimination raciale n'est pas nécessaire (p. 321, 316) même si l'interprétation schmittienne de la similitude éthico-politique des concitoyens conçue par Rousseau a "un sens ouvertement discriminatoire, voire raciste" (p. 318). En découvrant le moment racial à l'origine de l'identité nationale d'un peuple, il s'agit de montrer que l'idéologie nationalraciste compénètre en effet la pensée de Carl Schmitt dès la période de Weimar, il est vrai la plupart du temps sous un mode implicite (manifesté par la parenthèse de national(rac)isme).

(16) Cité (op. cit., p. 24-n. 161) par Andreas Koenen, Der Fall Carl Schmitt citant lui-même Mohler (1988).

(17) De manière à (ré) affirmer la fonction de l'État, Carl Schmitt définit incidemment en 1930 l'affaire (Sache) du politique comme étant le problème de l'unité politique d'un peuple (déterminé) : "die Sache, nämlich das Problem der politischen Einheit eines Volkes" (PuB-140/fr.142). L'affaire du politique, c'est l'unité (du) politique. La citation est tirée de Staatsethik und pluralistischer Staat (1930) in Positionen und Begriffe im Kampf mit Weimar - Genf - Versailles 1923-1939 (1940) : Éthique de l'État et État pluraliste in Parlementarisme et démocratie (1988).

(18) Der Gegensatz von Parlementarismus und moderner Massendemokratie (1926) in Positionen und Begriffe (1940), PuB-63/fr.112 (L'opposition entre parlementarisme et démocratie de masse in Parlementarisme et démocratie).

(19) Verfassungslehre (1928), VL-227/fr.365 (Théorie de la Constitution).

(20) Nationalsozialismus und Völkerrecht (1934), NV-8 : il est question du fait que l'État nationalsocialiste a permis au peuple allemand de retrouver le sens de lui-même et de son type propre d'être (Besinnung auf sich selbst und auf seine eigene Art). Besinnen, c'est en effet faire retour (sur soi) afin de (re)prendre conscience (de soi) : retrouver le sens (Sinn) de soi en reprenant ses esprits. Dans "Das gute Recht der deutschen Revolution" in Westdeutscher Beobachter (Amtliches Organ der NSDAP, Köln), Jahrgang 9, 12. Mai 1933, Carl Schmitt écrit : "Un peuple s'éveille à la conscience de son propre type [Art] et se recueille [sich besinnt] sur lui-même et les siens."

(21) Der Begriff des Politischen - 1932 (1963, noté BP pour les références), cf. BP=28-29/fr.69, 33/fr.73, 50-51/fr.93-94 (La Notion de politique).

(22) Pour Carl Schmitt, le "monde politique est un pluriversum" constitué par les "différents peuples, religions, classes et autres groupes humains" (BP-54/fr.97). En 1931, Carl Schmitt précisait que le partage du monde était tout aussi bien racial que linguistique ou juridique : "Le monde de l'esprit objectif est un monde pluraliste : pluralisme des races [Rassen] et peuples, des religions et cultures, des langues et des systèmes de droit" (PuB-141/fr.144, Staatsethik und pluralistischer Staat (1930) in Positionen und Begriffe (1940) : Éthique de l'État et État pluraliste in Parlementarisme et démocratie). L'absence d'article devant peuples et cultures indique l'intrication, d'une part, entre races et peuples et, d'autre part, entre religions et cultures.

(23) Der Begriff der modernen Demokratie in seinem Verhältnis zum Staatsbegriff (1924) in Positionen und Begriffe (1940), PuB-25/fr.127 (Le concept de démocratie moderne et son rapport au concept d'État in Parlementarisme et démocratie).

(24) Dans la Verfassungslehre (1928), Carl Schmitt explique que "le concept démocratique de l'égalité ne se satisfait pas de n'importe quelle égalité universelle et indifférente qui est présente de soi sans égard pour la substance et valeur" (VL-226/fr.364 in Théorie de la Constitution).

(25) VL-226/fr.364.

(26) VL-227/fr.365.

(27) "la substance de l'égalité peut être différente selon les différentes démocraties et les différentes époques" (VL-228/fr.366).

(28) VL-226/fr.364.

