Dossier : Goûts et dégoûts des lecteurs / 3. S'éprendre d'apprendre

Chroniques lycéennes

s'appuyer sur les musiques actuelles pour l'enseignement du français

Bruno Vallée, chargé de mission Musiques actuelles, département Arts et Culture, CNDP

L'opération "Chroniques lycéennes" a permis à près de 20 000 lycéens de l'enseignement général et professionnel de travailler, en classe, avec leurs professeurs, à la rédaction de critiques de disques de musiques actuelles. L'occasion de s'appuyer sur les goûts et dégoûts musicaux de leurs élèves.

C'est peut-être avec la musique que la problématique de la pertinence de la prise en compte en classe des goûts des adolescents se pose avec le plus d'acuité. Le rock et ses multiples avatars (rap, musiques électroniques, chanson...) constituent en effet souvent le premier "objet" de goût à partir duquel les adolescents commencent à se construire une personnalité propre. Il occupe une place sans équivalent dans leur univers symbolique. L'enseignant soucieux de placer ses élèves "au centre du système" ne pourra donc que s'intéresser à ce levier pédagogique qui semble pouvoir concerner avec le même intérêt l'ensemble d'un groupe-classe même si, derrière cette homogénéité apparente du goût des adolescents en matière musicale, se cachent des lignes de démarcation esthétiques infranchissables entre genres et sous-genres.

Le statut pédagogique des musiques actuelles dans le système scolaire reste cependant encore ambigu. Si la chanson, par exemple, est couramment utilisée comme support dans le primaire, elle est délaissée dans le secondaire, peut-être, entre autres raisons, justement à cause de l'apparition progressive de goûts personnels chez les élèves, goûts sur lesquels pèsent de forts soupçons. Le rock est-il vraiment un art ou, comme le lui reprochent ses détracteurs, un simple produit de consommation de masse, uniformément dépourvu de valeurs esthétiques et de sens, développé par une industrie culturelle cynique avec comme objectif principal le pillage de l'argent de poche et de l'imaginaire des adolescents ? Dans la seconde hypothèse, sa présence à l'École relève au mieux de l'éducation à la consommation, au pire de "démagogie jeuniste". Les acteurs de l'opération "Chroniques lycéennes", pédagogues, enseignants, artistes, professionnels de la culture, ont la profonde conviction que les manipulations commerciales caractéristiques de la culture de masse, si elles constituent la face la plus visible des musiques actuelles pour un observateur extérieur, ne doivent pas masquer les véritables expressions artistiques qui prennent la forme du rock. En d'autres termes, il existe une production exigeante de musiques actuelles qui donnent naissance à de réelles oeuvres, ancrées dans nos temps et espaces. Ces oeuvres bénéficient des moyens de diffusion de l'industrie culturelle et occupent une place essentielle dans le rapport au monde des adolescents. Elles peuvent donc jouer un rôle intéressant dans une démarche pédagogique orientée vers les goûts des élèves et c'est avec l'objectif d'accompagner les enseignants souhaitant s'engager dans une telle démarche qu'on été créées les "Chroniques lycéennes".

Les enseignants qui ont inscrit leur classe à l'opération reçoivent ainsi gratuitement à la rentrée des vacances de la Toussaint un pack contenant une sélection d'une dizaine d'albums, choisis par le comité de pilotage de l'opération, dont des journalistes spécialisés du magazine Les Inrockuptibles, partenaires de l'opération. La sélection se fait selon trois critères : l'actualité musicale, la représentation la plus large possible du spectre des musiques actuelles et l'intérêt artistique des disques. Au cours des trois premières éditions, les enseignants ont ainsi pu trouver dans leur pack, parmi d'autres, les derniers albums de : The Strokes, Vincent Delerm, La Rumeur, Miossec, Moby, Tarmac, Rocé, Manu Chao, Noir Désir, Bjork, Air, Yann Tiersen, Rachid Taha... À cette sélection d'actualité s'ajoute chaque année un album "patrimoine", pierre de touche de l'histoire du rock : Bob Marley, Marvin Gaye, Pink Floyd ou encore Léo Ferré.

