Dossier : Les croisements disciplinaires / 3. Le concret de l'interdisciplinarité

Les voyages de la mémoire et les échanges

Pascale Argod, professeure certifiée de documentation

Un projet interactif donnant "envie d'agir" pour la paix.

Les "Voyages de la mémoire" traversent l'éducation à la citoyenneté et aux droits de l'homme : développement, pluralisme culturel et dignité humaine en sont les enjeux. Ils permettent en effet de comprendre les échanges et les migrations forcées à l'origine des métissages culturels et des revendications d'identité. Mais ils nécessitent surtout un devoir de mémoire et d'information, comme le souligne le prix Nobel de la paix Élie Wiesel : "Le bourreau tue toujours deux fois, la deuxième fois par le silence." Pour y contribuer, les actions éducatives peuvent porter en collège sur "la route de l'esclave", c'est-à-dire le voyage de la diaspora africaine vers les Caraïbes ; et au lycée sur les voyages forcés en soulignant la survie et le dépassement d'un peuple. Les TPE en première permettent en effet d'aborder ce thème. Des manifestations nationales lancées par le ministère facilitent aussi la mise en oeuvre des actions citoyennes. 2004 est en effet l'année internationale du souvenir de la traite des Noirs de l'UNESCO ainsi que le bicentenaire de l'indépendance d'Haïti, "Première République Noire" à déclarer son indépendance en 1804.

La route de l'esclave : diaspora africaine vers les Caraïbes

En 1993, la recherche d'une juste compensation poussa l'Organisation de l'unité africaine (OUA) à signer une déclaration dénonçant les crimes de l'esclavage. À la même date, c'est sur la proposition d'Haïti et des pays africains, initiateurs de ce projet, que la Conférence générale de l'UNESCO a approuvé la mise en oeuvre du projet "La Route de l'esclave" qui fédère aujourd'hui vingt-cinq pays. Le projet éducatif du réseau sur la traite transatlantique vise à "briser ce silence" pour promouvoir une éducation pour la culture de la paix en mobilisant des écoles d'Afrique, d'Europe et d'Amérique à travers un dialogue interculturel. Le 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage en 1998 a été alors l'occasion de commémorations dans les établissements scolaires, comme le concours "Déchaîne ta citoyenneté"1 qui a été complété par une exposition à l'Assemblée nationale, début mai 1998. La décennie des Nations-Unies pour l'éducation aux droits de l'homme prolonge jusqu'en 2005 cette volonté éducative.

Parcours dans le cédérom "Île de Gorée et esclavage", pour ouvrir sur l'histoire

Reconnu d'intérêt pédagogique par le ministère de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, le cédérom Île de Gorée et esclavage2a été conçu par des universitaires français et sénégalais avec la collaboration de professeurs de collège et de lycée. Intégré à la collection multimédia "Terres d'histoire"3 , il explore les traces de l'esclavage en trois séquences interactives, "voyage-découverte", "voyage dans le temps" et "voyage au présent", complétées par des exercices pédagogiques. Dans la baie de Dakar, des milliers de Noirs captifs ont transité dans les escales de l'esclavagisme de Gorée avant d'être embarqués vers le Nouveau Monde entre le XVe et le XVIIIe siècle. L'exploitation pédagogique nous fait vivre l'histoire de Kirou, jeune Wolof qui commence par son arrestation et s'achève par la libération de ses descendants plusieurs générations plus tard. Les exercices sont nombreux : localisation du village sur une carte, récit de la déportation à Gorée, organigramme des responsables de la traite avec les agents de la traite et l'équipage du bateau, composition et schéma techniques du bateau, récapitulatif du journal de bord d'un négrier, questionnaire sur l'évasion de la plantation de la Martinique et sur la révolte de Gorée, tableau-bilan sur les avancées et les reculs de l'abolition de l'esclavage en France, fiche d'identité de Victor Schoelcher... Au niveau lycée, deux pistes sont proposées sous forme de fiches pédagogiques : l'une en histoire au niveau de la seconde sur l'abolition de l'esclavage en "France en 1848" autour de "l'analyse d'un événement politique", l'autre en éducation civique, juridique et sociale (ECJS) au niveau de la terminale. Elles permettent en effet de susciter un débat d'idées autour de problématiques essentielles : "quelles réponses donner aux demandes d'excuses et de réparations concernant l'esclavage du XVI au XIXe siècle ?" ; "ce que l'on appelle l'esclavage moderne est-il un véritable esclavage ?"... Ce débat pourrait être lancé lors de la journée de l'abolition de l'esclavage du 2 décembre, des droits de l'homme du 10 décembre, de l'élimination de la discrimination raciale du 21 mars ou encore lors de la journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition du 23 août. Une visité virtuelle de la maison des esclaves4 de l'île de Gorée ainsi que des ressources de la "Maison de la négritude et des droits de l'homme"5 pourraient l'enrichir.