(29) En attendant que la démocratie prolétarienne (VL-309/fr.456, cf. 243/fr.382) s'impose, la démocratie nationale (VL-231/fr.369, cf. 275/fr.416) reste la forme dominante de la démocratie politique (VL-227/fr.365).

(30) VL-231/fr.369.

(31) VL-50/fr.183.

(32) VL-51/fr.183.

(33) VL-51/fr.184 (zum politischen Bewußtsein erwacht).

(34) VL-50/fr.183.

(35) Cf. VL-81/fr.217.

(36) VL-51/fr.184.

(37) La critique de la conception de L'État comme mécanisme chez Hobbes et Descartes fait l'objet explicite de l'article de 1936 : Der Staat als Mechanismus bei Hobbes und Descartes (1936) in Archiv für Rechts- und Sozialphilosophie (Band XXX, 1936/37, Berlin). Le néant politique étant l'état de guerre civile dont les Anglais ont fait l'expérience (622=SGN-139), Hobbes conçoit la naissance de l'État à partir de l'état de nature de manière mécanique sans s'apercevoir, selon Carl Schmitt, que le mécanisme est tout aussi incapable que l'individualisme de la construction contractuelle d'engendrer la totalité de l'État (628=SGN-144 vs 631=SGN-146). L'article ayant été réédité par Günther Maschke dans le recueil Staat, Großraum, Nomos - Arbeiten aus den Jahren 1916-1969 (1995), j'en précise la pagination (SGN=139-147).

(38) Verfassungslehre (1928), VL-214/fr.352 (Théorie de la Constitution).

(39) VL-205/fr.342.

(40) Pour Carl Schmitt, il n'y a véritablement (eigentlich) de démocratie qu'immédiate dans la mesure où la médiation naît uniquement dans la démocratie de l'adjonction d'éléments de forme représentative (VL-215/fr.352).

(41) VL-215/fr.352-353.

(42) VL-214/fr.352. Sur l'opposition ami-ennemi dans la Doctrine de la Constitution, voir VL-162/fr.300, 169/fr.306, 234/fr.371, 247/fr.386, 279/fr.422, 322/fr.470.

(43) Der Gegensatz von Parlementarismus und moderner Massendemokratie (1926) in Positionen und Begriffe (1940), PuB-59/fr.106 (L'opposition entre parlementarisme et démocratie de masse in Parlementarisme et démocratie). La traduction française de Vernichtung par exclusion est un inacceptable euphémisme (comme celle d'Ausscheidung par mise à l'écart).

(44) Der Begriff des Politischen - 1932 (1963), BP-27/fr.67 (La Notion de politique).

(45) Cf. Verfassungslehre (1928), VL-212/fr.349 (Théorie de la Constitution).

(46) VL-231/fr.369.

(47) Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation ? (11 mars 1882) : III, p. 54 in Qu'est-ce qu'une nation ? et autres essais politiques, Paris, Presses Pocket, 192.

(48) Carl Schmitt ne mentionne pas explicitement Renan sur ce point décisif tout en l'évoquant par ailleurs marginalement (VL-311/fr.459).

(49) Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation ? op. cit., p. 45-55.

(50) Verfassungslehre (1928), VL-216/fr.353 (Théorie de la Constitution) : "Herstellung der eigenen Identität ".

(51) VL-232/fr.369.

(52) VL-207/fr.344.

(53) VL-210/fr. 347.

(54) VL-210/fr. 347.

(55) VL-210/fr.347 (Heraushebung).

(56) VL-212/fr.350.

(57) VL-215/fr.353.

(58) Cf. VL-42/fr.174.

(59) VL-215/fr.353.

(60) VL-237/fr.374.

(61) VL-81/fr.217.

(62) VL-205/fr.342.

(63) VL-95/fr.233.

(64) VL-276/fr.417.

(65) VL-79/fr.215.

(66) Der Begriff des Politischen - 1932 (1963), BP-38/fr.79 (La Notion de politique).

(67) Verfassungslehre (1928), VL-207/fr.344 (Théorie de la Constitution).

(68) VL-205/fr.342.

(69) VL-214/fr.352.

(70) VL-214/fr.352.

(71) Der Begriff des Politischen - 1932 (1963), BP-38/fr.79 (La Notion de politique).

(72) Der Begriff des Politischen (1933), BP w-21 : le "ou" d'identité est devenu un "ou" alternatif.