Les élèves disposent d'une dizaine de semaines, jusqu'à la fin des vacances de février, pour écrire avec l'aide de leurs professeurs des critiques d'une longueur d'un feuillet, d'un ou plusieurs des albums proposés. En conclusion de l'opération, une sélection représentative de cinquante travaux d'élèves est publiée dans un supplément du magazine Les Inrockuptibles, accompagnée de reportages sur les nombreuses rencontres et interviews artistes-élèves que génèrent les Chroniques lycéennes. En classe, pendant ces dix semaines, l'enseignant porteur du projet va accompagner ses élèves pendant des séquences d'écoute, de verbalisation puis d'écriture, construisant et réinvestissant à chaque étape les nouvelles compétences de langue requises pour la réalisation des textes.

Le support "Chroniques lycéennes" permet en effet de traiter partiellement ou entièrement des objets d'études inscrits au programme de français et ce, en répondant parfaitement à l'esprit de ces programmes tel qu'il est définit dans les documents d'accompagnement : "Il est nécessaire aujourd'hui de tenir compte de l'évolution des lycéens [...], leur culture a changé comme le monde culturel dans son ensemble a changé. [...] Aussi convient-il de leur donner une maîtrise plus grande des discours de tous ordres. [...] La construction d'une culture suppose un dialogue de la littérature avec d'autres arts, d'autres langages, et du littéraire avec le non-littéraire." Les programmes des classes de 1re et terminale de l'enseignement professionnel donnent, quant à eux, comme objectifs à l'enseignement du français notamment de "permettre aux élèves d'acquérir la maîtrise de l'expression orale et écrite dans la langue d'aujourd'hui. Former leur goût, leur sensibilité et leur jugement, en particulier avec les textes et les oeuvres ; les aider à se situer dans le monde actuel."

Marie-Laure Villain, professeur de lettre certifiée au lycée Fénelon-Sainte-Marie de Paris et membre du comité de pilotage de l'opération, a ainsi pu extraire des programmes de français de seconde et première, dix "objets d'études" étroitement liés au projet des "Chroniques lycéennes" :

  • En première et en seconde : la pratique de la langue, l'argumentation, le travail de l'écriture, l'étude des genres et des registres, la lecture de l'image et les pratiques transversales orales et documentaires.
  • Spécifiquement en seconde : l'éloge et le blâme, écrire, publier, lire.
  • Spécifiquement en première : la poésie, la biographie.

L'enseignant, en invitant ses élèves à formuler une opinion personnelle sur un sujet qui les concerne intimement va, par exemple, motiver chez eux un besoin et une envie de connaître et savoir utiliser les stratégies du discours argumentatif, l'art de persuader grâce à l'utilisation des champs lexicaux, au recours aux images, à la ponctuation expressive, à la modalisation, aux figures de rhétorique...

L'écriture des chroniques servira également de support aux pratiques documentaires : les élèves devront étudier la presse spécialisée pour trouver des informations mais aussi utiliser internet pour recueillir des informations dont les CDI sont souvent dépourvus. On trouvera là l'occasion d'initier les élèves à la navigation sur internet, à l'utilisation des moteurs de recherche, au partage des informations via e-mail.

Une autre pratique transversale peut également s'appuyer sur les "Chroniques lycéennes" : l'oral. La préparation des critiques, notamment les travaux de recherche documentaire, pourront ainsi donner lieu à des exposés. Chaque élève pourra également argumenter devant la classe sur le choix de l'artiste qu'il souhaite chroniquer. La séance de lancement de l'opération pourra prendre la forme d'un débat au cours duquel les élèves discuteront de ce qu'ils pensent a priori des albums qui leur sont soumis, débats généralement très engagés qui mettent en valeur à la fois leur attachement commun à la musique et l'extrême atomisation des goûts particuliers. Ce genre d'échanges pourra être l'occasion pour l'enseignant d'aborder la question de la construction des goûts personnels.

Comme l'explique Marie-Laure Villain, qui participe avec sa classe pour la troisième année aux "Chroniques lycéennes", l'intérêt d'appuyer ainsi une démarche pédagogique sur un objet artistique concernant directement l'univers des adolescents est donc double. D'une part, l'étude des chansons et l'écriture des critiques servent de support motivant pour le travail de la langue et de la rhétorique, mais d'autres objets pourraient également répondre à ce cahier des charges, le football par exemple. D'autre part, et c'est essentiellement là que se situe la valeur ajoutée du sujet, les musiques actuelles permettent de travailler avec les élèves sur un support artistique ancré dans un espace et un temps qui sont ceux des élèves. C'est donc bien de la question du rapport à l'art et de la réception individuelle de l'oeuvre qu'il s'agit. La rédaction des chroniques, en incitant les élèves à remettre en cause leurs a priori et à justifier de leurs goûts, participe à la construction de l'élève en tant qu'être pensant, ce qui est aussi la mission de l'École. Elle permet à l'enseignant de construire un cadre de réflexion dans lequel on demande aux élèves d'exprimer une opinion personnelle, situation rare à l'École. Comme le souligne M. Villain, les "Chroniques" sont l'occasion d'instaurer une atmosphère de polémique, de débats, sans entrer dans des sujets difficiles, voire interdits à l'École.

