Littératures

Bulles d'histoire(s)

François Righi1.

Dix remarquables albums de bandes dessinées pour dix commandements.

Ces deux dernières années, sont parus dix albums intitulés Le Décalogue. Ces dix tomes scénarisés par Frank Giroud, dont la lecture peut être séparée, imposent d'abord qu'on s'arrête sur chacun d'entre eux pour en présenter le contenu. Mais comme ils constituent un tout architecturé, il s'avère ensuite indispensable d'examiner les démarches qui ont présidé à leur création.

Les dix albums

Le Décalogue 1 : Le Manuscrit

Giroud / Béhé, Glénat, janvier 2001, 56 pages, 12 euros

De nos jours, pendant qu'un tueur en série sévit à Glasgow, Simon Broemecke, directeur éditorial, se demande s'il va enfin parvenir à achever son roman. La femme qu'il aime, Gwen, pense qu'il n'a jamais su terminer quoi que ce soit et l'a quitté. Quelque temps après, il retombe sur un manuscrit du XIXe siècle, découvert par une femme âgée dans une vieille malle de famille. À partir de là, Simon s'engage dans des actions qui vont lui coûter très cher. Le mystère autour du manuscrit intrigue, mais en même temps l'auteur, Franck Giroud, incite à observer les comportements qu'il produit. Le titre général indique que la quête se fera en dix tomes indépendants, chacun ayant un dessinateur différent. Ici, Joseph Béhé inaugure la série avec le premier commandement du décalogue retenu par le scénariste, "Tu ne tueras pas".

Le Décalogue. 2 : La Fatwa

Giroud / De Vita, Glénat, janvier 2001, 56 pages, 12 euros

Sous l'influence d'intégristes musulmans, Merwan a bien des soucis avec sa petite amie Aline qui veut vivre librement. Au moment où elle monte dans l'Orient-Express, à la gare de l'Est de Paris, Merwan reconnaît Halid Riza, écrivain condamné à mort par des islamistes, avec une fatwa. Aussi n'hésite-t-il pas à devenir un passager clandestin. Mais assassiner un homme n'est pas simple et ses convictions sont ébranlées quand celui-ci lui présente un livre intitulé Nahik qui raconte comment un officier de Bonaparte découvrit en Égypte une omoplate de chameau, sur laquelle était gravé un décalogue, écrit en arabe de l'époque de Mahomet. Le dessinateur De Vita signe avec maîtrise ce second album qui possède en frontispice un second précepte, "Tu resteras à l'écoute de ta conscience pour y entendre la voix de Dieu".

Le Décalogue. 3 : Le Météore

Giroud / Charles, Glénat, mai 2001, 48 pages, 12 euros

Ce troisième tome commence comme un vrai polar : dès la troisième planche, le lecteur assiste à un meurtre dans un hôpital psychiatrique de Grèce, en décembre 1958. La victime est celui qui joue le rôle de Saint Basile venu apporter des cadeaux. Profitant de son déguisement, l'assassin, pensionnaire de l'asile, parvient à s'échapper. Deux jours plus tard, toujours en Grèce, dans la région des Météores, six hommes et une femme, Shelley McGuire, une spécialiste de l'islam, se sont donné rendez-vous, sans se connaître auparavant. Par conséquent, l'un des hommes pourrait être le psychopathe criminel poursuivi par la police. Le groupe, composé d'universitaires, de peintres d'icônes et de bibliophiles, veut rejoindre le monastère du Météore d'Hagios Manolis qui posséderait un exemplaire du fameux livre intitulé Nahik. Leur excursion devient vite un calvaire, dans cette montagne hivernale perturbée par une tempête de neige. Le dessinateur, grâce à son talent, a su la rendre oppressante, d'autant plus que le lecteur se demande à quel moment l'aliéné recommencera ses forfaits et comment se manifestera une forme d'iconoclasme correspondant au troisième commandement : "Tu n'attribueras aucune image à ton Dieu".

