Dossier : Les métiers à l'école / 1. Ouvrir sur le monde du travail

L'enseignement technique et professionnel à l'échelle d'une académie

Annick Lorant-Jolly

Entretien avec Joël Doudement (DAET académie de Créteil) .

Pour comprendre plus concrètement comment se construit la politique de formation professionnelle des élèves dans une académie, du CAP au BTS.

Pour nos lecteurs, pouvez-vous préciser ce que recouvrent vos fonctions de DAET au rectorat de l'académie de Créteil?

Le délégué académique à l'enseignement technique, c'est celui qui met en oeuvre la politique du recteur, elle-même dans la droite ligne des orientations ministérielles. Il est aussi le conseiller du recteur en matière d'enseignement technique et professionnel et, à ce titre, il peut faire des propositions de déclinaisons particulières de cette politique.

Concrètement, le délégué a en charge le suivi des 117 lycées professionnels ou sections d'enseignement professionnel, soit 45000 élèves, du CAP au BTS. il est aussi, par délégation, le chef du service de l'inspection de l'apprentissage, le SAIA, qui pilote 62 CFA (centres de formation en alternance), soit 20000 apprentis dont 2000 dans des EPLE (établissements publics locaux d'enseignement), que nous voulons porter à 4000 d'ici à 2010.

Il participe enfin, avec le chef du service de l'information et de l'orientation et la secrétaire générale adjointe, à l'élaboration de l'offre de formation professionnelle et technologique, en relation étroite avec le conseil régional qui prend en charge financièrement les équipements et les matériels pédagogiques, tandis que le rectorat fournit les postes.

De quelle manière ces missions sont-elles déclinées de façon spécifique dans l'académie de Créteil?

Les spécificités sont d'abord liées à des réalités géographiques et économiques. Nos trois départements sont très différents: la Seine-Saint-Denis a une identité sociologique affirmée, contrairement au Val-de-Marne; le département de Seine-et-Marne, lui, pourrait être qualifié de rurbain, avec une partie sud très rurale. Autre originalité, notre région, l'Île-de-France, englobe trois académies, ce qui induit des méthodes de travail particulières: les trois DAET travaillent étroitement ensemble, d'autant que nos frontières avec l'académie de Versailles et celle de Paris sont assez artificielles.

Quand les DAET des académies de toute la France sont réunis au ministère, on voit bien d'ailleurs que nos problématiques sont spécifiques, même si le schéma d'orientation reste identique pour tous. Il suffit de rappeler les chiffres: sur nos trois académies, on compte 100000 élèves dans la voie professionnelle!

Est-ce que, par exemple, le poids de l'apprentissage pèse plus lourd que dans d'autres académies?

Revenons sur la notion qui englobe l'enseignement technique et professionnel: c'est celle de formation tout au long de la vie, avec son volet de formation initiale et son volet de formation continue pour des stagiaires adultes. Le DAET a plus particulièrement en charge ce qui relève de la formation initiale, c'est-à-dire des jeunes sous statut scolaire et sous statut d'apprentis. Dans l'enseignement professionnel, à Créteil comme à Versailles, nous travaillons à une échelle massive. Mais, en matière d'apprentissage, elle est moins exceptionnelle: il y a, en région, environ 70000 apprentis, dont 20000 dans notre académie et 30000 à Versailles.

L'enjeu, pour l'académie de Créteil, se situe plutôt dans le nombre d'élèves qui redoublent leur 3e, parmi lesquels peu accèdent à une seconde générale et technologique, alors que beaucoup s'engagent dans la voie professionnelle. Ajoutons à cela que les résultats au baccalauréat ne sont pas totalement satisfaisants.

Comment construire une offre de formation adaptée aux besoins supposés de cette masse d'élèves en difficulté en fin de 3e? Il semble que la tendance générale consiste plutôt à réduire l'offre de formation en lycée professionnel.