PNR

Le pilotage des "Chroniques lycéennes" est assuré par le Pôle national de ressources (PNR) Musiques actuelles constitué autour du CRDP de l'académie d'Amiens et de ses partenaires culturels, notamment par le biais de son site internet : www.ac-amiens.fr/internotes sur lequel les enseignants inscrivent leur classe à l'opération. Pendant le déroulement de l'opération, professeurs et élèves trouvent sur le site des informations et documentations sur les artistes concernés par les "Chroniques", un forum de discussion dédié, des exemples de chroniques, des liens vers d'autres sites... Ils reçoivent également pendant toute la durée de l'opération une lettre d'information spéciale.

Outre cet accompagnement, le PNR propose ressources, documentation et formations sur les projets autour des musiques actuelles à l'École.
Contact : philippe.jelmoni@ac-amiens.fr ou 03 22 71 41 87

Extraits de l'édition 2002/2003

Comme le montrent les quelques chroniques ci-dessous, le travail effectué par les élèves ne demande la plupart du temps que très peu d'editing avant diffusion. Quand on leur offre la possibilité d'exprimer librement leur opinion, ils n'hésitent pas ! Voilà qui devrait rassurer les adultes inquiets des goûts musicaux des adolescents, ils ne sont visiblement pas si perméables aux diktats de l'industrie de masse.

Sur "Legend", de Bob Marley

Cet album, qui regroupe tous les plus grands succès de Bob Marley, alias "The Right Honourable Robert Nestor Marley", comme l'indique la distinction qui lui fut accordée par le gouvernement jamaïcain à titre posthume, nous permet de nous souvenir, plus de vingt ans après sa mort, de la brillante et troublante musique de ce célèbre "reggae-man".

Parue en 1984, soit trois ans après le décès de Bob Marley, cette compilation est très agréable à écouter et nous permet de nous relaxer facilement. À travers des chansons telles Redemption Song, le chanteur-compositeur-parolier-homme-politique arrive à nous faire ressentir ce que l'on pouvait éprouver en naissant noir et descendant d'esclaves embarqués sur les "merchant ships", à nous montrer sa colère grâce à des paroles très émouvantes et communicatives.

On pourra toutefois préférer l'autre compilation "One Love", plus récente (2001), riche de vingt titres parmi lesquels on appréciera les raretés comme le single I Know a Place, de janvier 1977, auparavant introuvable sur un album, ou encore le killer et très Motown Iron Lion Zion. Soit dit en passant, à réécouter Uprising ou Iron Lion Zion, on remarque à quel point Bob Marley avait mis de l'eau dans le vin de son reggae roots pour en faire quasiment de la pop FM sur un rythme reggae. Cette évolution, à moins d'en passer par la touche "Program(me)" de son lecteur de cédés, n'apparaît pas sur "Legend" qui ne regroupe pas les titres par ordre chronologique.

Axelle Moreau-Chazaud
Lycée général Saint-Éxupéry, La Rochelle (17)

Sur "L'Ombre sur la mesure" de La Rumeur

"L'Ombre sur la mesure" est le premier album de La Rumeur. Il arrive après trois maxi de qualité et confirme le talent de ce groupe qui a débuté, incognito, en 1996, alors que NTM produisait son "Paris sous les bombes".

Pas de "Yo !" ou de "check !" dans cet opus de 19 titres. Les thèmes sont abordés avec noirceur, lucidité, et une qualité artistique certaine. Dans des titres comme À 20 000 lieues de la mer, La Rumeur dépeint habilement le malaise urbain que la plupart des MC's français avaient délaissé pour parler de Mercedes-Benz et de bikinis. 365 Cicatrices et Premier Matin de novembre dénoncent l'esclavage et le sort réservé aux immigrés qui ont quitté leur pays pour reconstruire une France en ruines après la guerre.