(73) Verfassungslehre (1928), VL-276/fr.417 (Rechtsempfinden des Volkes).

(74) VL-276/fr.417, cf. 274/fr.415 (volkstümlich).

(75) VL-232/fr.369.

(76) VL-24/fr.155, 26/fr.156, 27/fr.157... 35/fr.165, 87/fr.225, etc. Le sens substantiel de la constitution (VL-28/fr.159) en constitue la substantialité (PuB-144/fr.149, Staatsethik und pluralistischer Staat (1930) in Positionen und Begriffe (1940) : Éthique de l'État et État pluraliste in Parlementarisme et démocratie).

(77) Staatsethik und pluralistischer Staat (1930) in Positionen und Begriffe (1940), PuB-143/fr.147 (Éthique de l'État et État pluraliste in Parlementarisme et démocratie).

(78) Verfassungslehre (1928), VL-226/fr.364 (Théorie de la Constitution).

(79) VL-23/fr.153, cf. 15/fr.145.

(80) VL-207/fr.344, 82/fr.218, cf. 23/fr.153. Il en ressort que le type propre de Constitution ressort de la constitution déterminée du peuple : par exemple, Carl Schmitt parle du "type propre de cette Constitution monarchique de style allemand" (55/fr.187).

(81) VL-95/fr.233.

(82) VL-50/fr.183 (neue Art politischen Daseins).

(83) VL-81/fr.217, 79/fr.215 (Urgrund).

(84) VL=228-229/fr.366-367. Citant la République de Platon (VIII, 557c), Carl Schmitt traduit par Verschiedenartigkeit un terme grec (pantodapoà) qui signifie de toute provenance, c'est-à-dire venant de toutes les terres (da'pedon)(VL-228/fr.366). Or, la provenance (Herkunft), c'est le genos : tout l'effort de Carl Schmitt va consister à définir le sens moderne, à l'époque de la démocratie de masse, du genos comme Art.

(85) Schmitt cite Husserl pour établir que, logiquement, l'égalité implique l'identité spécifique des termes égaux (VL-235/fr.373-374).

(86) Cf. VL-226/fr.364.

(87) VL-83/fr.219 (cf. 5/fr.134), 79/fr.215 vs 81/fr.217.

(88) VL-63/fr.197.

(89) VL-227/fr.365.

(90) VL-227/fr.365.

(91) L'auto-interprétation raciale de l'identité du peuple (VL-227/fr.365) n'est donc pas ce qu'elle paraît au premier abord : une possibilité dont on serait tenté de croire qu'elle correspond à un moment historique : celui, hellénique, où les Grecs se distinguent par nature des barbares esclaves par leur "type [Art] intensifié d'existence" (228/fr.366). Car, d'une part, Carl Schmitt n'emploie pas explicitement pour les Grecs le concept de race et lui préfère celui d'homogénéité (physique et morale) : concept qui caractérise tout aussi bien les trois autres sens historiquement donnés par les diverses démocraties à l'idée d'une égalité de substance. Par ailleurs, les quatre sens ne recoupent pas exactement les quatre moments, puisque la possibilité b) de la vertu ou civisme comme ciment de la communauté citoyenne ne correspond à aucun moment et que le sens d) de la démocratie nationale comprend différents éléments (langue commune, destin historique commun, tradition et buts politiques communs : 231/fr.369) qui recoupent eux les différents moments (227/fr.365).

(92) Der Begriff des Politischen (1933), BP w-21.

(93) Les lettres renvoient à la classification des cinq sens de l'égalité démocratique discernés par Carl Schmitt dans le point 4 du § 17 (VL=228-234/fr.366-371) de la Verfassungslehre (1928).

(94) Dans Totaler Feind, totaler Krieg, totaler Staat (1937) in Positionen und Begriffe (1940), Carl Schmitt mentionnera par exemple l'opposition entre les peuples germains et romanisés (cf. PuB-237).

(95) Ibid.

(96) Dans Der Begriff des Politischen - 1932 (1963), Carl Schmitt explique que l'opposition "morale [moralisch]" peut être approfondie au point de permettre le regroupement entre amis et ennemis (BP-37/fr.77 in La Notion de politique).

