Littératures

Esclaves et négriers

Mémoire de la traite négrière

Michel Peltier

L'institution éducative demande d'accorder, à juste titre, une place privilégiée aux réflexions sur la mémoire qui participe à la formation d'esprits éclairés et de citoyens responsables, tolérants et ouverts à autrui.

L'esclavage : un crime contre l'humanité

La journée du 10 mai a été choisie pour honorer le souvenir de la traite des esclaves et commémorer l'abolition de l'esclavage. En 4e et en 1re, les programmes offrent la possibilité d'enseigner aux élèves de solides connaissances sur la traite négrière, l'esclavage et les révoltes qui ont précédé son abolition définitive. Ce thème est également présent dans les programmes pour l'école primaire. Une entrée transversale par la lecture d'oeuvres de fiction peut se révéler tout à fait judicieuse.

Lire en réseau

Il faut proposer de lire les oeuvres présentées ci-dessous, débattre à leur sujet, organiser des séances de recherche et d'écriture afin d'aider à prendre position sur le caractère intolérable de l'esclavage, page honteuse et tragique de notre Histoire, et ainsi réfléchir sur nos valeurs républicaines : la Liberté, la Fraternité et l'Égalité.

L'histoire des peuples se construit aussi avec de la violence, des scandales et des erreurs. Lumières et ombres de cette histoire qui concerne l'humanité toute entière. "Sur tous les continents, la mémoire est nécessaire pour construire l'avenir. On n'a jamais rien bâti sur l'oubli et le silence." (Joseph N'Diaye, conservateur de la maison des esclaves à Gorée, in Il fut un jour à Gorée Michel Lafont éditeur, 2006).

L'universalité du principe de liberté

Le XVe siècle voit l'avènement d'une pratique barbare qui perdurera pourtant plusieurs siècles : le commerce triangulaire. Les Européens, soucieux de se procurer à peu de frais de la main-d'oeuvre pour travailler aux colonies, mettent en place un trafic humain. Les riches propriétaires terriens ont en effet besoin de bras pour cultiver leurs champs, les "indigènes" ayant été presque tous massacrés. Des navires partent donc en Afrique à la recherche d'esclaves qu'ils achètent aux rois indigènes contre quelque verroterie et les conduisent en Amérique. Les esclaves ayant résisté à la terrible traversée sont alors vendus dès leur arrivée au port. Quinze à vingt millions d'hommes, de femmes et d'enfants seront déportés en quatre siècles dans des conditions atroces par les négriers. Cette main-d'oeuvre va faire prospérer les plantations. Le 27 avril 1848, sous l'autorité de Victor Schoelcher (dont le nom pourrait être plus présent pour dénommer les écoles de France), la République proclame l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies et possessions françaises.

L'abolition ne fut pas le fait des seuls abolitionnistes, le démantèlement de cette organisation fut d'abord le fait des esclaves eux-mêmes. La littérature de jeunesse rend hommage à ces hommes et femmes déportés, résistant comme ils le pouvaient.

Les romans historiques : un substitut d'expérience

La mémoire s'enseigne. Les causes, mêmes les plus justes, ne triomphent pas sans luttes et les acquis, en matière de droits de l'homme, sont fragiles. Les romans historiques pour la jeunesse témoignent ou aident à comprendre. Qu'est-ce qu'un roman historique ? Le roman historique est une évocation du passé, à travers une fiction dont la qualité de l'écriture et de l'invention contribue au plaisir de lire. Le "vrai" historique, comme le "vrai" scientifique, est en continuelle mutation. Le romancier, lui, s'appuie sur les découvertes des historiens, il est plus proche du vraisemblable.

Les romans historiques apportent des connaissances, des émotions, du plaisir, et leur lecture peut conduire les jeunes lecteurs vers des recherches dans d'autres types de documents. Un roman recrée une ambiance et procède par petites touches, à travers des détails sur les habitudes ou l'architecture, et non à travers des concepts plus généraux, comme dans un documentaire. De plus, les enfants peuvent s'identifier aux héros et entrer ainsi plus facilement dans ces notions historiques.

À la façon des fables et des paraboles, qui proposent un récit-détour pour illustrer et mettre en relief une morale, donc agir sur l'esprit de l'auditoire, le récit historique propose un détour dans le passé.

