Littératures

Oh, qu'il est laid, le vilain petit canard pontien !

Anne Dupin

Dans Okilélé, Claude Ponti présente la différence en tant que situation marginalisante, qui détermine une construction particulière de l'identité et donne accès à une forme de connaissance fondamentale. On y trouve aussi une propédeutique à l'intertextualité qui ajoute un supplément de temps, d'espace et de sens considérable.

S'il est un album de Claude Ponti qui rappelle les contes traditionnels et qui, par là-même, ravive les émotions enfouies de notre enfance, c'est assurément Okilélé. De la structure aux éléments du récit, tous les ingrédients semblent réunis pour constituer une véritable salade de contes.

L'univers des contes

D'évidentes références font sourire du clin d'oeil tendre et parodique que lance l'auteur. En effet, la laideur de ce nouveau-né, présentée d'emblée devant ses parents effarés, n'est pas sans rappeler celle de "Riquet à la houppe", transposé pour la circonstance en "Okilélé à la trompe". Il se révélera, par compensation, d'une intelligence remarquable et vivra comme lui dans un monde souterrain, lieu d'accueil des êtres différents. Okilélé commence sa vie dans une famille déjà constituée de trois enfants fort peu sympathiques, sorte de répliques des méchantes soeurs de Cendrillon. Le cadet supporte si mal la laideur de son nouveau frère qu'il en vomit des serpents et des crapauds, le plaçant par avance du côté des méchants, comme la mauvaise soeur punie dans Les Fées, de Perrault. Un miroir qui pourrait être celui de Blanche-Neige, révèle à ce pauvre naïf d'Okilélé non pas la présence d'un rival plus beau que lui, mais l'horreur de son visage. Ce "vilain petit canard" prend conscience de sa différence et essaie en vain de s'adapter à cette famille qui le rejette si violemment. Ses efforts ne lui attirent que des reproches et il trouve refuge dans le placard sous l'évier, sorte de réactualisation de Cendrillon dans l'âtre. Lorsqu' Okilélé plante sa graine, on s'attendrait à voir pousser le haricot magique de Jacques, mais c'est une montagne qui sort de terre et monte jusqu'aux cieux. Enfin, la princesse qu'il y découvre rappelle la Belle au bois dormant et son entourage endormi. Mais elle peut encore faire penser, pour ne pas remonter si loin, à la reine Céleste dans "Babar". Et Okilélé, perché tout seul sur sa planète morte, ne nous ramène-t-il pas au Petit Prince de Saint-Exupéry ?

Ponti, débordant le cadre des contes traditionnels, fait appel à des images qui, à l'évidence, appartiennent à notre patrimoine littéraire. D'autres références émergent du récit, plus implicites encore.

Des emprunts à la mythologie

À partir de l'ultime méfait parental, Ponti semble nous inciter à retrouver quelques figures de grands mythes. L'enfermement d'Okilélé derrière un mur de briques bâti par son père n'est pas sans rappeler Créon emmurant Antigone l'insoumise. La Cafteuse tombée du ciel, servant d'informateur, fait penser à Mercure le messager ailé des dieux qui veille sur les carrefours, toujours prêt à accompagner une âme. Comme lui, la Cafteuse tantôt dans le ciel et tantôt sur terre sert de lien entre les mondes avec beaucoup de verve, ouvre les portes de la connaissance et permet la communication entre différents plans. La rencontre entre Okilélé et Gradusse, éléphant figé sur son socle de pierre, évoque le sphinx posant son énigme à OEdipe. La Boît-Taréponz est une sorte de Pythie prête à révéler son oracle, mais uniquement à qui sait dire la formule magique. Le fil que suit Okilélé jusqu'au dragon fait songer au fil d'Ariane, guidant non pas Thésée mais Jason, jusqu'au dragon gardant la Toison d'or. Le puits sans fond que lui fait remplir Pofise Forêt rappelle le tonneau des Danaïdes, les os qu'elle plante autour de sa maison évoquent ceux de l'île des Sirènes et les tâches impossibles font songer aux travaux d'Hercule. Tel Saint-François d'Assise, Okilélé apprend le langage des oiseaux. Il entraîne ses parents à manifester le bonheur de leurs retrouvailles par la "Grande-Danse-de-la-Joie-Joufflue", qui suggère une danse de la mythologie amérindienne. La montagne qui sort de terre, le soleil endormi, la planète morte et les étoiles semblent appartenir aux mythes cosmogoniques.