Le Décalogue. 4 : Le serment

Giroud / TBC, Glénat, mai 2001, 56 pages, 12 euros

Au printemps 1937, à Mostar en Bosnie, cinq jeunes amis, deux femmes, Josipa et Milena, et trois hommes, Davor, Vilko et Safet, lors d'un pique-nique, trinquent à la vie et à l'amour. Davor est amoureux de Milena qui préfère Safet. Des dissensions politiques se révèlent entre eux. La Seconde Guerre mondiale les confirme et les accentue dramatiquement. Vilko devient un membre des terribles Oustachis, nationalistes croates qui soutiennent les Allemands contre les partisans de Tito. Par dépit, Davor est devenu un prêtre catholique. En 1946, il aide Vilko avec le réseau "Ratline", mis en place par le Vatican pour permettre la fuite de certains criminels de guerre. Mais Milena, qui a rejoint l'armée communiste de Tito, recherche Vilko pour venger la mort de son seul amour, Safet. Davor se retrouve devant celle qu'il n'a jamais pu oublier et se parjure, lui le prêtre, en prêtant serment sur la Bible que Vilko n'a pas trouvé refuge au Vatican. Il ne respecte donc pas le quatrième commandement d'un décalogue, "Tu ne porteras pas de faux témoignage", inscrit dans le mystérieux livre, Nahik, qu'étrangement Milena connaît, elle aussi. Frank Giroud dévoile ici le rôle obscur joué par l'Église catholique pendant ces années noires, avec l'aide d'un dessinateur slovène, tbc, qui a déjà dénoncé la violence dans l'ex-Yougoslavie avec Fables de Bosnie, en 1999. Son graphisme expressionniste stigmatise la tragédie qui se noue entre les personnages.

Le Décalogue. 5 : Le vengeur

Giroud / Rocco, Glénat, février 2002, 56 pages, 12 euros

Juin 1915 : des Turcs massacrent les Arméniens, victimes d'un génocide. Avant d'être assassinée, Alice confie le livre Nahik à son fils Missak ; ce dernier parvient à s'échapper dans les montagnes avec Aram, le fils de leurs voisins. Sept ans plus tard, en 1922, à Berlin, Missak revoit Aram, devenu membre de l'organisation arménienne qui veut se venger des criminels turcs. Parmi ceux-ci, elle poursuit Selim Gunneï, ancien responsable de la sécurité de la région de Van. Étant un bibliophile invétéré, Missak est chargé de retrouver sa trace, en approchant sa fille Ayla qui étudie les beaux-arts à Berlin et en lui révélant qu'il possède Nahik, pour attirer son père dans un guet-apens. Mais voilà, Missak n'avait pas prévu qu'il tomberait amoureux d'Ayla. Sa situation devient cornélienne : est-ce l'amour ou la vengeance qui va l'emporter ? Le cinquième précepte, "Tu pardonneras à tes ennemis", présage-t-il de l'avenir ?

Le Décalogue. 6 : L'échange

Giroud / Mounier, Glénat, février 2002, 56 pages, 12 euros

En 1882, sur le paquebot qui les mène aux USA, des émigrants d'Égypte, de conditions sociales très différentes, font connaissance. L'une des familles, les Fleury, tout en gardant une des pages dessinées par Desnouettes, offre à l'autre, les Santoni, le livre Nahik. Dans chaque couple les femmes sont enceintes et pendant la traversée, elles donnent naissance chacune à une fille, Alice et Laetitia. Au cours d'un naufrage, l'un des bébés disparaît. Vingt ans plus tard, en 1902, à New York, les Fleury, dont la réussite est manifeste, sont bien intégrés aux États-Unis. Dans le luxe, Alice Fleury fête son anniversaire bien, qu'elle ne s'entende pas avec ses parents. Un jour, chez un brocanteur, elle découvre un magnifique livre ancien, Nahik, auquel il manque une page qui pourrait bien être celle encadrée dans son salon. Alice commence alors à se poser des questions et recherche le précédent détenteur de Nahik. À New York, Elle tombe sur la famille Santoni dans un état misérable qui pour subvenir à ses besoins est prête à exploiter tous les moyens : avortement des femmes de notables, chantage... Alice rechigne à appliquer le sixième commandement du décalogue de Frank Giroud : "Tu honoreras ton père et ta mère".