D'île en île, s'enchaîne la route de l'esclave au fil des lectures avec "La Case de l'oncle Tom"

Le roman La Case de l'oncle Tom popularisa le mouvement anti-esclavagiste et fut suivi, en 1865, d'une suite intitulée Dred, histoire du grand marais maudit.Faire connaître le code noir de 1685 puis les événements et l'action menée par Harriet Beecher Stowe à l'issue de la publication de son roman permet aux élèves de comprendre l'esclavage nord-américain. Sur la route de l'esclave, les escales sont souvent des îles : Cap Vert, Martinique, Guadeloupe, Cuba... d'autres angles de lectures sont donc possibles. Le mythe de l'île6 en est un, car se situant à l'origine du roman d'aventure, de l'exotisme mais aussi de la domination coloniale. Pour confronter les notions de nature et de culture, l'île est souvent abordée en littérature7 : Vendredi ou la vie sauvage,de M. Tournier ; L'Île au trésor,de Stevenson ; L'Île mystérieuse,de J. Verne ; Robinson Crusoé,de D. Defoe... Ces romans peuvent donc être sources d'enquêtes complémentaires sur l'esclavage : la nature endogène (l'exposition "Île entre ciel et terre"8), la forêt tropicale, le mythe de l'île paradisiaque et du bon sauvage, les terres inconnues et les grandes découvertes, les explorateurs, les naufrages, les peuples autochtones comme les Indiens, les pirates, la chasse au trésor... La conquête de la liberté, des terres et de la nature des pionniers du Middle West est prégnante, par exemple, dans Les Aventures de Tom Sawyer,de M. Twain : le fleuve, la liberté et la fugue, l'éducation et l'enfance, le mythe de Robinson... Mais le Mississipi est aussi l'état de l'esclavagisme et de la guerre de Sécession : la plantation de coton, le commerce du coton, la discrimination raciale dont sont victimes les Noirs et les Indiens... L'écriture de nouvelles peut finaliser l'étude et être valorisée lors du festival "Étonnants Voyageurs" à Saint-Malo qui propose, cette année, un concours lycéen sur les Caraïbes autour de deux thèmes : partager la révolte des esclaves haïtiens ou les aventures des flibustiers et des boucaniers.

Création d'un carnet de voyage des ports de l'Afrique : une expression culturelle

La création d'un carnet de voyage permet de prolonger le parcours à travers le cédérom ou les lectures9 par la mention d'impressions personnelles et de recherches sur un pays marqué par la route de l'esclave : le Sénégal, le Cap Vert, les Antilles ou Cuba... La production d'un document original, personnel et artistique, sous la forme d'un carnet de voyage permet de concilier recherches anthropologiques, ethnologiques, ethnographiques, sociologiques, géographiques et historiques en conservant témoignages et traces de l'identité culturelle du pays parcouru. Entre journal intime, recueil de souvenirs, livre d'artiste et reportage, le carnet de voyage initié par Delacroix est un mode d'expression qui concilie les notations picturales et plastiques, littéraires et poétiques, ethnographiques et journalistiques. Scènes de vie, anecdotes, personnalités, impressions... sont retranscrites par collages, photos, archives, dessins, cartes grâce au montage, au graphisme et à la peinture. Parent du livre d'artiste qui est un objet-livre unique, peint, sculpté et détourné ou métamorphosé, le carnet de voyage est avant tout hérité du peintre officiel de la marine10 qui retrace les voyages d'exploration, notamment du Pacifique, à partir de 1770. Aujourd'hui, empruntant quelque peu au scénario de la bande dessinée et au croquis du dessin de presse, le carnet de voyage est le plus souvent réalisé à l'aquarelle et à l'encre ou au fusain et au pastel. Il retrace des rencontres multiculturelles car il est un témoignage authentique du voyage, de l'exploration du monde et des échanges, comme l'illustre Titouan Lamazou, précurseur du carnet de voyage sur l'Afrique de l'Ouest11. Ainsi, Portes d'Afrique est une épopée maritime et littéraire de douze mois qui a permis à une équipe de douze écrivains entourée de journalistes, photographes, réalisateurs et illustrateurs de raconter les grands ports africains, dont ceux du trafic triangulaire. Un compte rendu illustré de carnets a été réalisé lors de la biennale du carnet de voyage de Clermont-Ferrand12.