Lire des romans historiques en classe sur ce sujet

L'ensemble de ces récits tente de raconter, avec émotion, l'expression de la souffrance infligée à des personnes. Ces histoires, terrifiantes et d'une grande sensibilité, permettent d'approcher ainsi l'une des fonctions essentielles de la littérature, la tentative désespérée de faire se comprendre, et donc s'accepter, des êtres humains libres, égaux et fraternels.

L'esclavage en Afrique

L'esclavage était (et est encore, hélas, comme en Afrique), une pratique presque ordinaire. Le récit de Patricia C. Mc Kissack, raconte la vie d'une jeune princesse africaine. L'auteure fait découvrir à ses lecteurs la vie en Afrique noire, colonisée par les Portugais (l'actuel Angola) au XVIe siècle, bouleversée par l'esclavage et la christianisation (lire aussi, dans la sélection ci-après, les livres référencés n° 29, 18, 35, 40, 42 et 43).

La violence des rafles

Quel que soit leur âge ou leur sexe, des hommes surviennent et raflent avec violence les Africains pour les emmener loin, vers la mer. C'est le début de leur calvaire.

Les manuels d'Histoire ou les documentaires proposent des images fortes de ces hommes et femmes, enchaînés les uns aux autres et emmenés de force vers leur destin en une longue chaîne inhumaine (lire aussi les livres 1, 8, 10, 16, 19, 20, 26, 27, 28, 29, 40, 42 et 43).

L'horreur de l'embarquement

Les négriers avaient installé des esclaveries, en certains points des côtes. Une maison des esclaves subsiste à Gorée, située sur une île en face de Dakar, au Sénégal. Le site http://webworld.unesco.org/ goree/fr propose une visite virtuelle de "La Maison des esclaves" sur l'île de Gorée. Des milliers d'esclaves sont passés par cette porte pour embarquer sur les bateaux partant vers les Amériques. Plusieurs romans situent un fragment de leur récit à ce passage symbolique sous la porte du "voyage sans retour" qui leur fait quitter l'Afrique vers l'inconnu.

Il serait opportun de chercher comment les auteurs ont mis en scène ce passage. (1, 10, 1, 25, 40, 42, 43 et 44).

Voyage

On transportait ces hommes comme des marchandises. L'objectif de la traite : fournir une main-d'oeuvre gratuite aux nouvelles colonies d'Amérique pour produire des denrées tropicales dont raffolent les élites européennes : indigo, tabac, café, coton et surtout sucre. Les navires appareillaient pour l'Afrique où ils chargeaient leur cargaison de "bois d'ébène". Les esclaves étaient ensuite vendus dans les îles de l'Atlantique ou de l'océan Indien à des propriétaires de plantations. Une traversée de plusieurs mois dans des conditions épouvantables. Un à deux millions de Noirs "traversés" sont morts pendant la durée de la traite. (lire 1, 10, 16, 19, 25, 27, 30, 40, 42, 43 et 44).

Le marché aux esclaves

L'arrivée au port ne les délivrait pas de l'horreur. Les esclaves étaient dans un premier temps "remis en forme" afin d'être vendus le plus cher possible (donc rien d'humanitaire dans cette pratique). Puis jugés, étalonnés et vendus comme de vulgaires bêtes, les familles séparées. Leur destination : la plantation pour y travailler dans les champs pour les plus forts physiquement, et dans la maison du maître pour les moins robustes. C'est l'histoire véridique de Clotee, dans Je suis une esclave, qui passe une partie de la journée à éventer sa jeune maîtresse pendant ses cours avec un précepteur mais qui, en même temps, apprit ainsi à lire. (1, 8, 10, 12, 13, 16, 19, 20, 22, 27, 28, 40 et 42).

Dans la plantation

La plupart des plantes tropicales exigent un travail considérable. Sucre, café, coton, riz, tabac demandent une main-d'oeuvre abondante. Dans les colonies, le propriétaire de la plantation était le seul maître de son domaine, ce qui laissait le champ libre aux abus de toute nature : or, le nombre des esclaves représentait parfois 80 % de la population locale. Betty Coton est le récit le plus violent. (1, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 13, 14, 19, 22, 23, 27, 28, 32, 41, 42 et 43).