Le précédent recteur avait un mot d'ordre: "Il faut oser la seconde". Nous avons donc fait un travail important auprès des professeurs de collège pour qu'ils favorisent davantage le passage en seconde de leurs élèves. Ensuite, il a fallu convaincre les professeurs de seconde sur le thème: "Il faut oser la première". Pour éviter qu'il y ait trop d'élèves qui entrent dans la voie professionnelle par défaut. On n'encourageait pas suffisamment l'ambition des élèves. Nos élèves ne sont pas forcément moins capables que d'autres d'aller jusqu'au bac mais ils manquent de confiance en eux pour le faire. De toute façon, dans la voie professionnelle, on va ainsi jusqu'à un bac, traditionnellement en 4 ans: 2 années pour le BEP et 2 années pour le bac pro. Nous avons donc essayé de développer les bac pro en 3 ans, pour des élèves qui sortent de 3e. Ils suivent un programme adapté à ce cursus, sinon, ils peuvent toujours le faire en 4 ans. Aujourd'hui, nous remplissons ces filières de bac pro en 3 ans aussi bien que celle des bac pro en 2 ans après un BEP. Qui plus est, nous perdons moins d'élèves dans ce cursus. L'évaluation n'est pas scientifique mais les résultats au bac dans cette voie sont égaux ou supérieurs d'un point et demi. Ce qui nous encourage à poursuivre.

Nous avons aussi créé un BEP en un an pour des élèves réorientés en fin de seconde, souvent après un redoublement, suivi d'un bac pro en 2 ans. Nous ouvrons ces filières au cas par cas, selon les besoins. Nous réfléchissons, enfin, à la marge, à ces élèves qui ont fait une seconde, parfois deux, sans pour autant être admissibles en première générale ou technologique. Pourquoi ne pourraient-ils pas rentrer en première année de bac pro 2 ans, à partir d'une analyse de leur parcours et d'un test de positionnement? Une expérience sera tentée dans un lycée à la rentrée prochaine.

Cela n'est pas sans conséquence sur l'offre de formation, ni sur la gestion des personnels. À terme, si nous développions encore les bac pro en 3 ans, on pourrait arriver à une réduction préoccupante des BEP. Cela n'est pas sans rapport avec la réforme des bacs technologiques: réforme des SMS (sciences médico-sociales) en STSS (sciences et technologies de la santé et du social), puis réforme des STT (sciences et techniques tertiaires) en STG (sciences et technologies de la gestion), dans lesquels on conceptualise beaucoup plus. Et bientôt, réforme des Sciences et techniques industrielles (13 spécialités) en Sciences et techniques de l'ingénieur (6 spécialités) avec un resserrement des filières, dont on espère qu'il va permettre une lisibilité plus grande des parcours. L'objectif est de mieux cadrer ceux-ci par rapport aux filières de poursuite d'études dans le supérieur, comme les BTS. On assiste ainsi à une véritable refonte de l'ensemble. Rappelons, enfin, qu'un élève qui obtient un bac pro avec une mention peut s'inscrire en BTS, ce qui favorise l'accès à ce diplôme pour un plus grand nombre d'élèves.

C'est une évolution importante par rapport à l'époque de la création des bac pro, en 1985, avec un objectif de formation professionnelle débouchant sur un emploi. Est-ce que vous avez pu mesurer l'effet de ces nouvelles ambitions de poursuite d'études?

Il faut préciser que la région Île-de-France produit très régulièrement des études concernant les filières, les métiers, les emplois et l'insertion. Grâce à ce travail, nous savons donc exactement où en sont les besoins. Or, dans cette région, particulière puisque c'est aussi la capitale du pays, il y a de moins en moins d'insertion possible au niveau V (BEP), sauf dans quelques secteurs. Certains CAP font encore référence, non seulement dans les métiers de l'artisanat (45000 élèves sortent en France chaque année), mais aussi du bâtiment, de l'hôtellerie et dans les métiers de bouche. Les débouchés, dans notre région, se trouvent a minima au niveau IV. Il faut donc que les élèves poursuivent en bac pro.