Des apports de la diaspora africaine à la culture créole métissée et à la "cubanité"

Sur le modèle du célèbre Noa, Noa,suite de l' Ancien Culte mahori, de Gauguin, le carnet de voyage peut consigner les particularismes des sociétés créoles fondées sur le syncrétisme et la synthèse culturelle. Il s'agit alors pour l'élève de mener des recherches sur la diaspora africaine : comment a-t-elle favorisé un métissage culturel en arts et en rites entre deux continents, africain et américain ? Comment s'est-il enrichi de la colonisation espagnole dans les Caraïbes en donnant la musique latino ? Comment s'est-il nourri de la colonisation britannique en Louisiane, à l'origine du jazz et du lindy-hop ? Les arts du carnaval, notamment la musique cubaine et les danses latino-américaines, portent la marque des "Marrons" pour qui le tambour est l'héritage ancestral interdit dans les colonies nord-américaines. Qu'il se nomme ka en Guadeloupe, rada ou petro en Haïti, quinto à Cuba, il est consacré par des libations et des offrandes comme acte de foi dans la révolte vers la liberté. La musique cubaine naît donc de la rencontre des esclaves déportés d'Afrique et de celle des populations blanches venues d'Espagne, dont la variété culturelle et ethnique est polymorphe. Les esclaves sont originaires d'une zone géographique s'étendant aux pays actuels : Ghana, Bénin, Cameroun, Gabon, Nigeria, Congo et Angola. Autorisés à fonder des sociétés hiérarchisées "Cabildos", les peuples perpétuent les traditions, croyances et rites africains en transférant leurs divinités aux saints catholiques. C'est l'origine de la santeria ("culte des saints") des Lucumis, cousin du "vaudou haïtien". Ainsi, certaines fêtes catholiques sont célébrées dans un syncrétisme de croyances comme l'est le carnaval qui a donné naissance au comparsas ou ensemble de percussions de la rumba et de la samba. Le tambour permet en effet de communiquer avec les orishas ou divinités. Le carnaval réunit donc musiques et rites, il serait ainsi intéressant de décrypter les héritages et les codes africains de la fête : masques, objets de rituel en référence aux arts premiers et aux fétiches13, avec l'aide du musée du quai de Branly14. Marquée par l'Afrique, la rumba est née à Cuba du son et de la conga ou marche du carnaval, héritée de l'Afrique. Ensuite, de nombreuses musiques apparaissent : le danzon et la trova vers 1880, le son dans les années vingt, le mambo dans le début des années quarante devenant le cha-cha-cha en 1951, la salsa dans les années soixante devenant, en France, la timba en 1988.

Ainsi, "les anneaux de la mémoire"15 symbolisent, en effet, à la fois le fer qui enchaîne l'esclave, mais également le lien profond et complexe que la traite négrière a tissé entre l'Afrique, l'Europe, les Amériques et les Antilles.

Pistes de recherche en TPE de première

Un projet sur les voyages forcés sensibilisant à la survie et au dépassement d'un peuple peut s'intégrer aux trois thèmes des TPE "Mémoire-mémoires", "Exclusion-intégration" ou encore "Échanges". Diasporas, déportation et immigration sont autant de voyages forcés et subis par des peuples oubliés et menacés auxquels nous devons mémoire. Tracer la carte des diasporas, c'est aussi mettre en évidence l'asservissement de minorités ethniques et la sédentarisation de peuples nomades. Les processus d'intégration ou d'assimilation forcée réduisent en esclavage des peuples opprimés. Pour les TPE, le travail de recherche documentaire peut s'appuyer notamment sur le réseau des services éducatifs des lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale16. Il s'étend à six pays européens autour de la Résistance et de la déportation17. La direction "Mémoire, Patrimoine et Archives" du ministère de la Défense est chargée en effet, depuis novembre 1999, des activités culturelles et éducatives, de la conduite de la politique de mémoire des guerres et de la mise en valeur des lieux de mémoire et des monuments historiques.