La double origine de l'abolitionnisme

Entre 1775 (État du Vermont) et 1888 (Brésil), les abolitions de la traite négrière et de l'esclavage se succéderont de manière discontinue. Les idées prônant l'abolitionnisme avaient pour origine, en France, celles des Lumières, et, pour les Anglo-Saxons, celles liées à la religion et au besoin économique. Attachée aux principes de la Déclaration des droits de l'homme mais sensible aux pressions des planteurs et des villes maritimes négrières, la Constituante ne se prononce pas au sujet de l'esclavage. C'est sous la pression des insurrections d'esclaves et devant la menace d'invasion des colonies par les Anglais et les Espagnols que les commissaires envoyés à Saint-Domingue décrètent, de leur propre autorité, l'esclavage aboli en 1793, créant ainsi un fait accompli que la Convention étend à toutes les autres colonies. Bonaparte rétablit, en 1799 (loi du 30 floréal an X), les lois et régalements antérieurs à 1789. À une exception : Saint-Domingue, malgré la déportation de Toussaint Louverture.

L'indépendance proclamée en 1804, la république d'Haïti sera une espérance pour tous les esclaves des Caraïbes.

Supprimer la traite

En 1807, la Grande-Bretagne fait voter la suppression du commerce de "bois d'ébène". Les navires négriers deviennent plus petits et rapides pour échapper à la flotte anglaise (lire Deux graines de cacao). Une hausse considérable du prix des esclaves dont la cargaison humaine est parfois jetée par-dessus bord pour échapper à la justice. Aux États-Unis, certaines plantations se lancent, pour contrer ce tarissement, dans "l'élevage d'hommes".

En 1831, la couronne britannique commence à affranchir des esclaves de ses domaines. En France, la crise révolutionnaire de février 1848 nomme Victor Schoelcher à la tête d'une commission pour l'abolition.

Résistances

Les "marrons" (esclaves en fuite) sont des grandes figures qui se sont battues pour la liberté et qui sont aussi importants que les révolutionnaires français. Une multitude d'insurrections, de révoltes préméditées ou spontanées minèrent le système. La conquête de la liberté fut avant tout un long processus. (1, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 40, 41, 42 et 44).

Nord contre Sud

Le Nord s'industrialisait et manquait de main-d'oeuvre, les immigrants blancs demandaient des salaires élevés. Le Sud, région agricole, tirait sa richesse de l'exploitation des esclaves. Vers 1830, les anti-esclavagistes militèrent pour abolir l'esclavage dans tous les États et aidèrent les évasions : chemin de fer souterrain, maquis, etc.

En 1852, La Case de l'oncle Tom évoquait le périlleux fonctionnement de ce réseau clandestin. La guerre de Sécession provoqua, en 1865, la fin du système esclavagiste. (1, 2, 3, 5 , 6, 7, 17, 41 et 45).

Hélas, l'histoire n'est pas terminée... Les médias témoignent, de nos jours, de travaux forcés et de nouvelles et actuelles servitudes. La liberté est une éternelle reconquête...

Les livres

  • Les auteurs racontent avec émotion les conditions atroces de ces esclaves, maltraités et humiliés, vendus par des négriers. Ces romans sont réalistes et cruels, ils sont un hymne à la liberté en racontant une page honteuse et tragique de notre Histoire.
  • Deux extraits parmi d'autres à mettre en réseau

    Deux graines de cacao

    Évelyne Brisou-Pelen

    "La porte du non-retour. C'est comme ça que tout le monde l'appelle ici. Un trou clair, aveuglant, pour les yeux des esclaves qui sortent de l'ombre.
    Une ouverture froide dans le mur épais qui s'ouvre sur l'immensité vide.
    Cette porte, certains la passent en pleurant, d'autres en gémissant, d'autres encore en silence, certains en fermant les yeux, ou en poussant des hurlements de bête prise au piège.
    Une femme la franchit en chantant, le regard égaré. Des enfants qui n'ont pas de fers aux pieds sautent le pas légèrement, comme s'il s'agissait d'un jeu.
    Quand vient le tour de Badi, elle se retourne et quitte son Afrique à reculons.
    Elle veut voir sa vie basculer. Elle veut voir se déchirer le cordon ombilical qui la relie à sa terre. Elle veut, jusqu'au dernier instant, prendre son pays dans ses yeux, dans sa tête et l'emporter avec elle.
    Les gardes s'impatientent. Ils en ont assez de toutes ces comédies, c'est beaucoup trop long.
    "Plus vite, plus vite !", ne cessent-ils de crier, en poussant les nègres rudement vers les canots qui doivent les mener au bateau..."