(97) Dans Der Begriff des Politischen (1933), Carl Schmitt a éliminé le terme "culturel" de l'explicitation de ce qu'est la nation (BP-39/fr.79) en lui substituant "national (au sens ethnique ou historique)" tout en maintenant dans la suite du texte la mention des critères purement culturels par différence avec les critères ou motifs religieux ou économiques (BP w-21).

(98) Verfassungslehre (1928), VL-227/fr.365 (Théorie de la Constitution).

(99) Carl Schmitt explique que l'essai bolchevique de substituer l'homogénéité d'une classe sociale à l'homogénéité nationale, s'il réussissait, aurait pour effet de substituer aux oppositions nationales l'opposition entre États prolétaires et capitalistes : la structure politique (c'est-à-dire polémique) de la démocratie en serait d'autant moins affectée que le groupement par ami/ennemi recevrait par là une nouvelle intensité (VL-234/fr.371). Dans la Théorie du partisan (1963), Carl Schmitt développera cette critique larvée de Lénine qui absolutise l'ennemi en déniant la dimension effective de l'opposition tellurique entre des territoires nationaux là où Mao s'est contenté de reconnaître l'ennemi effectif, tellurique (TP=61-63/fr.270-272 vs 91-94/fr.305-309). Ce qui revient à reconnaître que l'opposition nationale est indépassable.

(100) Dans la Verfassungslehre (1928), Carl Schmitt donne l'exemple de la République de Weimar (VL=32-33/fr.163-164).

(101) Les crochets marquent l'intervention de mon interprétation.

(102) Glossarium (1947-1951), (1993), G-131. Par contre, l'Université allemande est de provenance protestante : G-132.

(103) Der Leviathan in der Staatslehre des Thomas Hobbes (1938), L-21/fr.79 (Le Léviathan dans la doctrine de l'État de Thomas Hobbes).

(104) Adolf Hitler, Mein Kampf (1927) : Band II, S.433. Dans Les Langages totalitaires (Paris, Hermann, 1972), Jean-Pierre Faye traduit gleichartig par de même espèce (p. 391).

(105) Verfassungslehre (1928), VL-227/fr.365 (Théorie de la Constitution).

(106) Der Begriff des Politischen (1933), BP w-8.

(107) BP w-45.

(108) BP w-21.

(109) BP w-8.

(110) BP w-29. La traduction de l'ajout de 1933 par rapport à la version de 1932 (BP-47/fr.88) est en italique.

(111) Staat, Bewegung, Volk (1933), SBV-42/fr.59 (État, Mouvement, Peuple).

(112) SBV-45/fr.62.

(113) Über die drei Arten des rechtswissenschaftlichen Denkens (1934, noté AD pour les références), AD=15-16/fr.73-74 (Les Trois Types de pensée juridique).

(114) Staat, Bewegung, Volk (1933), SBV-9/fr.22 (État, Mouvement, Peuple).

(115) Verfassungslehre (1928), VL-237/fr.374, 235/fr.372 (Théorie de la Constitution). En affirmant l'identité de la représentation et de l'identité substantielle, Carl Schmitt entend montrer que l'élite fait partie du peuple (au sens allemand de Volk) sans s'en distinguer qualitativement.

(116) Staat, Bewegung, Volk (1933), SBV-42/fr.59 (État, Mouvement, Peuple).

(117) SBV-45/fr.62.

(118) SBV-45/fr.62.

(119) SBV-19/fr.32.

(120) Der Gegensatz von Parlementarismus und moderner Massendemokratie (1926) in Positionen und Begriffe (1940), PuB-63/fr.108 (L'opposition entre parlementarisme et démocratie de masse in Parlementarisme et démocratie).

(121) Parce qu'émanant de la volonté politique du peuple et non pas de son existence naturelle (VL-210/fr.347), "l'unité politique du peuple allemand ne repose pas sur les régions [Länder] et tribus [Stämme], mais sur l'unité en soi refermée du peuple allemand et du mouvement nationalsocialiste portant l'État et le peuple" (SBV-19/fr.32). Par là même, il s'agit moins pour Carl Schmitt de relativiser le fondement naturel de l'unité allemande que de critiquer avec Hitler le principe même du fédéralisme (SBV=18-19/fr.31-32). Voir la section IV de la Doctrine de la Constitution (1928) consacrée à la doctrine constitutionnelle de la Fédération (Bund).