Le Décalogue. 7 : Les conjurés

Giroud / Gillon, Glénat, octobre 2002, 56 pages, 12 euros

Le 21 septembre 1822, sur la place de Grève à Paris, sont guillotinés les quatre sergents de La Rochelle, membres de la Charbonnerie, société secrète qui lutte contre le régime politique de la Restauration, donc qui vise à renverser Louis XVIII. Ce jour-là, les cuirassiers de la monarchie chargent leurs partisans qui manifestent. L'un d'eux, le lieutenant Odilon Vitrac, blessé, parvient à leur échapper en trouvant refuge dans la berline d'Hortense Fleury, venue à son secours. Hortense est la femme du général Fleury, homme influent dans les cercles bonapartistes. Hortense et lui détestent tous les deux les Bourbons et, pour les remercier, Odilon dévoile son appartenance à la Charbonnerie. Comme le général ne se déplace qu'en fauteuil roulant, c'est Hortense, bien que femme, qui demande à rejoindre les conjurés. Ceux-ci manquent de ressources financières pour organiser une insurrection et Hortense leur propose d'éditer Nahik, un récit ayant pour cadre l'Égypte, d'un auteur inconnu, Alan D., avec les aquarelles de Desnouettes.

Cependant, l'amour entre Hortense et Odilon naît sous les yeux de Benjamin. Ce dernier est le fils de Ninon, la soeur d'Hortense, et du général Fleury. Sur son lit de mort, Hortense a juré à sa soeur qu'elle s'occuperait de son enfant et elle a épousé le général Fleury. Benjamin ne veut surtout pas perdre encore une fois celle qu'il considère comme sa mère. Pourtant, Hortense prend des risques face à la police royale qui poursuit avec efficacité les comploteurs. Pour illustrer le septième commandement de son décalogue, "Tu ne tromperas pas ceux qui t'aiment", le scénariste Frank Giroud a fait appel à Paul Gillon qui le traite avec force, grâce à son graphisme réaliste, précis et sobre. On peut juste regretter que la mise en couleurs ne soit pas à la hauteur du dessin.

Le Décalogue. 8 : Nahik

Giroud / Rollin, Glénat, octobre 2002, 56 pages, 12 euros

En octobre 1813, pendant la campagne d'Allemagne qui annonce la chute de Napoléon, le général Fleury est gravement blessé. Fin novembre, il est à Paris sur un fauteuil roulant. Avec sa femme, Ninon, et son fils, Benjamin, il s'installe chez son beau-frère, Hector. Ce dernier, frère de Ninon, est un romancier célèbre en train d'écrire un récit ayant pour cadre l'Égypte. Il héberge aussi leur frère Eugène, ancien officier de Bonaparte qui semble atteint par la folie. La nuit, enfermé dans sa chambre par Hector, il bouleverse la maison en criant "Nahik !". Ninon ne peut admettre qu'Eugène reste dans cet état-là et elle soupçonne Hector de ne pas tout tenter pour le guérir. Aussi, malgré l'opposition d'Hector, fait-elle appel au docteur Vauvert. Révélant sous hypnose que le traumatisme remonte à la campagne d'Égypte, Eugène parle d'une omoplate et, surtout, d'un monstre qu'il appelle "Nahik" et qui lui aspire le cerveau avec ses tentacules. Ici, Frank Giroud a créé une intrigue à l'intérieur d'une famille, liée au huitième commandement de son décalogue, "Tu te montreras charitable envers les faibles, les démunis et les pauvres d'esprits", qui en même temps interroge sur les origines de l'inspiration littéraire.