    Betty Coton

    Corinne Albaut, Actes Sud junior, 2005.

    "Un prisonnier parut dans la lumière. Empêtré dans ses chaînes, il ne pouvait avancer les pieds que lentement, et un garde vociférant le menaçait de son fouet à clous pour l'obliger à s'engager sur le ponton. De son cou partait une corde qui l'attachait à l'homme qui suivait. Des lamentations s'élevèrent, auxquelles répondirent aussitôt des coups et, peu à peu, la porte dégorgea au soleil sa longue file de captifs.
    À ce moment-là, des cris violents éclatèrent sur le ponton et, en même temps, on entendit des bruits d'éclaboussures et des hurlements :
    "Empêchez-les ! Empêchez-les !"
    Une femme venait de se jeter à l'eau, et voilà que deux hommes se précipitaient à sa suite !

  • Betty Coton, Corinne Albaut, Actes Sud junior, 2005.
    L'auteur raconte la vie de Badi, jeune esclave. Rien n'est épargné au lecteur, la peine, la violence, l'agression sexuelle et l'absence de happy end. Et pourtant, les adolescents doivent lire ce petit livre qui raconte la tragédie d'une jeune Africaine, arrachée à sa terre et à sa famille par des négriers. Déportée dans une plantation de coton en Louisiane, on lui change son nom. Devenue Betty Coton, elle doit se soumettre aux volontés et à la cruauté du fils du maître. Elle tente de fuir mais est rattrapée. Elle restera sur la plantation et ne reverra plus son mari ni son enfant. Devenue vieille et libre après la guerre de Sécession, elle se rendra à la Nouvelle -Orléans et, en entendant une chanson, retrouvera la trace des siens.
  • Je suis une esclave, Patricia C. McKissack, "Mon Histoire", Gallimard Jeunesse, 2005.
    Journal intime d'une jeune esclave africaine, en Virginie, en 1859, sur une plantation de coton. Elle travaille à la maison du maître. La vie est dure. Elle a un secret : elle a appris à lire et écrire en éventant le jeune maître pendant ses leçons, et elle tient un journal intime. Le précepteur arrive, s'en rend compte mais ne dit rien. Une relation de complicité s'instaure entre eux. L'homme est un abolitionniste qui organise un réseau d'évasion. Refusant de partir, elle va contribuer à sauver des esclaves en fuite. L'auteur restitue ici la parole d'une petite fille, qui écrit d'abord de manière quasi phonétique, puis progresse peu à peu dans son apprentissage du vocabulaire et de l'orthographe.
  • Les Héros de la liberté, Giorda, "Je Bouquine", Bayard, 1987.
    Au XIXe siècle, aux États-Unis, pendant la guerre de Sécession qui opposa les sudistes, favorables à l'esclavage des Noirs, aux nordistes anti-esclavagistes. Les héros sont, bien sûr, du côté des nordistes.
  • Coeur noir, Joyce Pool, Flamma-rion, 2005.
    1863. Au Surinam, les esclaves sont au service des riches propriétaires hollandais. Les Français menacent d'envahir le pays et de devenir les nouveaux colonisateurs. Map et sa famille sont en danger. Lorsque son domaine est attaqué, la jeune fille doit fuir. Kwasi, jeune esclave de son père, lui sauve la vie et l'emmène loin, dans un village au coeur de la forêt. Map découvre la vie de ces hommes opprimés par leurs maîtres. Elle entend pour la première fois le son de la violence et le cri de leur révolte.
  • Mon cheval, ma liberté, Metran-tropo, "Castor Poche", Flammarion, 2001.
    La guerre fait rage dans l'État du Mississipi. Dans la plantation des Porter, Amidou, jeune esclave, est chargé des chevaux. Il est le seul à avoir pu apprivoiser Stormy, un magnifique étalon. Damon, le fils du maître, ne le supporte pas et menace la vie d'Amidou et du cheval. Choisis-sant de fuir avec son cheval, Amidou conquiert sa liberté.
  • Le Passage secret, Janet Lunn, "Castor Poche", Flammarion, 1999.
    Grâce à la magie d'un vieux cellier, Rose se retrouve un siècle plus tôt, en juin 1862. La ferme appartient alors aux Morrissay et la jeune fille fait alors la connaissance de deux enfants de son âge...
