Les cahiers EPS, n°43 (12/2011)

Avant-propos

La fin d'une aventure

Michel Delaunay, Rédacteur en chef et fondateur de la revue,
Cyril Roy, responsable éditorial (CRDP des Pays de la Loire).

Nés en 1989 sous le nom de Revue EPS de l'Académie de Nantes, Les Cahiers EPS arrêtent leur publication définitivement. Des obstacles économiques, des réorientations stratégiques et des changements de responsables se sont cumulés et les solutions de son maintien, au-delà du numéro 43, n'ont pu être trouvées.

À sa création, la revue était l'organe académique de diffusion des idées et expériences réalisées par le GAIP (Groupe Académique d'Innovation Pédagogique) et tous les professeurs associés à l'expérience-pilote d'élaboration des programmes en EPS, dirigée par l'exceptionnel doyen C. Pineau de l'IGEN EPS et dynamiquement relayée par la MAFPEN et J.-P. Letourneux, alors directeur.

Puis, au fil des années, en s'ouvrant à tous les auteurs, en améliorant sa présentation, en adoptant les protocoles habituels de l'édition, la publication est devenue une revue nationale du réseau SCÉRÉN. Elle a accueilli des écrits fort différents, de toute académie, aux conceptions les plus variées, sans exclusive d'école ou de champ théorique, pour peu qu'ils ne soient pas contraires à la ligne éditoriale proprement "éducation nationale". Définie et maintenue par M. Delaunay, son fondateur et rédacteur en chef pendant ces vingt-trois ans, elle repose sur l'identité d'une éducation physique scolaire, discipline d'enseignement de savoirs fondamentaux, par et pour les conduites motrices, grâce à l'utilisation d'APSA-supports, au profit de la réussite de tous, élèves et professeurs, afin de vivre et construire une société juste, républicaine et fondée résolument sur le progrès.

Que soient, d'abord, remerciés les lecteurs qui ont trouvé (et trouveront encore) de l'intérêt à lire les contenus que Les Cahiers EPS ont proposés tout au long des quarante-trois numéros édités et qui sont consultables sur le site : www.educ-revues.fr/CEPS/

Qu'ensuite soit soulignée la qualité des auteurs qui y ont écrit, du professeur "obscur" d'un établissement inconnu aux penseurs les plus prestigieux. Venus du primaire, du secondaire, de l'université ou des corps de direction et d'inspection, ils ont assuré la crédibilité, le dynamisme et l'impact des Cahiers EPS. Sans eux, point de pertinence scolaire, de réalisme pédagogique, point de partage de créativité et d'innovation, point de controverses utiles, d'hybridations fécondes entre le terrain et la théorie.

Pilotés par des IA-IPR EPS (M. Delaunay, P. Fresse, R. Dhellemmes, P. Beunard, M. Harmand, C. Volant, associés à d'autres collègues nommés plus transitoirement dans l'académie), le GAIP (instance rectorale) et Les Cahiers EPS (instance éditoriale CRDP/SCEREN) ont cheminé de concert. Rien n'aurait été possible sans l'aide des directeurs successifs du CRDP des Pays de la Loire et les responsables nationaux du CNDP/SCEREN, qui ont cru en notre compétence pédagogique et en la valeur de notre complémentarité didactique. La vraie chance de la revue est d'avoir bénéficié, dès le début, d'une responsable éditoriale hors du commun, Mme F. Robert, travailleuse infatigable et compétente, exigeante et jamais à court de bonnes idées. Elle a dirigé efficacement plusieurs équipes d'édition dans lesquelles une mention spéciale doit être attribuée à la professionnalité de D. Tessier (infographiste associé depuis 15 ans), d'A. Jaumouillé et de M.-A. Audo-Leroy. Enfin, les sourires nombreux de la revue, nous les devons à J. Marquez, professeur d'EPS et fin humoriste, dont les dessins ont apporté la distanciation et la relativité nécessaires pour "être sérieux sans se prendre au sérieux".

L'arrêt des Cahiers EPS en 2011 correspond à la fin d'une période "historique", avec la cessation d'implication de M. Delaunay et de P. Beunard (qui fut de 1994 à 2002 le vrai moteur et organisateur de la revue), la réorientation professionnelle de M. Harmand, la retraite de J. Marquez et celle de F. Robert fin 2010. De plus, les nouvelles conditions de travail du GAIP (nouveaux membres avec quelques anciens, participants réduits de moitié, réunions de travail peu nombreuses, financements minimaux...), sous la direction de nouveaux IPR-EPS (associés très récemment, n'ayant pas un vécu "perlaboré" de la culture de "l'école de Nantes") changent fortement la donne. En conséquence, le "GAIP" des Cahiers EPS et celui de 2011, bien que conservant le même sigle, ne sauraient être considérés comme similaires ou équivalents.

La nouvelle équipe veut s'inscrire dans le fonctionnement antérieur et la conception éducative de l'EPS développée dans l'académie, tout en élaborant ses propres stratégies et contenus. Pour accueillir les travaux du GAIP nouvelle mouture, et ceci désormais sans la collaboration éditoriale du CRDP, va être mise en ligne, sur le site du rectorat de l'académie, une nouvelle publication dont le titre est : e-novEPS N@ntes. Les lecteurs des Cahiers EPS y trouveront un nouveau support de réflexion et d'enrichissement de leurs pratiques, cohérent avec les orientations qu'ils avaient l'habitude de fréquenter.

Au nom de ceux qui les ont faits et portés, Les Cahiers EPS redisent un profond et sincère merci, au revoir...

Les cahiers EPS - La fin d'une aventure