Cinq actions citoyennes pour le respect des droits de l'homme

Le Réseau des écoles associées de l'UNESCO : le 50e anniversaire18 de l'éducation au dialogue interculturel autour des peuples autochtones

Le réseau des écoles associées de l'UNESCO a été créé en 1953 pour "coordonner et encourager des activités expérimentales en vue de promouvoir l'éducation pour la compréhension internationale et la coopération". Ce réseau est formé actuellement de plus de 6 300 établissements éducatifs dans 164 pays qui mettent en oeuvre des projets pour une culture de la paix19 autour de quatre thèmes : les problèmes mondiaux et le rôle du système des Nations-Unies, les droits de l'homme et la démocratie, l'apprentissage interculturel, la problématique de l'environnement. Trois projets mondiaux mobilisent actuellement les écoles : le projet de préservation et de promotion du patrimoine mondial, le projet relatif à l'environnement à travers l'interculturel et celui de la route de l'esclave sur la traite transatlantique intitulé "Briser le silence". Le bulletin semestriel Compréhension internationale à l'école et la lettre circulaire "Un regard sur le Réseau" se font l'écho des activités des écoles associées autour du thème de la responsabilité pour 2004, en lien avec les décennies internationales : la promotion d'une culture de la non-violence et la paix au profit des enfants du monde (2001-2010) et le dialogue entre les cultures et les civilisations (2002-2007), suite à celle des populations autochtones (1993-2007). Dans ce cadre, une sensibilisation à l'ethnologie et l'anthropologie est à promouvoir en établissement scolaire pour éduquer aux droits de l'homme et à l'interculturel. Deux sites web à destination des collégiens l'illustrent : Ethnokids.net20conçu par l'association "Ethnologues en herbe" et "Survival France" qui propose un jeu interactif "Nous, le monde"21.

D'autre part, à partir d'une correspondance imaginaire, il fait découvrir à des jeunes, par les clubs UNESCO, les problèmes de la vie quotidienne de trois enfants indigènes issus de peuples de Sibérie, de peuples pygmées ou de peuples d'indiens.

Décennies internationales des Nations-Unies
  • 2001-2010 Décennie internationale de promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde
  • 1997-2006 Première Décennie des Nations-Unies pour l'élimination de la pauvreté
  • 1995-2004 Décennie des Nations-Unies pour l'éducation dans le domaine des droits de l'homme
  • 1994-2004 Décennie internationale des populations autochtones
  • 1993-2003 Troisième Décennie de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale
    Deuxième Décennie du développement industriel de l'Afrique
  • 2004 est l'Année internationale du souvenir de la traite des Noirs de l'UNESCO et le bicentenaire de l'indépendance d'Haïti, "Première République Noire" en 1804.

"La Semaine de lutte contre le racisme" et "Le Printemps de l'Europe"

La Semaine nationale de lutte contre le racisme rend hommage aux manifestants anti-apartheid massacrés le 21 mars 1966, date de la journée internationale contre le racisme. Elle coïncide souvent avec la Semaine de la presse et permet de mener des opérations conjointes, notamment avec "les clés de l'actualité". Des projets peuvent être lancés autour du cédérom Pour une éducation contre le racisme22assorti de la collection "J'accuse" et d'ouvrages des éditions Rue du Monde. Elle est aussi l'occasion d'une sensibilisation à l'immigration qui peut s'enrichir du point de vue du film Mémoire d'immigrés : l'héritage maghrébin23et de deux expositions : "Histoire de l'immigration en France au XXe siècle" du Musée d'histoire contemporaine (hôtel national des Invalides) et "Un voyage pas comme les autres : sur le chemin de l'exil" d'Amnesty international, sous le haut patronage du Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés24.