    Un superbe voyage initiatique dans le passé, à l'époque de la fin de la guerre de Sécession.
  • Les Chemins secrets de la liberté, Barbara Smucker, "Castor Poche", Flammarion, 2002.
    Vers 1860, deux jeunes esclaves noires s'évadent d'une plantation du Mississippi. Elles entreprennent une longue et périlleuse marche vers le Canada, terre de liberté. Aidées par un réseau clandestin, elles échappent aux débusqueurs qui les talonnent. Bien documenté, cet ouvrage fait découvrir avec émotion ce qu'était la condition des esclaves et le grand courant abolitionniste.
  • Moi, Angelica, esclave, S. O'Dell, "Castor Poche", 1999.
    Angelica et son fiancé sont vendus comme esclaves à une plantation de l'île Saint John aux Antilles, en 1733. Ils se joignent à un groupe de fugitifs et fomentent une révolte.
  • En haut, la liberté, Daniel Vaxelaire, "Castor Poche Junior", Flammarion, 1999.
    Un maître de domaine impose ses lois cruelles aux esclaves qu'il possède. Petit Jacques et son frère ne supportent plus les brimades, le travail harassant, l'absence de liberté. Ils décident de fuir pour trouver un lieu tranquille sur l'île de la Réunion.
  • Sur les traces des esclaves, Marie-Thérèse Davidson, "Sur les traces des...", Gallimard, 2004.
    Sur trois générations, la destinée de deux familles d'esclaves, de la capture en Afrique à la proclamation de l'abolition en 1848. Après une dramatique traversée de l'Atlantique, deux frères découvrent le monde cruel de l'esclavage et les terribles conditions de vie dans les plantations de cannes à sucre. Séparés, ils réussissent à survivre à toutes les violences et même à fonder une famille. Si l'un, résigné, finit par accepter sa condition, l'autre, qui a eu la chance d'apprendre à lire et qui a connu la grande ville, reste toute sa vie révolté par son sort. Il mourra lors de rébellions pour l'abolition mais ses enfants connaîtront la liberté...
  • Quinze aventures historiques, Gauthier-Languereau, 1996.
    Une nouvelle correspondant au thème traité : vengeance pour le Sud.
  • Une nièce de l'oncle Tom, Betsy Haynes, "Livre de Poche Junior", Hachette Jeunesse, 2005.
    1861. Coucou, esclave de treize ans, est vendue à un riche propriétaire et devient bonne d'enfants. Mais elle se sent née pour être libre et rejoint ses frères dans le combat pour la dignité et la liberté.
  • La Case de l'oncle Tom, Harriet Beecher-Stowe, dans de multiples version dont "Folio junior édition spéciale", Gallimard Jeunesse, 2005, et "Livre de Poche Jeunesse", Hachette, 2005.
    Ce livre fut publié dans un premier temps sous forme de feuilleton et obtint immédiatement un énorme succès. Au XIXe siècle, dans le Kentucky, État sudiste, Mr Selby, riche planteur, et son épouse, traitent leurs esclaves avec bonté. À la suite de soucis d'argent, le couple est contraint de se séparer de l'oncle Tom, leur esclave le plus dévoué, et d'un jeune garçon, Henri. À travers l'histoire du vieil oncle Tom, esclave noir passé des mains de maîtres bienveillants à celles d'une brute sans pitié, c'est un vigoureux réquisitoire contre l'esclavage, écrit dix ans avant la guerre de Sécession, que dresse l'auteur.
  • Deux graines de cacao, Évelyne Brisou-Pellen, "Livre de Poche Jeunesse", Hachette, 2004.
    En 1819, Julien découvre qu'il est un enfant adopté. Il fuit son pensionnat, sa famille et la Bretagne où il a toujours vécu, pour partir en quête de ses origines. Il est embarqué, sans le savoir, sur un négrier en partance pour Haïti où son prétendu grand-père dirigeait une plantation de cacao. Il découvre alors la violence et la cruauté d'un monde dont le cocon familial s'était efforcé de le protéger. Ce roman est sélectionné dans la liste du MEN.
  • Fiche de travail : Deux graines de cacao

    Focaliser l'attention des élèves sur les personnages.