Encore plus grave, il y a des formations qui ne débouchent professionnellement sur aucun métier, même au niveau IV; c'est le cas de la filière tertiaire, en particulier pour la comptabilité. Il faut maintenant poursuivre jusqu'au BTS. Or, il y a encore beaucoup d'élèves dans cette filière... De plus, avec la réforme des STG, il sera de plus en plus difficile, pour un élève de BEP, de réussir en première d'adaptation STG. Il va donc aller vers un bac pro qui n'offre plus suffisamment de débouchés. Voilà pourquoi nous sommes amenés à fermer certaines sections tertiaires pour mettre en cohérence les filières avec les débouchés réels. D'où, aussi, notre souci de développer le bac pro 3 ans en comptabilité et en secrétariat. Nous allons même vers le remplacement pur et simple de certaines filières en d'autres plus porteuses, comme la filière Logistique et transport. Cela implique, bien entendu, de former les professeurs à leurs nouvelles fonctions.

Vous exercez donc une fonction importante de régulation. Ce qui amène à vous poser la question du niveau d'adéquation entre vos choix et les attentes des entreprises -dont l'horizon peut être à court ou à moyen terme. Quels sont les outils de dialogue avec leurs représentants pour que les formations professionnelles dispensées par l'Éducation nationale répondent à ces attentes, tout en préservant une mission de service public?

Voilà une question centrale à laquelle je répondrai franchement: nous ne sommes pas "adéquationnistes". Si nous l'étions, nous élaborerions un plan, un programme pluriannuel, ce qui ne correspond pas à la logique de l'école de la République française. En fait, nous privilégions toujours le dialogue avec les familles et leurs enfants. Nous nous efforçons prioritairement d'améliorer l'information et le conseil pour qu'ils ne s'engagent pas dans des im-passes. C'est tout le travail qui est fait par le SAIO (service académique d'information et d'orientation), les inspecteurs et les conseillers d'orientation- psychologues. Bien évidemment, nous ne proposons que des formations à des métiers qui existent sur le marché du travail de notre région. Mais nous ne répondons pas immédiatement aux besoins de l'emploi; sinon, par exemple, à la rentrée prochaine, en fonction de la conjoncture, nous fermerions tout le reste pour n'ouvrir que des formations aux métiers du bâtiment, ou, l'année suivante, aux métiers de l'hôtellerie-restauration. En revanche, nous sommes parfaitement adéquationnistes dans les diplômes. Ceux-ci fonctionnent très bien et nous sommes tout à fait en mesure, lors d'un bilan de compétences dans le cadre de la VAE (validation des acquis de l'expérience), de positionner un travailleur par rapport à un diplôme.

On pourrait prendre le problème à l'envers: prenons l'exemple de la filière Structures métalliques, pour laquelle nous savons qu'il y a beaucoup de débouchés. Or, nous ne parvenons pas à remplir nos sections. Avec l'effet surajouté de la baisse démographique, nous devrions réduire les formations là où il y a trop peu d'élèves, pour des raisons de bonne gestion. Eh bien, l'une de mes tâches consiste justement à maintenir ces sections parce qu'elles sont porteuses d'emploi. À nous de pousser davantage d'élèves à s'y engager. Parallèlement, je cherche à établir des cohérences et des équilibres entre les lycées et les CFA dans ce domaine de formation.

La responsabilité de l'Éducation nationale est donc de définir l'offre de formation, en concertation avec la Région. Quel type de dialogue entretenez-vous, dans ce cadre, avec les entreprises? Construisez-vous un schéma prévisionnel des formations? Qui sont les interlocuteurs pertinents? La CGPME (confédération générale des petites et moyennes entreprises), le MEDEF?

En fait, chaque proviseur propose à son recteur une évolution de l'offre de formation dans son lycée. On lui demande, bien entendu, de travailler efficacement avec ses équipes, mais aussi d'avoir une connaissance locale du terrain, dans le cadre de ce que nous appelons son bassin de formation (et non le bassin d'emploi qui est la région Île-de-France). Les proviseurs d'un même bassin construisent ensemble la cohérence de leur offre. L'académie met à leur disposition des ressources: documents, contacts avec les branches professionnelles, mais aussi avec les corps d'inspection qui peuvent travailler avec eux. Nous disposons aussi de quatre ingénieurs pour l'école, représentant des grosses entreprises comme Air France, EADS, Schneider Electrics, Gaz de France, etc., détachés de celles-ci à l'Éducation nationale pour assurer la relation entre le monde économique, les entreprises et l'École.