Le Printemps de l'Europe du 21 mars25 est l'occasion de débattre de la construction européenne et des travaux de la convention sur l'avenir de l'Europe (les pays associés ou en voie d'adhésion à l'Union européenne). Pour favoriser la conscience de citoyenneté européenne, un travail pour une meilleure connaissance des partenaires européens est incité sous la forme d'un club Europe. À ce propos, le réseau European Schoolnet, avec l'agence française Socrates-Léonardo da Vinci, lance l'opération "Quelle Europe à venir ?" et recueille les projets de chaque établissement scolaire sur son site web26. Depuis 2001, une recherche-action "Connect"27 est initiée par le Parlement européen et s'articule autour de quatre thèmes : "Citoyenneté européenne, droits et devoirs" ; "l'Europe, identités, migrations et lieux de mémoire" ; "Europe et cohésion sociale" et "Europe, langues et cultures". Dans son prolongement, le concours "Cahiers européens de l'avenir" permet de faire réfléchir les élèves de deux établissements européens partenaires sur le thème : "En quoi notre école est-elle européenne ? Que faire pour qu'elle le soit davantage ?" Après une sélection académique des meilleurs cahiers, les trois finalistes nationaux sont distingués le 9 mai 200428. "La Journée pour l'Europe" du 25 janvier 2004 a lancé "les caravanes pour l'Europe" afin de présenter les initiatives des réseaux associatifs en faveur de la construction européenne. Organisées par le CIDEM, réseau civisme et démocratie29, "les routes de l'engagement" ont parcouru le territoire du 17 mars au 11 avril pour informer les jeunes sur les possibilités locales d'engagement30.

"Envie d'agir" et "La Semaine de la solidarité internationale" en novembre

La publication de la circulaire intitulée "L'Engagement des jeunes" au BOEN du 28 novembre 2002 fait suite au dossier de presse intitulé "Envie d'agir ? Une réponse au désir d'engagement des jeunes" mis en ligne sur le site web du ministère de l'Éducation nationale le 15 novembre 2002. Il s'agit de sensibiliser aux quatre domaines retenus : humanitaire et solidarité ; culturel, artistique et sportif ; civique ; économique. Ainsi des outils du ministère permettent de monter des projets : le "livret de l'engagement" aux éditions du "Guide du routard" et un site web accessible via le portail du ministère et via les sites liés à la jeunesse31. Les dix thèmes32 citoyens du site sont divisés en sept rubriques : textes de références, portraits, éclairages, enjeux, initiatives, pour ou contre, fiches pratiques. De plus, une journée de l'engagement est organisée en novembre dans tous les établissements scolaires, universitaires ou d'apprentissage ainsi que dans le réseau Information jeunesse et dans les structures volontaires, notamment associatives, accueillant les jeunes. "La nouvelle configuration du ministère, qui associe la jeunesse et l'éducation, permet désormais d'envisager globalement l'éducation des jeunes et incite à rechercher une meilleure synergie entre les programmes d'enseignement et des démarches éducatives distinctes, plus ouvertes sur la vie sociale et l'engagement. Beaucoup de jeunes souhaitent se mobiliser, s'engager dans des projets qui ont un sens et une utilité pour les autres et peuvent par là même enrichir leur propre expérience et leur sens des responsabilités [...] Il s'agit de leur offrir une information claire, actualisée, aisément accessible sur les actions auxquelles ils peuvent prendre part et les associations ou les partenaires auprès desquels ou avec lesquels ils peuvent concrétiser leur démarche d'engagement."33

Parallèlement, la Semaine de la solidarité internationale est organisée depuis six ans du 16 au 24 novembre, sous l'égide des ministères des Affaires étrangères, de la Jeunesse, de l'Éducation et de la Recherche et sous celle de la délégation interministérielle à l'Innovation sociale et à l'Économie sociale. Elle est coordonnée par le CRID, centre de recherche et d'information pour le développement34, avec le réseau RITIMO, réseau des centres de documentation pour la solidarité internationale35. L'événement fédérateur de la cinquième édition 2002 était "Comm'une planète : 100 débats pour être citoyen et solidaire". Cet événement couvrait le week-end du 16 au 18 novembre 2003 destiné à tout public pour "redonner vie aux espaces publics en se donnant la parole"36.