    Demander de les décrire : faire remarquer les chaînes portées par certains autour du cou. La situation est étonnante et se prête à de nombreuses hypothèses, laisser les élèves les émettre.

    Collecter les hypothèses (sur une grande affiche en papier par exemple) pour plus tard, mais sans en donner la solution. Le sourire des esclaves restera cependant à ce stade sans réponse (les négriers avaient l'habitude d'embarquer des musiciens ou des chanteurs sur leur bateau afin de distraire les esclaves et réduire ainsi les risques de révolte : Julien a été embarqué sur ce négrier pour l'unique raison qu'il savait jouer du violon !).

    L'arrière-plan (leur donner cette expression s'ils ne la connaissent pas) donne la solution. Explorer avec eux les détails qui permettent d'affirmer où se situe cette scène : sur un bateau à voiles (cf. les cordages situés à l'arrière plan).

  • Esclaves en fuite, Katherine Ayres, "Livre de Poche Jeunesse", Hachette, 2002.
    L'État d'Ohio, au milieu du XIXesiècle, était un lieu de passage des esclaves en fuite vers le Canada, terre de liberté. Des familles de Blancs se mobilisaient pour les cacher, au risque de leur propre vie. Le journal de Lucy - du 1er janvier au 7 mars 1851 - raconte cette réalité.
  • Le Voyage du négrier, P. Fox, "Bibliothèque verte", Hachette Jeu-nesse, 1992.
    1840. La douloureuse expérience d'un petit joueur de flûte, embarqué sur un négrier en route vers la Nouvelle-Orléans.
  • Sang contre sang, James et Christopher Collier, "Livre de Poche Senior ", Hachette, 1995.
    Un jeune sudiste est fait prisonnier par un jeune Noir de l'armée nordiste. Tout les sépare, le camp et la couleur. Une amitié naîtra entre eux.
    Pour ados.
  • Nzingha, princesse africaine, Patricia C. Mc Kissack, "Mon histoire", Gallimard Jeunesse, 2006.
    1595-1596. Nzingha a treize ans. Elle est la fille du chef des Mbundus, une tribu africaine colonisée par les Por-tugais. Selon la coutume, c'est son frère qui doit régner, mais la jeune fille va tout faire pour démontrer qu'elle saurait succéder à son père et libérer son peuple.Une héroïne forte et indépendante qui deviendra une figure légendaire en Afrique.
  • Esclave !, Pascale Maret, Milan poche, 2003.
    Ana est vendue comme esclave sur le marché de Caracas, au Venezuela. Elle échoue dans une riche famille de planteurs et travaille à la lingerie. Peu à peu, sa vie s'améliore : elle partage les jeux des enfants du maître, et Antoine, le précepteur, la prend même en affection et lui apprend à lire. À la suite d'un accident, elle est condamnée à travailler dans les champs. Elle prendra la fuite pour une communauté d'esclaves évadés puis gagnera Saint-Domingue, où les révolutionnaires français viennent d'abolir l'esclavage.
  • Samba, enlevé par des négriers, BTJ, n° 332, Pemf, 1990.
    Cette BTJ raconte l'histoire de Samba, enfant vivant au bord du fleuve Sénégal au XVIIe siècle. Il est enlevé par des négriers qui le vendent comme esclave, après une traversée effroyable de l'Atlantique.
  • Amistad, J. A. Barnes, "Pocket junior", 1999.
    1839 : une mutinerie éclate à bord de l'Amistad, un bateau espagnol transportant des Africains arrachés à leur terre natale. Capturés par la marine américaine, ces hommes sont accusés de meurtre et risquent d'être condamnés à mort. Nul ne comprend leur langue, comment vont-ils se dé-fendre, retrouver la liberté et rentrer chez eux ? Une histoire vraie et un procès historique qui deviendra celui de l'esclavage.
  • Les Enfants de la colline sacrée, Monique Agenor, Syros, 2005.