En bref, ce disque, assaisonné d'humour noir, comme dans Les Petites Annonces du carnage, est pour tous les amateurs de hip-hop, qui regrettaient de ne plus avoir rien à se mettre sous la dent à cause du monopole du Gangsta américain et de la "soup-music" française...

François Gournay
Lycée général Mariette, Boulogne-sur-Mer (62)

Sur "18" de Moby

Paradoxalement venu du punk (comme quoi, on rentre vite dans le système...), le petit neveu d'Herman Melville (le papa de Moby Dick) est aujourd'hui devenu la star planétaire de la musique électronique. Bref, une véritable baleine de l'électro.

Or, une baleine, c'est beau, ça chante bien, mais c'est un peu lourd ! Comment ne pas se lasser de Moby ?

6 h du mat : votre radio-réveil vous tire du lit en couinant un titre de Moby.

7 h : vous mangez vos tartines beurrées devant la télé ; les pubs vous harcèlent de jingles sortis tout droit des claviers de l'homme-sandwich électronique.

8 h : Moby dans le bus en allant au boulot.

12 h 30 : Moby à la brasserie. On commence à avoir du mal à digérer.

18 h : Moby à la piscine. Gloup, gloup, gloup.

20 h : Vous décidez de vous changer les idées, vous allez au ciné... Qui retrouve-t-on en écoutant la B.O. ? Mobyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy !!!!!!!!

Moby par ci, Moby par là... À quand Moby sur les billets de banque, la messe chantée par Moby ou la Moby lette ? Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, il faut reconnaître que Moby est parvenu à conquérir la planète entière (seuls les moines shaolins, une poignée d'irréductibles Gaulois et les ornithorynques résisteraient encore). Bref, on fait comme tout le monde. On se procure le dernier opus de Moby. Première déception, la pochette de l'album. Aussi originale que le titre ("18" parce qu'il y a 18 titres...), elle représente Moby décidé à partir à la conquête de toutes les planètes du système solaire. Moby attack. Bonjour la créativité ! La photo pourrait tout aussi bien illustrer la boîte des playmobil de l'espace.

"18" déçoit parce qu'il est la copie conforme de "Play". L'album n'est pas désagréable à écouter mais sur "18", Moby se contente d'appliquer les vieilles recettes : collaboration avec des grands noms et remix de rythmes envoûtants. Le meilleur morceau de l'album est sans doute We are all made of stars. On y retrouve un riff de guitare pompé sur Bowie. On s 'amusera aussi à reconnaître le très beau Philadelphia. On espère un peu plus de créativité de la part de Moby dans son prochain album.

Prescilia Guilbert, Angélique Bouliez, Fanny Delestre, Aurélie Bocquillon, Cyrille Lemaire
Lycée professionnel-collège Henri-Senez, Hénin-Beaumont (62)

Sur "Iowa" de Slipknot

Slipknot, marketing antimarketing, ou comment neuf pseudo-métaleux surfent à contre-sens sur la vague néométal. Marilyn Manson l'avait compris : pour vendre, il faut choquer. Ben voilà, ils choquent ! Pentagram, 666, Tête de bouc et consort... Heureusement que Venom et Dio font partie de leurs influences, parce que c'est plus très novateur tout ça. Reprenez l'ambiance du black, la musique du death, saupoudrez le tout de scratches et de samples bien néo, et voilà le produit. Et quel produit ! Une poule aux oeufs d'or... Regardez-les, admirez-les ! Eux sont de vrais rebelles, pas comme ces lopettes de Sex Pistols. Admirez-les car ils se foutent bien du succès, ils ne sont pas là pour vendre, juste la zic !

Mais surtout, surtout, achetez leurs masques, leur merchandising, leurs cédés, leurs dévédés, tout, quoi ! En fait, c'est plutôt normal qu'ils mettent en avant chiffres et codes-barres ! C'est même le seul truc choquant du cédé, tiens ! Slipknot = Shit ?

Emmanuel Domont, lycée professionnel-collège de l'ameublement, Saint-Quentin (02)

Autour des "Chroniques Lycéennes"

Cyrille Lemaire, lycée Henri-Senez d'Hénin-Beaumont (voir site web des "Chroniques")

Séance 1 : Exposition du projet

Objectifs : présenter les modalités de l'opération aux élèves afin de les motiver.

Séance 2 : Qu'est-ce qu'une chronique ?