Dans le même temps, nous, c'est-à-dire la secrétaire générale adjointe, la CSAIO (chef du service académique d'information et d'orientation) et moi-même, participons à l'élaboration du schéma régional des formations avec les deux autres académies, pour en tracer les grands axes à partir des indications que nous fournit la région. En fait, ils utilisent tous les indicateurs fournis au plan national pour les décliner à l'échelle de notre région, donc nous disposons des informations nécessaires en temps réel.

Ainsi, il va y avoir un appel à projets État/ Région, c'est-à-dire que le président du conseil régional va remettre un document qui annonce les grands axes sur lesquels il convient de s'engager. Ce document, qui est un document d'orientation politique, sera envoyé à chaque proviseur, puis chaque recteur va décliner l'appel à projet de son académie: par exemple, en Seine-et-Marne, peut-être faudrait-il réfléchir sur... ou supprimer... On va parfois jusqu'à des infléchissements par bassin. Les proviseurs doivent ensuite nous répondre avec leurs propositions. Nous engageons déjà la rentrée 2008. En même temps, nous leur demandons un bilan prospectif pour les rentrées 2009, 2010 et 2011. Puis, au mois de juin, nous allons travailler sur cette offre pour quatre ans, en consultant les inspecteurs correspondants d'établissements ou de spécialités. À la rentrée, nous opérons un retour sur les projets d'établissements, à travers des avis favorables, défavorables ou prématurés.

Voilà comment s'élabore l'offre. Nous envoyons cela à la Région, qui commence à l'étudier par rapport à son budget, en termes d'équipements, de constructions de bâtiments, de rénovations. Pendant ce temps, nous commençons à travailler sur le budget prévisionnel (un peu plus de 64 millions d'euros pour la formation initiale dans les lycées).

Revenons à la question du dialogue avec le monde du travail, à travers ses représentants. Qui intervient, vous ou plutôt la Région, ou les deux conjointement?

J'imagine que la Région a des contacts avec les branches professionnelles. En ce qui nous concerne, nous sommes en relations constantes avec celles-ci, mais nous essayons de systématiser les accords, les conventions. Ainsi, dans cette académie, l'un des enjeux importants est la mise en stage des élèves. Pour vous donner un ordre d'idées, nous devons organiser un peu plus de deux millions de journées de stage par an, du CAP au BTS. C'est vous dire l'étroitesse des liens avec les entreprises qui assurent la responsabilité des stagiaires et leur évaluation.

Au-delà, les entreprises, ou bien les organismes consulaires, nous sollicitent directement; ainsi, nous sommes en train de rédiger une convention avec la Chambre de commerce et d'industrie de Seine-et-Marne, avec la Chambre de commerce de Paris, nous avons un travail de partenariat très étroit avec le BTP 77, mais aussi avec l'Armée de terre, la Marine nationale, la Police, la RATP, Accor ou bien Eiffage construction. Dans ce type de contrat, chacun apporte quelque chose, et j'insiste de plus en plus pour que les entreprises participent au dispositif de découverte des milieux professionnels (6 heures en collège), pour qu'elles y présentent les métiers et pour qu'elles autorisent des classes sur leurs sites avec les professeurs.

Pour poursuivre sur l'apprentissage, vous nous avez parlé de la création d'un CFA académique. Pouvez-vous nous en dire plus?