Le Décalogue. 9 : Le papyrus de Kôm-Ombo

Giroud / Faure, Glénat, janvier 2003, 56 pages, 12 euros

En 1798, pendant la campagne d'Égypte, le capitaine Eugène Nadal est chargé de protéger Fernand Desnouettes, peintre passionné de culture arabe dont le style rappelle celui de David Roberts, jusqu'à Kôm-Ombo, au milieu des sables nubiens, localité du Labyrinthe de Thôt. Desnouettes pense y découvrir un mystérieux sanctuaire datant du VIIe siècle où se serait établi un culte plus ou moins dérivé de l'islam. Au-delà de Louxor et de Karnak, l'escorte de Nadal tombe sur une embuscade des Mamelouks. Après plusieurs affrontements le long du Nil, Eugène, blessé, et Fernand trouvent refuge inopinément dans le dédale tabou dissimulant le sanctuaire qu'ils recherchent. Dans cette oasis, Eugène est soigné par Smina et sa mère Nabila. Celle-ci dirige la communauté de ceux qui se considèrent comme les croyants de la vraie foi musulmane. Ils possèdent une omoplate de dromadaire sur laquelle est calligraphié un décalogue. Selon un papyrus qui l'accompagne, rédigé entre 632 et 652, ces commandements seraient la dernière sourate de Mahomet, exclue par le calife Uthmân au moment de l'écriture du Coran. Ces derniers préceptes du prophète enlèverait toute justification à la guerre sainte. Eugène y voit un enjeu politique et croit que, s'ils étaient diffusés, ils sèmeraient parmi les musulmans la discorde qui profiterait à l'armée de Bonaparte. Pour s'emparer de l'omoplate et du papyrus, Eugène est prêt à s'opposer au pacifique Fernand, à Nabila et à sa communauté, donc à employer les moyens les plus infâmes. Le neuvième commandement du décalogue, "Tu ne convoiteras pas le bien d'autrui", est superbement mis en scène par Michel Faure grâce à la vibration de son trait ainsi qu'au dynamisme de l'organisation et de l'enchaînement des cases dans les planches, elles-mêmes rehaussées par le chatoiement des couleurs. Quant à la reconstitution historique, elle est précise et rigoureuse car le dessinateur connaît bien cette période qu'il a déjà présentée dans sa série intitulée "Les fils de l'Aigle".

Le Décalogue. 10 : La dernière sourate

Giroud / Franz, Glénat, janvier 2003, 56 pages, 12 euros

En 652, Tayeb est chargé par le calife Uthmân de recenser les paroles de Mahomet parmi ses anciens compagnons, afin de fixer par écrit Le Coran. L'objectif est aussi d'éliminer les versions contradictoires et douteuses pour maintenir l'unité de l'Empire créé autour de l'islam. Tayeb surgit avec son escorte dans un village de Haute-Égypte dirigé par une femme, Mahdjubah, qui connaît par coeur une sourate sous la forme d'un décalogue que son père a trouvé gravé sur une omoplate de chameau dans la maison du prophète, juste après sa mort en 632. Tayeb est intrigué car ce décalogue et surtout le dixième commandement, "Tu feras aimer Dieu par l'exemple et non par la force", qui contredit la politique de Mahomet et de ses successeurs, les califes. De plus, l'omoplate a disparu à Médine, quand le père de Mahdjubah a été assassiné par des hommes qui ont pillé sa maison et qui ont contraint celle-ci et ses partisans à l'exil. Après avoir écouté les indices fourni par Mahdjubah, Tayeb décide de revenir à Médine afin d'y retrouver le décalogue. Mais comme la fixation du texte officiel du Coran est l'objet d'enjeux politiques meurtriers au moment où les rivalités s'aiguisent pour devenir calife, Tayeb prend des risques majeurs, bien qu'il se demande toujours si les dix commandements ont été réellement rédigés par le prophète juste avant sa mort et seraient donc sa dernière sourate. Le brillant trait noir de Franz s'harmonise avec ce récit qui donne les clés pour comprendre les tomes précédents. Malheureusement, son décès l'a empêché de procéder à la mise en couleurs.