De la légende d'Arthur aux héros du cinéma

Comment ne pas apprécier également les intrusions cinématographiques, presque anachroniques, comme ce vieillard qui fait penser à la fois à Merlin l'enchanteur, initiateur du jeune Arthur, et à Yoda le sage aux oreilles pointues, figure désormais légendaire de la Guerre des étoiles, préfigurant peut-être la quête d'Okilélé vers les astres. La petite cape bleue et rouge flottant derrière lui rappelle Superman le sauveur du monde. Sa trompe cachée derrière un masque fait également ressurgir l'image d'Elephant man. Et le seul animal du récit, devant lequel passe Okilélé sans l'apercevoir, ressemble au petit Mogwaï échappé du film Gremlins, caché derrière son rocher en forme d'oeuf. À moins qu'il ne s'agisse d'un Ewok... Quant à la tête d'Okilélé, difficile de ne pas y retrouver celle de Jumbo l'éléphant.

Quoi qu'il en soit, le recours conséquent à ces figures des contes, des mythes et des légendes est au service de l'élaboration d'un système signifiant qui renforce l'interprétation symbolique. Cet album très composite nous invite, par une lecture à plusieurs niveaux, à une distanciation mettant en évidence un récit à la portée psychologique et philosophique indiscutable. Ponti fait partie de ces auteurs qui rendent abordable aux enfants la dimension du psychique, par une mise en scène à la fois maîtrisée et ouverte à différentes lectures.

Le rejet de la différence

Cet album, dont le titre Okilélé est remarquable par la phonétique quenellienne du nom de son personnage principal, est construit sur la même ambiguïté que celle que l'on trouve dans Le Vilain Petit Canard. Ces deux héros sont déclarés affreux par les autres personnages du récit et par le narrateur, alors qu'ils apparaissent simplement différents et même plutôt mignons aux yeux des lecteurs. Okilélé, avec sa trompe, n'est en réalité pas plus laid que sa famille au nez rond et n'a rien à leur envier. Ce qui compte alors est la perception de la différence par les autres personnages. Placé d'emblée sous le signe d'une laideur manifeste par cette exclamation peu flatteuse concernant son identité, Okilélé ne peut par la suite échapper à l'image dévalorisée de celui dont la différence n'est pas acceptée. Il en vient ainsi à se percevoir tel qu'on le dit, et le lecteur jouant le jeu se laisse entraîner aussi vers cette interprétation.

Mais c'est avant même sa naissance qu'Okilélé semble avoir été touché par le sort d'une façon néfaste : son oeuf vert est tout cabossé, peut-être signe de la "malformation" à venir, tout comme l'oeuf de cygne gris du vilain petit canard annonçait déjà la différence parmi les oeufs de canards. Inconscient tout d'abord de cette différence insupportable pour sa famille - même la peluche de sa soeur en est effarée - il croit baigner dans l'amour familial alors qu'il est repoussé par sa mère dès ses premiers élans de tendresse. Jusqu'au jour où, première prise de conscience douloureuse dans son existence, le miroir de la maison lui renvoie son reflet se mordant les doigts d'une telle vision d'horreur. Okilélé se trouve être à lui-même aussi effrayant dans sa différence que le prétend son entourage.

Tout au long du récit, Okilélé semble attiré par des personnages ou des objets qui, comme lui, possèdent une trompe ou quelque chose qui y ressemble : Gradusse et son petit "moi", le dragon, la princesse, l'oiseau-fontaine à la tête de robinet et même l'évier de la cuisine. Comme si, adhérant malgré lui à l'image qu'on lui renvoie, il sentait que ces personnages qui présentent une similitude avec son appendice nasal participent de sa vraie nature et constituent sa véritable famille. Il est d'ailleurs difficile de penser qu'il est le fils de sa mère, puisque possédant des mamelles de mammifères, celle-ci ne devrait pas pondre des oeufs.

Petit être à trompe qui découvre qu'il s'est trompé sur lui-même et sur les autres, sa première réaction est de tenter de dissimuler sa vraie nature et de rentrer ainsi dans la norme. Il se fabrique un masque, qu'il abandonne très vite car sa trompe en dépasse, renforçant un sentiment d'étrangeté qui inspire encore plus d'effroi que son vrai visage. Il ne réussit donc pas à modifier son statut de vilain petit canard et n'existe auprès de ses parents qu'à travers le rejet. Les premiers temps de sa vie sont ainsi marqués par la négation de son existence.

Une double forme d'abandon

Essayant néanmoins de communiquer avec ses parents, il tente de créer des liens, illustrés au sens propre du terme, avec les différents éléments de son environnement quotidien. Il attache les objets et "les gens de sa famille avec des cordes pour parlophoner tous ensemble", rassemblant comme il peut les morceaux de cet univers que le vide affectif risquerait de rendre mentalement déstructurant. Malheureusement, "à chaque fois [...] les choses ne marchaient pas du tout comme il voulait".

Lors d'une dernière tentative de rapprochement, ne connaissant toujours pas la façon de s'y prendre, il "dérangea les autres un peu plus que d'habitude" avec ses cordes de parlophone. Mettant toute sa bonne volonté au service d'un accaparement perçu comme excessif, il déclenche les foudres de ses parents qui "entrèrent dans une grande colère"... et n'en ressortirent pas, malgré ses supplications.