Des projets pour la Journée de l'engagement sur les droits de l'hommeForum et rallye : "Ensemble pour la dignité, la liberté et la solidarité"

Il serait envisageable de créer un rallye pour les droits de l'homme au sein de l'établissement. Expositions thématiques, conférences et stands d'associations et ONG baliseraient le parcours des élèves à la recherche de réponses à un questionnaire traitant des différents thèmes de la Déclaration universelle des droits de l'homme.Pièce de théâtre, entretien avec des bénévoles et des professionnels, documentaires vidéo ponctuent la journée. Ainsi, les élèves pourraient s'entretenir avec les acteurs éducatifs, avec des représentants des institutions de l'État et avec des bénévoles d'associations : droit à l'emploi avec le conseiller d'orientation-psychologue et l'ANPE, droit à la santé avec le médecin scolaire et l'association Aides, droit à l'éducation avec le chef d'établissement et l'UNICEF, droit à l'information et à la coopération intellectuelle avec la documentaliste, Reporters sans frontières et l'UNESCO, droit à la liberté d'expression avec les enseignants d'art, lutte contre la violence avec le CPE et l'UNESCO, respect du règlement intérieur avec le chef d'établissement et des lois avec la protection judiciaire jeunesse... Ce rallye peut aussi être étendu à tous les domaines transversaux de la citoyenneté : l'Europe, les institutions, les conduites déviantes, l'humanitaire et l'aide au développement, la justice, la consommation, l'environnement, les valeurs républicaines. Les concours lycéens pourraient aussi conclure le forum-rallye "Dignité, liberté et solidarité" avec une récompense remise par une personnalité qui a reçu le prix Nobel de la paix et par l'UNESCO. Ainsi, à travers la découverte des membres de la communauté éducative, des institutions et des associations de la solidarité, l'élève s'ouvre sur l'extérieur pour appréhender la dimension citoyenne de l'école.

Les concours lycéens37 : "Plaidoirie pour les droits de l'homme" et "René-Cassin"

Les concours scolaires sont propices à soutenir une action pour la paix au lycée : "Plaidoirie pour les droits de l'homme" organisé par le Mémorial pour la paix de Caen, par Phosphore et "le concours René-Cassin". Les participants du concours du Mémorial de la paix rédigent un exposé d'une situation concrète d'atteinte aux droits de l'homme et une plaidoirie. Les sénateurs juniors de l'an dernier se sont proposés pour défendre la cause des peuples autochtones à disposer d'eux-mêmes et pour promouvoir les droits de l'enfant ; ils déclament leurs plaidoiries le 10 décembre 2003 puis le 28 janvier 2004 à Caen. Quatorze jurys régionaux composés de journalistes, d'enseignants et d'avocats sélectionnent la présentation orale des candidats. L'épreuve finale se déroule au Mémorial de Caen devant un jury composé de personnalités concernées par la défense des droits de l'homme, d'avocats, d'enseignants, de représentants du journal Phosphore et de lycéens.

Le "concours René-Cassin" avait pour sujet "Cinquante ans après la Déclaration universelle des droits de l'homme, où en sommes -nous ?", puis a évolué l'année suivante vers "Dix ans après l'adoption de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, quel est l'état des droits de l'enfant dans le monde ?". Le concours-référendum lancé par l'UNICEF a promu les droits de l'enfant par la voix des jeunes et nos élèves ont choisi de soumettre une plaidoirie pour les enfants autochtones : elle avait pour ambition de contribuer à l' Encyclopédie des droits de l'homme38 de la Fondation internationale des Droits de l'homme. En effet, "L'Anniversaire de la convention des droits de l'enfant", "La Décennie des populations autochtones et de l'éducation aux droits de l'homme" comme "L'An 2000-2001, culture de la paix et du dialogue interculturel" les ont sollicités pour défendre cette cause digne du plus grand intérêt.