    Lors d'une fête dans un village de Madagascar, une tribu ennemie fait irruption et capture hommes, femmes et enfants pour les vendre comme esclaves. Nora et Sahi se retrouve ainsi sur l'île de la Réunion. Ils vont travailler dans les champs de canne à sucre ou s'occuper des enfants de la maîtresse des lieux. Les esclaves commencent à se rebeller...
  • Les Révoltés de Saint-Domingue, Bertrand Solet, "Castor Poche", Flammarion, 1994, 282 pages.
    Alors qu'en France, la Révolution a aboli les privilèges, rien ne change sur l'île d'Haïti. Les riches planteurs font travailler durement les esclaves. Mango rejoint les révoltés, menés par Toussaint Louverture.
  • Jack Holborn, L. Garfield, "Livre de Poche Jeunesse", Hachette, 1984.
    Une histoire de corsaires et de marchands d'esclaves.
  • Chasseurs d'esclaves, Bertrand Solet, Hachette, 2001, "Castor Poche", Flammarion , 2005 (Messidor 1976).
    Des chasseurs d'esclaves viennent enlever des hommes et les emmènent travailler dans leur pays. Ouma, de retour de la chasse, découvre son village décimé. Il décide de sauver les siens et part à leur recherche. Il est lui aussi fait prisonnier.Rafles, voyage d'Europe en Afrique, passage par Cadix. Certains chefs africains ne valent pas mieux que certains Blancs.
  • Les Enfants du négrier, Mary Frances Hendry, "Milan poche histoire", Milan, 2004.
    Angleterre, fin du XVIIIe siècle. Juliet, fille d'armateur, refuse son destin de la bourgeoisie de l'époque et embarque pour l'Afrique sur le bateau de son père. Elle va être confrontée à la réalité de l'esclavage.
  • Le Prince esclave, Olaudah Equiano et Ann Cameron, "Cascade", éditions Rageot.
    Le récit véridique d'un prince africain, kidnappé à l'âge de 11 ans et vendu comme esclave, qui sortit de sa condition et gagna sa liberté en apprenant à lire et à écrire.
  • Le Royaume volé, James Berry, "Page blanche", Gallimard, 1999.
    En 1808, de nouvelles lois devaient mettre fin au trafic d'esclaves. Deux jeunes fiancés sont enlevés et déportés vers la Jamaïque où ils sont vendus à deux planteurs différents.
  • L'Enfer noir, Luce Fillol, "Castor Poche junior", Flammarion, 1999.
    Sur la côte du Sénégal, le nouveau chef du village est prêt à tout pour s'enrichir.
  • Tamango (Le vase étrusque, suivi de...), Prosper Mérimée, "Folio junior", Gallimard, 2006.
    Le chef Tamango marchande les hommes comme du bétail. Il les échange contre des objets de peu de valeur. À son tour, il fera partie de la cargaison...
  • Toussaint Louverture, fils noir de la Révolution française, Pierre Pluchon, L'École des loisirs, 1989.
    La biographie de Toussaint Louverture, libérateur d'Haïti.
  • Noir mais marron, Yves Man-glou, "Autour du monde", Orphie, 2006. Un excellent roman qui transporte avec émotion le lecteur au XVIIe siècle sur l'île de la Réunion. Il raconte l'horreur du quotidien dans les plantations, puis la vie des Marrons dans les montagnes. Ce livre palpitant, édité chez un petit éditeur de la Réunion, est pourtant disponible partout.
  • Quand les hommes savaient voler, Virginia Hamilton, Le Sorbier, 1997.
  • Un ensemble de petits contes sur l'esclavage, choisis par l'auteur, petite fille d'esclave.
  • L'Esclave qui parlait aux oiseaux, Yves Pinguilly, "Histoire d'histoire", Rue du monde, 1998.
    Un conte à l'écriture poétique pour ne rien oublier du terrible sort fait aux esclaves.
  • La Cité de la mort, Barbe Rouge le pirate, BD, L'intégrale, Tome 8, Charlier et Pellerin Gaty, Dargaud, 1999.
    Les hommes de Barbe Rouge sont accusés, à tort, d'être des négriers ayant enlevé une partie des habitants d'un village d'Afrique. Barbe Rouge va tenter de les délivrer et les ramener.
  • L'Esclave du batteur d'or, Henry de Monfreid, "Castor Poche", Flammarion, 1982.
  • Le Masque de l'esclave, Jimmy Tousseul, Dupuis, BD, 2002.