Commençons par le concept de la formation sous statut d'apprenti. Il y a visiblement un consensus politique sur ce sujet. Ainsi, le ministre de la Cohésion sociale a dit qu'il souhaitait développer l'apprentissage dans ce pays pour porter à 500000 le nombre d'apprentis en France, et le ministre de l'Éducation nationale qu'il souhaitait voir doubler le nombre d'apprentis dans les EPLE. Dans le même temps, le président de la région Île-de-France souhaite que l'on monte de 60000 à 100000 le nombre des apprentis. Nous avions trois CFA publics (c'est-à-dire dont le pilotage est assuré par le proviseur ou le principal de l'établissement). Si nous voulions développer cette formule et notamment dans les 38 lycées des métiers, il nous fallait une structure spécifique, ce qui nous a conduits à ouvrir, en septembre 2006, après des négociations avec la Région, un CFA académique, géré par un GIP (groupement d'intérêt public) que préside notre recteur. Ce dispositif n'existe que dans notre académie et celle de Lyon. La directrice du CFA est chargée de développer l'apprentissage sous forme d'UFA (unité de formation d'apprentis) dans les EPLE. Le principe étant qu'il n'entre pas en concurrence avec les CFA de branches de métier, soit parce qu'il n'existe pas de branches professionnelles, par exemple les métiers de la santé (auxiliaires de puériculture ou aides-soignantes) et certains BTS, soit pour ré-pondre à certaines entreprises qui sont venues nous solliciter, comme Loréal, Danone ou Gaz de France. Nous avions 200 apprentis, en janvier 2007, que nous souhaitons porter à 400 ou 500 pour la rentrée prochaine. Par ailleurs, notre académie accueille déjà 60 CFA de branches de métier.

Il semble que les élèves de milieu social défavorisé, ou les élèves en difficultés scolaires et leurs familles, ont une image négative de l'enseignement professionnel, voire de l'enseignement technique. Il semble aussi que les professeurs de collège, et particulièrement les professeurs principaux qui jouent un rôle important dans l'orientation, ont une connaissance insuffisante de ces voies. Quelles sont vos initiatives pour promouvoir cette image de l'enseignement professionnel et technique et valoriser les réussites de ces secteurs?

Les élèves qui sortent de 3e et s'engagent dans la voie professionnelle, soit 15000 élèves à chaque rentrée, le font le plus souvent par défaut, parce qu'un conseil de classe a jugé en conscience qu'ils ne suivraient pas avec profit un enseignement général ou technologique. On leur demande alors quel est leur projet professionnel mais l'on sait combien c'est difficile de le définir à cet âge. C'est pourquoi nous constatons tant de décrochages à la fin de la première année de BEP. Nous travaillons avec les inspecteurs et les conseillers d'orientation pour qu'ils disposent de tous les outils et, au-delà, de notre appréhension des voies professionnelles. D'autre part, des initiatives intéressantes sont prises pour améliorer l'information sur les différentes voies professionnelles et la présentation de certaines filières; ainsi, un collègue inspecteur a construit avec les élèves et les professeurs un stand démontable sur la filière Structures métalliques, très bien fait, qui circule dans les collèges. On y découvre que le pont de Millau est une production issue de la filière Structures métalliques, et on véhicule ainsi des images modernes et valorisantes sur les métiers industriels.

Nous disposons aussi d'un Bureau académique du partenariat École-entreprise, le BAPEE, présidé par le DAET et animé par un ingénieur pour l'école, qui regroupe des inspecteurs, des proviseurs, des représentants du monde économique, le MEDEF, les trois associations départementales, Jeunesse entreprise, etc. Cette année, nous avons pris la décision de réunir régulièrement le bureau sur un thème ou une filière donnée: les structures métalliques, l'imprimerie, les métiers de l'hygiène et la propreté...

Ensuite, il y a des opérations phares: par exemple, en collaboration avec la DAAC et le CRDP, l'opération ArtExpro, qui va ouvrir sa 5e édition en 2008. Il s'agit de présenter, lors d'une journée exceptionnelle, les productions artistiques d'élèves de lycée professionnel qui, dans le cadre de classes à PAC ou de PPCP, ont réalisé ces travaux, souvent en partenariat avec des artistes ou des structures culturelles.

Parlons aussi de l'expérience d'enseignement de la philosophie, par des professeurs volontaires de la discipline, en classe de terminale de bac pro. Ce n'était pas du café philo! L'inspecteur de philosophie a construit un programme adapté et cet enseignement était obligatoire. Cette offre a rencontré un succès certain auprès des élèves qui ont suivi ces cours avec assiduité. Il semble qu'ils appréciaient pleinement la valeur de ce "cadeau". Bien sûr, c'était exceptionnel, expérimental, avec des professeurs motivés et pour quelques lycées volontaires...

Argos, n°42, page 36 (06/2007)
Argos - L'enseignement technique et professionnel à l'échelle d'une académie