Le Décalogue ou le temps recomposé

Frank Giroud est le grand horloger de cette fiction en dix tomes qui s'étend sur treize siècles. Comme pour les religions monothéistes juive, chrétienne et musulmane, appelées "religions du livre", cette création invoque chaque fois un livre, Nahik, un roman étrange d'un auteur mystérieux du début du XIXe siècle, Alan D., avec des aquarelles d'un dessinateur disparu, dont une représentant une omoplate de chameau sur laquelle sont calligraphiés dix commandements en arabe hidjazî, utilisé à l'époque de Mahomet. Ce décalogue pourrait se révéler être la dernière sourate du prophète. Tous ces éléments énigmatiques captent la réflexion du lecteur qui cherche à entrer dans le secret des dieux, en l'occurrence ici celui de l'auteur, le scénariste décidant du destin de chacun de ses personnages avec la complicité des dessinateurs.

Ces tables de la loi, dont un précepte est inscrit sur la page de titre de chaque tome, forment un syncrétisme voulant réconcilier les religions juive, chrétienne, musulmane et même orientales. Les commandements retenus ou ceux imaginés par l'auteur, mais pas toujours appliqués par les personnages, dégagent une éthique pacifique et humaniste. Certains sont des prétextes à des histoires tandis que d'autres sont les attributs a posteriori d'une fiction créée précédemment. Par contre, il a éliminé toute moralité concernant les relations entre les femmes et les hommes, la sexualité. Cela n'empêche pas que l'amour, libre, partagé, contrarié ou brisé joue un rôle important dans les différents récits. En effet, les commandements ne sont pas les seuls vecteurs de ces narrations qui ont aussi des axes dramatiques. Avec les différentes facettes de l'amour, interviennent au cours des tomes d'autres pulsions humaines : l'angoisse de la réussite littéraire, les réactions face à l'intégrisme religieux, la folie, la vengeance d'un crime, l'interrogation sur sa filiation, la jalousie erronée, la destruction pour la possession, la rivalité et l'intégrité vis-à-vis du pouvoir. Pour les protagonistes, la corrélation entre les commandements et les situations dramatiques conduit souvent à une fin tragique dans chaque album, comme si Nahik était frappé de malédiction.

Le sort et les passions de ces femmes et de ces hommes s'accomplissent dans un cadre large, celui du temps historique. Les dates choisies pour les neuf premiers tomes établissent un parcours entre la fin du XVIIIe siècle et la fin du XXe siècle, soit deux siècles. Seul le dernier tome est une incursion au VIIe siècle. Différents sujets sont abordés : l'islamisme contemporain, l'attitude de l'Église catholique pendant et après la Seconde Guerre mondiale, le génocide arménien, l'opposition à la restauration de la monarchie en France, la campagne d'Égypte avec Bonaparte, la naissance de l'islam. Le choix n'est pas anodin. Il rappelle sans complaisance certaines périodes troubles, meurtrières, noires ou apocalyptiques. Les personnages, avec leurs contradictions, en sont plus des révélateurs que des démonstrateurs, dans chaque album voué d'abord à être un récit romanesque qui puisse intéresser le lecteur. Le grand ordonnateur du temps qu'est Frank Giroud a même voulu que le lecteur le redécouvre dans l'autre sens, du tome dix au tome un. Ainsi apparaît une saga familiale. De génération en génération, se transmet directement ou indirectement le livre Nahik, ou son manuscrit. Un arbre généalogique présenté dans les premières pages du tome 9 facilite ce parcours inversé. Celui-ci confirme que chaque tome peut être lu indépendamment, même si des personnages se retrouvent d'un album à un autre. Un problème s'est surtout posé pour les deux dessinateurs qui ont dû présenter le même personnage mais à un âge différent. Cependant, comme Nahik et le décalogue donnent une cohérence à l'ensemble et que chaque épisode est autonome, l'unité du dessin ne s'avère pas indispensable.

Grâce aux différents dessinateurs, cette oeuvre achevée a pu être éditée sur une période courte de deux ans. Cette maîtrise supplémentaire du temps ne peut que réjouir le lecteur, lycéen ou adulte, qui ainsi l'apprécie pleinement et rapidement alors que d'habitude il subit l'étalement de la parution de séries interminables.

(1) Du même auteur, vient de paraître, La Guerre d'Algérie avec Azrayen, de Lax et Giroud, coédité par Dupuis et le CRDP de Poitou-Charentes en janvier 2003, 145 pages

Argos, n°33, page 28 (12/2003)
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