  • Objectifs : définir ce qu'est une chronique, son contenu et son organisation. Identifier la chronique comme un texte de presse mais aussi comme un texte argumentatif. Considérer la nécessité des références culturelles et des procédés stylistiques dans l'écriture de la chronique. Restituer le fruit de sa réflexion à l'oral, organiser son document rétro.
  • Notions : la chronique, les principaux procédés de style, la forme de l'article (notamment l'attaque et la chute.), etc.
  • Activités : par groupe, les élèves lisent silencieusement les six chroniques puis appliquent la consigne suivante "Tentez de définir ce qu'est une chronique (Quels sont les points communs entre les chroniques que vous venez de lire ? Quelles sont les différences ? Comment se structurent-elles ?" Ils restituent ensuite le fruit de leur travail à l'oral en projetant un document rétro qu'ils auront complété.

Séance 3 : La chronique, un texte argumentatif

  • Objectifs : identifier le thème, la thèse, les arguments dans un texte argumentatif, analyser la structure du paragraphe argumentatif. Repérer le lexique valorisant, le lexique dévalorisant, entendre et écouter.
  • Notions : thème, thèse, argument, organisation du paragraphe argumentatif.
  • Activités : lecture puis travail à partir d'un questionnaire de six questions. Écoute de l'album pendant le travail.

Séance 4 : Choix des albums...

Pendant deux heures, on écoute quelques chansons, on observe les pochettes des disques, on lit les paroles. Bref... on découvre les albums.

  • Objectifs : permettre aux élèves de faire leur choix. Apprendre aux élèves à écouter et à entendre. Développer leur culture musicale, éveiller une sensibilité chez eux. Développer l'esprit critique, la curiosité, la tolérance, l'expression d'une émotion, d'une sensibilité.

Lors de cette séance, je "tombe" sur le premier élève qui ricane en disant "ouahhh... c'est nul..." et je lui demande d'argumenter, de nourrir sa réflexion.

Séance 5 : Constitution d'un dossier concernant l'artiste à chroniquer

  • Objectifs : initier les élèves à la navigation sur internet, maîtriser la recherche documentaire (sélection, synthèse, reformulation), apprendre à travailler en groupe et à se répartir les tâches.
  • Activités : recherche d'infos (interviews, chroniques déjà publiées, chroniques des anciens albums, etc.) par petits groupes.

Séance 6 : Rédaction de la chronique (premier jet)

  • Objectifs : réinvestir les notions précédemment travaillées, organiser une réflexion critique, utiliser un vocabulaire approprié (valorisant ou dévalorisant), respecter la forme de l'article, etc.
  • Notions : toutes les notions précédemment citées.
  • Activités : écriture.

À l'issue de cette séance, les chroniques sont évaluées et annotées par mes soins. Je formule alors des conseils pour améliorer la qualité des textes.

Séance 7 : Retouches...

  • Objectifs : permettre aux élèves de comprendre qu'un texte doit être travaillé et retravaillé avant d'être "bon".
  • Notions : toutes les notions précédemment citées.
  • Activités : travail sur le fond et la forme, réécriture, reformulation, correction des fautes d'orthographe et de syntaxe, travail sur le vocabulaire, travail sur le contenu, mise en forme, etc.

Après cette séance, les chroniques des élèves sont à nouveau évaluées ; je tiens compte des progrès et des efforts des élèves.

Séance 8 : Envois des chroniques

On envoie nos chroniques sur le site des chroniques.

Séance 9 : organisation d'une journée musicale.

Préparation d'une exposition au CDI où l'on valorise le travail des élèves. On affiche les chroniques (des élèves du lycée) publiées par Les Inrockuptibles lors des deux dernières opérations, on lance des invitations, on met la musique à fond, etc.

  • Objectifs : valoriser le travail des élèves, permettre à d'autres élèves de découvrir le projet, sensibiliser d'autres élèves à la musique, permettre aux élèves d'aller à la rencontre d'autres élèves.
  • Activités : préparation de l'expo, préparation des panneaux, sélection des morceaux qui seront diffusés, envoi d'invitations, etc.

Séance 10 : A la rencontre d'un journaliste ou d'un artiste

Contacts à établir soit avec les associations locales, les SMAC (scènes de musiques actuelles), les artistes de la sélection en tournée...

Argos, n°34, page 70 (03/2004)
Argos - Chroniques lycéennes