Bibliographie autour de l'esclavage des Noirs

    Cédéroms :

  • Île de Gorée et esclavage, Édition Centre multimédia Montaigne (C2M) université de Bordeaux-III, 2002 (Terres d'histoire), www.renaudel-multimedia.asso.fr, coordonnées : M. Pommier, directeur, C2M, IUT Bordeaux-III, BP 204- 33175 Gradignan
  • L'Esclavage et la traite aux Antilles, XVI-XVIIIe siècles, Chuberre Jacques, Diapofilm Multimédia, 2002.
  • Un village en brousse. Vie et culture d'un village du Mali : Gounfan, CRDP de Grenoble, 2004
  • Romans de jeunesse pour le collège :
  • Ayres Katherine, Esclaves en fuite,éditions Le Livre de Poche, Hachette, "Mon Bel Oranger", 2001.
  • O'Dell Scott, Moi, Angelica, esclave,Flammarion, "Castor Poche", 1998.
  • Fillol Lulu, L'Enfer noir,Flammarion, "Castor Poche", 1997.
  • Berry James, Le Royaume volé,Gallimard, 1996.
  • Amado Jorge, L'Enfant du cacao,Éditions La Farandole, 1986.
  • Hamilton Virginia, Quand les hommes savaient voler,Éditions Le Sorbier, 1988.
  • Armstong William, Un jour, un enfant noir,Éditions de l'Amitié, 1984.
  • Beecher Stowe Harriet, La Case de l'oncle Tom,Gallimard, "Folio junior", 1982.
  • Smucker Barbara, Les Chemins secrets de la liberté, Flammarion, "Castor Poche", 1982.
  • Documentaires :

  • La Cour couleurs : anthologie de poèmes contre le racisme, Rue du Monde.
  • Pinguilly Yves, L'Esclave qui parlait aux oiseaux,Rue du Monde.
  • Le Grand Livre contre le racisme, Rue du Monde.
  • Serres Alain, Le Premier Livre de toutes nos couleurs,Rue du Monde.
  • Aprile Thierry, Davidson Marie-Thérèse, Sur les traces des esclaves,Gallimard Jeunesse, 2004.
  • Cavailles Danielle, Sur les traces des Noirs à Bordeaux,Éditions L'Harmattan et l'UNESCO.
  • Monjaret Anne, Provost Gisèle, Apprentis ethnologues... Quand les élèves enquêtent,CRDP de l'académie de Créteil, "Repères pour agir", 2004.
  • Carnets de voyage sur l'Afrique de l'Ouest :

  • Titouan Lamazou, Afrique,Gallimard, 2000.
  • Beguemont Daniel, Cameroun,Éditions la Boussole, 2001.
  • Cailleaux Christian, Afrique,Éditions Treize Étrange, Dargaud, Casterman, 2001.
  • Steinlein Anne, Burkina Faso,Presses de la Renaissance, 2003.
  • Bernard Fred, Au Bout BiblioItemkou,Seuil Jeunesse, 2002.
  • Sites web autour des actions citoyennes :

  • La maison des esclaves de Gorée :
    http://webworld.unesco.org/goree/fr/visit.shtml
  • Ethnologues en herbes :
    http://www.ethnokids.com
  • Survival France :
    http://www.survivalfrance.org/nlm/accueil/mode-emploi.html
  • Le réseau européen Schoolnet sur l'Europe :
    www.futurum.eun.org
  • Le Parlement européen et "Connect" :
    www.eduscol.education.fr/D0094/demos_connect.htm
  • Réseau civisme et démocratie :
    www.cidem.org
  • "Envie d'agir" du ministère de l'Éducation nationale :
    www.enviedagir.fr
  • Réseau RITIMO :
    www.globenet.org/terre-d-avenir/
  • Dispositif académique TICE de l'académie de Reims pour les CDI :
    www.ac-reims.cdi.datice.fr
  • Rubrique sur la citoyenneté que j'ai initiée en 1999 :
    www.ac-reims.fr/datice/cdi/citoyenneté
  • Fondation internationale des Droits de l'homme :
    wwww.academie-universelle.asso.fr/manuel/
  • Bicentenaire de l'indépendance d'Haïti :
    http://www.gensdelacaraibe.org/PagesSpeciales/
  • 2004, Année internationale de commémoration de lutte contre l'esclavage et de son abolition :
    http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php
  • Événements :

  • Manifestation nationale "Lire en fête" de 1998 sur le thème "Lire la Caraïbe".
  • 2e Biennale des littératures d'Afrique noire du 29 mars au 3 avril 2004 à Saint-Médard-en-Jalles (Gironde).
  • Festival "Étonnants Voyageurs" du 29 au 31 mai 2004 à Saint-Malo : concours lycéen de nouvelles sur le thème des Caraïbes et de la révolte des esclaves haïtiens.