(122) Staat, Bewegung, Volk (1933), SBV-19/fr.32 (État, Mouvement, Peuple).

(123) Legalität und Legitimität (1932), LL-29 : les termes de Statik et Substanz sont associés par opposition à la prétendue dynamique du libéralisme.

(124) Staat, Bewegung, Volk (1933), SBV-42/fr.59 (État, Mouvement, Peuple) vs. Legalität und Legitimität (1932), LL-29.

(125) SBV-44/fr.63. Dans Les Trois Types de pensée juridique (1934), Carl Schmitt explique qu'il s'agit de fonder une "nouvelle corporation [ständisches Gebilde] des juristes allemands" (AD-65/fr.113) dont le nouveau type de pensée (Denktypus) s'insère dans la transformation générale des structures de l'État (AD-66/fr.114 in Über die drei Arten des rechtswissenschaftlichen Denkens).

(126) Verfassungslehre (1928), VL-13/fr.143 (Théorie de la Constitution).

(127) Voir Legalität und Legitimität (1932), LL-87, cf. 29.

(128) Staat, Bewegung, Volk (1933), SBV-46/fr.63 (État, Mouvement, Peuple).

(129) "Das gute Recht der deutschen Revolution" in Westdeutscher Beobachter (Amtliches Organ der NSDAP, Köln), Jahrgang 9, 12. Mai 1933 (eigenvölkische Art der kommenden deutschen Geschlechter).

(130) "Die deutschen Intellektuellen" in Westdeutscher Beobachter (Amtliches Organ der NSDAP, Köln), Jahrgang 9, 31. Mai 1933.

(131) Raphael Gross, Carl Schmitt et les Juifs, op. cit., p. 74-75/fr.64.

(132) "Nationalsozialistisches Rechtsdenken" in Deutsches Recht (Zentral-Organ des Bundes Nationalzozialistischer Deutscher Juristen, hrsg. v. Hans Frank, Berlin), 4. Jahrgang, 25. Mai 1934, S. 225-229.

(133) Ibid., 226b (la lettre [b] indique la seconde colonne de la page indiquée).

(134) Ibid., 226b (Einströmen des judischen Gastvolkes).

(135) Le terme effraction traduit le substantif Einbrüche (S. 11) in "Unsere geistige Gesamtlage und unsere juristische Aufgabe" (Juni 1934) et le verbe hineintreiben (S. 438a) in "Die Rechtswissenschaft im Führerstaat" (Juli 1935).

(136) Il s'agit des mesures constitutionnelles approuvées le 15 septembre 1935 par le Deutscher Reichstag dont la "loi de protection du sang et du mariage allemand" (connues sous le nom de lois de Nuremberg). Pour Carl Schmitt, Hitler dispose dans l'État allemand du Führer (Führerstaat) du droit à constitutionnellement légiférer : citant René Capitant en français, Carl Schmitt affirme que "Gouverner c'est légiférer" (S. 439b) dans "Die Rechtswissenschaft im Führerstaat" in Zeitschrift der Akademie für Deutsches Recht, Juli 1935.

(137) "Die Verfassung der Freiheit" in Deutsche Juristen-Zeitung (hrsg. v. Carl Schmitt, C.H.Beck'sche Verlagsbuchhandlung München und Berlin), 40. Jahrgang, Heft 19, 1. Oktober 1935, S. 1134-1135. Trad. fr. en appendice dans Y.-C. Zarka, Un détail nazi dans la pensée de Carl Schmitt (Puf, 2005).

(138) Ibid., 1133.

(139) Ibid., 1135 : Carl Schmitt précise que ces lois constituent un premier avertissement pour les Juifs.

(140) Ibid., 1134.

(141) Ibid., 1134.

(142) "Die nationalsozialistische Gesetzgebung und der Vorbehalt des "ordre public" im Internationalen Privatrecht" (Vortrag gehalten anlässlich der Sitzung der International Law Association am 28. Nov. 1935) in Zeitschrift der Akademie für Deutsches Recht (hrsg. Hans Frank, Berlin), 3. Jahrgang, 1936, S. 208b (les lettres [a, b] indiquent la première vs. seconde colonne de la page indiquée). Trad. fr. en appendice dans Y.-C. Zarka, Un détail nazi dans la pensée de Carl Schmitt (op. cit.).

(143) Ibid., 207a.