    Le Masque de l'esclave, il est question d'une légende : le roi d'une tribu décimée a protégé le trésor de sa population par un mystérieux envoûtement. Cette pièce, d'une inestimable valeur archéologique, attise de nombreuses convoitises.
  • Les Esclaves en Amérique du Nord, Le Sorbier, 2004.
    L'auteur décrit tous les moments de l'existence des esclaves. Il précise les circonstances de la mise en place de la traite des Noirs et les événements qui entourent son abolition. L'accent est mis sur le destin des enfants esclaves. Séparés de leur famille, vendus sans même un mot à leur mère, ils passent, pour certains, leur vie entière sans jamais sortir de la plantation dans laquelle ils ont grandi.
  • La Ballade de Lucy Whipple, Karen Cushman, "Médium", L'École des loisirs, 2002.
    Le journal écrit par Lucy Whipple, entre l'été 1849 et l'automne 1852. Après un long voyage depuis le Massachusetts, Lucy débarque avec sa famille dans l'Ouest, dans un campement de chercheurs d'or. Sa vie se résume à nourrir les travailleurs, laver, ranger, repriser, surveiller et instruire ses petites soeurs. Elle rencontre aussi des personnages étonnants et découvre l'esclavage avec Joé, esclave noir en fuite que Lucy va rapprocher de la communauté.
  • Le Goût du vent, Yves Pinguilly, "Livre de Poche Jeunesse", Hachette, 2006.
    Des côtes africaines aux Antilles, les aventures de Louis Quéméneur, dans le désert d'Afrique et sur son bateau, La belle Saada. Émotions garanties. On aimerait que cette histoire ait pu être vraie...
  • Le Galop de la liberté, Deborah Kent, "Passion cheval", Castor poche Flammarion, 2006.
    1863, pendant la guerre civile qui oppose le Nord et le Sud. Mélanie s'est installée chez sa tante, dans le Mississippi, loin du front. Mais le jour où elle apprend que sa ville natale est à feu et à sang, elle décide de partir à la recherche de ses parents.
  • Il fut un jour à Gorée, Joseph N'Diaye, Michel Lafont, 2006.
    Joseph N'Diaye, conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, raconte en termes simples et bouleversants cette histoire.
  • Lygaya, Andrée-Paule Mignot, "Sylemm'lire", Sylemma Andrieu édition, 1997.
    Prisonniers des Maures, Lygaya et les siens sont vendus comme esclaves et menés en Martinique. Le garçon et sa mère sont achetés par un Français bienveillant.
  • Chasseurs de proies, Christian Léourier, "Millezime", Bayard Jeunesse, 2006.
    Jean de Kervadec doit s'enfuir sur un bateau pratiquant la traite négrière. Il prend peu à peu conscience de l'horreur de ce commerce.
  • Les Bleus et les Gris, William Camus, "Livre de Poche Jeunesse", Hachette, 2000.
    Sans savoir très bien pourquoi, Pete s'est engagé du côté des Bleus dans la guerre de Sécession, avec son copain Josuah, un Écossais à la peau noire. Un coup de canon l'expédie dans le camp adverse.
À paraître

En avril 2007, au CRDP de l'académie de Créteil : Enseigner l'histoire de l'esclavage et de la traite négrière au cycle 3, "Repères pour agir", Éric Mesnard et Aude Désiré.

Pour en savoir plus...

    Circulaire n° 2005-172 du 2-11-2005 :
    http://eduscol.education.fr et http://www.parcoursciviques.org

    Esclaves et négriers, Jean Meyer, "Découverte", Gallimard, 2003.

    Histoire de l'esclavage, De l'Antiquité à nos jours, Christian Delacampagne, "Le livre de Poche", référence Histoire, Hachette, 2003.

    TDC, n° 663, Les abolitions de l'esclavage, CNDP, 1993.

    Marchands d'esclaves, de la traite à l'abolition, entretien avec Aimé Césaire, Julia Ferioni, éditions de Conti, 2006.

    L'esclavage raconté à ma fille, Christiane Taubira, "Biblipoche édition Bibliophane Daniel Radford.

    L'esclavage, de l'Amérique aux Amériques, Christine Hatt, éditions Gamma, école active, 1997.

Argos, n°41, page 21 (12/2006)
Argos - Esclaves et négriers