(1) Organisé par l'Association de prévention pour une meilleure citoyenneté des jeunes sous l'égide de la Fondation d'entreprise de la RATP pour la citoyenneté.

(2) Réalisé sous la direction des professeurs Jean Tudesq (université de Bordeaux-3) et M'Baye Gueye (université Cheik-Anta-Diop de Dakar) et M. Pommier du Centre multimédia Montaigne (C2M) de l'université de Bordeaux-3. Avec le concours de la mairie de Gorée, de l'Association pour la diffusion de la pensée au ministère des Affaires étrangères, du Secrétariat d'État aux DOM-TOM, de l'UNESCO (La Route de l'esclave), du rectorat de Bordeaux et du SCEREN-CRDP d'Aquitaine.

(3) www.renaudel-multimedia.asso.fr

(4) http://webworld.unesco.org/goree/fr/visit.shtml

(5) de Champagney (70290) fondée en 1970 sous le patronage de Léopold Sédar Senghor et des clubs UNESCO.

(6) "Au bonheur des îles : le tour du monde en 80 livres ", Lire ,juin 2004.

(7) Manifestation nationale "Lire en fête" de 1998 sur le thème "Lire la Caraïbe" et la 2e biennale des littératures d'Afrique noire du 29 mars au 3 avril 2004 à Saint-Médard-en-Jalles (Bordeaux).

(8) Muséum d'histoire naturelle à Paris, en 1998.

(9) Voir la bibliographie, en page 71.

(10) Académie de Marine fondée en 1752.

(11) Voir la bibliographie, en page 71.

(12) La quatrième du 14 au 16 novembre 2003.

(13) "Afrique arts premiers", Dada n° 66, Mango, 2000.

(14) Action "Art d'Afrique à l'IUFM de Créteil" avec des EPLE de Saint-Denis : oeuvres prêtées par le musée du 8 novembre 2002 au 6 février 2003.

(15) Remarquable exposition à Nantes sur la traite en 1998.

(16) Rencontres européennes du 11 au 13 mars 2002 au Centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane, de Limoges.

(17) Allemagne, Belgique, Italie, Grande-Bretagne, Lituanie et le Luxembourg.

(18) Rencontres internationales des "Messagers de l'eau" à la Bourboule les 5 et 6 juin 2003.

(19) Ouvrage Paix et non-violence : sélection d'outils pédagogiques, Programme Terre d'avenir, octobre 2000.

(20) http://www.ethnokids.com créé en 2000 et primé aux Netdays 2002.

(21) http:///www.survivalfrance.org/nlm/accueil/mode-emploi.html créé en 2002.

(22) Publié par les CEMEA et la Fondation France Libertés.

(23) de Yamina Benguigui, en 1998, cinédoc du TDC n°751 et de Télescope n°188.

(24) Exposition interactive exceptionnelle sur "Vivre et comprendre la situation d'un réfugié" qui s'est tenue à La-Villette du 12 novembre au 4 avril 1999.

(25) Extrait du BOEN n°6 du 6 février 2003.

(26) www.futurum.eun.orgetwww.eduscol.education.fr

(27) La citoyenneté européenne en construction : www.eduscol.education.fr/D0094/demos_connect.htm

(28) Dossier sur le site : www.occe.net/fedération/menu/menueurope.htm

(29) www.cidem.org

(30) Guénaëlle Bezault : bezault@cidem.org

(31) www.enviedagir.fretwww.cidem.org

(32) Discriminations, droits de l'homme, économie sociale et solidaire, éducation, égalité hommes femmes, élections, environnement et développement durable, Europe, exclusions sociales et laïcité.

(33) Extrait du dossier de presse "Envie d'agir ?", en ligne.

(34) lasemaine@lasemaine.org www.lasemaine.org

(35) RITIMO (21 ter rue Voltaire 75011 Paris) et Programme Terre d'avenir (12 rue Guy-de-la-Brosse 75005 Paris) www.globenet.org/terre-d-avenir/

(36) Extrait de la lettre d'information du CRID, datée du 1er octobre 2002.

(37) Responsable du dispositif académique TICE de l'académie de Reims pour les CDI : www.ac-reims.cdi.datice.fr

(38) www.academie-universelle.asso.fr/manuel/

Argos, n°35, page 67 (09/2004)
Argos - Les voyages de la mémoire et les échanges