(144) Ibid., cf. 208b.

(145) Ibid., 207b.

(146) Ibid., 206b.

(147) Ibid., 211b (eigenvölkische Entscheidung des deutschen Volkes).

(148) Ibid., 211a.

(149) Ibid., 208b (völkisch-defensive Grundcharakter).

(150) Ibid., 207b.

(151) Ibid., 209a.

(152) Ibid., 207a.

(153) Ibid., 209b.

(154) Dans Der Fall Carl Schmitt, Andreas Koenen approuve sur ce point Mehring qu'il cite (op. cit., p. 16-n.100).

(155) Carl Schmitt, Glossarium (1947-1951) (1993), G-18 (trad. fr. p. 182 dans Cités n° 17, 2004). L'exégèse subtile consisterait en l'occurrence à prétendre que le commentateur de The End of Economic Man (1939) n'adhérerait pas à son commentaire.

(156) Le 12 janvier 1950, il écrit : "Je savais de quoi il retournait. Je ne pouvais pas cesser d'être poli" face aux nazis puis ensuite aux dénazificateurs (Entnazifierer) (G-290, trad. fr. p. 205 dans Cités n° 17, 2004).

(157) G-265 (21-08-1949). Trad. fr. p. 201 dans Cités n° 17, 2004.

(158) G-240 : justifiant le très bon concept de guerre discriminante, Carl Schmitt prétend que l'égalité démocratique comme instant éphémère où les anciens privilèges sont abolis avant d'engendrer de nouvelles discriminations est "un intervalle de conte où ni les nazis ne persécutaient les Juifs, ni les Juifs ne persécutaient les nazis" (7-05-1949). Trad. fr. p. 196 dans Cités n° 17, 2004.

(159) G-81 : "terreur d'en bas et terreur d'en haut, terreur sur la terre et terreur dans l'air, terreur légale et illégale, terreur de nazis et de Juifs" (12-01-1948). Trad. fr. p. 185 dans Cités n° 17, 2004.

(160) G-45 : "lorsque Dieu permit que des centaines de milliers de juifs soient tués, il vit simultanément déjà la vengeance qu'ils prendraient à l'Allemagne." (19-11-47). Trad. fr. p. 183 dans Cités n° 17, 2004.

(161) Dans Politiques de l'amitié (Paris, Galilée, 1994), Jacques Derrida cite et commente (p. 108-109) le passage du Concept du politique de 1932 qui va dans ce sens (BP-29/fr.69).

(162) Glossarium (1947-1951) (1993), G=18-n.1 (25-09-1947). Fin de la transcription d'une note sténographique pour part illisible : non traduit dans Cités n° 17, 2004.

(163) Verfassungslehre (1928), VL-37/fr.168 (Théorie de la Constitution).

(164) Über die drei Arten des rechtswissenschaftlichen Denkens (1934), AD-9/fr.69 (Les Trois Types de pensée juridique).

(165) Verfassungslehre (1928), VL-125/fr.263 (Théorie de la Constitution).

(166) VL-130/fr.268.

(167) VL-87/fr.225.

(168) VL-20/fr.151.

(169) VL-6/fr.134.

(170) Pierre-André Taguieff, La Force du préjugé - essai sur le racisme et ses doubles, Paris, Gallimard, 1987, coll. "Tel", p. 165-170.

(171) Ibid., p. 163.

(172) Ibid., p. 173. Sur la question épineuse du rôle de l'autre (comme ennemi) dans la constitution de l'identité propre chez Carl Schmitt, voir le commentaire (p. 185-190) que Jacques Derrida propose, dans Politiques de l'amitié (op. cit.), du vers de Theodor Däubler repris par Carl Schmitt dans Ex Captivitate Salus Erfahrungen der Zeit 1945/1947 (1950) : "L'ennemi est notre propre question en tant que figure [Der Feind ist unsere eigne Frage als Gestalt]" (90).

(173) Cf. la bibliographie certainement incomplète des articles publiés par Carl Schmitt de 1933 à 1940 dans les organes de presse nazis.

(174) Martin Broszat, Der Staat Hitlers, DTV Deutscher Taschenbuch, 1969/1986.

Cahiers philosophiques, n°109, page 59 (04/2007)

Cahiers philosophiques - Le nationalracisme de Carl Schmitt