Cette difficulté à nouer des liens familiaux se trouve renforcée par l'absence d'éducation parentale qui empêche Okilélé d'acquérir les codes de comportement en adéquation avec son milieu. Que ce soit son père, qui préfère lire le journal, ou sa mère, qui s'occupe de la maison, aucun des deux ne songe à s'occuper de lui. Nul ne peut donc le blâmer d'envahir le salon avec ses cordes, de prendre ses petits déjeuners dans un "bain de café au lait" tout en savourant des mélanges alimentaires très au goût des enfants bien que douteux sur le plan diététique, ou de dormir dans le lustre du salon. Et s'il tente de se plier à l'organisation des repas familiaux, il semble cependant ne pas connaître les règles sociales qui lui éviteraient de s'y présenter plongé dans la soupière.

Face à ces comportements, les parents ne perçoivent que l'envahissement de leur espace vital et ne lui opposent qu'une colère farouche et des reproches sans plus d'explications. Il ne peut que constater que "tout le monde était fâché", malgré ses efforts pour s'accorder aux autres. Succombant au désespoir que suscite le sentiment d'exclusion, il trouve refuge dans le seul lieu auquel sa famille n'a apparemment pas accès, sous l'évier de la cuisine. Se sentant indésirable, il s'y laisse "oublier". Le choix de ce lieu de retranchement est quelque peu incongru. La proximité des poubelles lui confère un manque d'hygiène évident, sans parler de la présence des produits ménagers toxiques, pourtant ses parents l'y laissent volontiers. Ils ne semblent donc pas plus se préoccuper de la sécurité matérielle que de l'éducation de leur enfant, ce qui constitue déjà en soit un abandon, avant même qu'ils ne décident de l'emmurer vivant en le laissant "dans son trou jusqu'à la Fin des Fins".

Une construction identitaire entravée

Enfermé avec les poubelles, Okilélé se trouve ramené au rang de déchet qui ne sert plus à personne. Ce crime perpétré par les parents le conduira à renoncer pour un temps à sa famille. Ce confinement dans le ventre de la terre, retour à une matrice originelle protectrice, ne se fait pas dans la solitude mais avec son frère d'adoption Martin Réveil, qui l'aide à se construire et à reconstruire un monde à lui, pendant un temps. Temps de gestation dans un espace transitoire, c'est une mort symbolique avant la renaissance qui lui fera prendre un nouveau départ dans la vie et entamer son voyage.

Lorsqu'il rencontre le dragon sur son pont de corde, celui-ci n'est pas décidé à laisser passer "un petit rien du tout avec une seule trompe", lui qui peut se targuer d'un posséder six. Okilélé passe alors du rang de déchet à celui de "petit rien du tout", légère progression dans le statut de héros même si elle reste encore bien insignifiante ! Terrorisé, il ne peut qu'éternuer une grosse fumée de ce "petit rhume noir" qui, par un mouvement d'analepse de l'auteur, l'accompagne depuis sa naissance, comme ces enfants au nez qui coule perpétuellement. Expulsant involontairement ce nuage du malheur, des peurs et du désespoir, de tout ce qui est noir en lui, Okilélé tue le monstre. Affronter le dragon, c'est refuser le malheur qui l'encombre, décharger son désespoir comme une arme sur cet ennemi et s'affranchir de toutes ses peurs. Réussir à traverser le pont marque le passage à un état plus adulte. Passer sur la corde raide, c'est être capable de sortir de son enfance.

Mais il se retrouve ensuite asservi par Pofise Forêt qui lui impose des tâches impossibles. Cette sorcière, dont le seul objectif est l'anéantissement de l'être, provoque la perte d'identité. Okilélé, que ce soit par soumission ou parce qu'il a été instrumentalisé, transformé en outils de travail pour la circonstance et n'ayant plus toute sa tête à lui à proprement parler, obtempère sans broncher, sauf à la cinquième tâche. Il réussit toutes les épreuves mais donne aussi la preuve qu'il est désormais capable de s'opposer à l'autre, d'échapper à son emprise et à la servitude et de poser ses propres désirs. Il évite ainsi la mort que lui réservait celle "qui usait tellement les gens qu'il n'en restait que les os".

Une résilience étonnante

Okilélé, face à ces situations difficiles, montre malgré tout une capacité de résilience remarquable. Il se contente dans un premier temps de ce que la vie lui présente. Il joue avec ses cordages ou dans son bain avec "des bateaux-tartines". Il s'octroie des espaces à lui, perché sur le lustre ou caché dans sa cabane pour recréer un cocon qu'on lui refuse. Il s'y livre à des plaisirs compensateurs : il déguste un tas de nourritures sucrées, regarde des livres illustrés parlant d'amour avec une princesse, devant une télé éteinte sur laquelle des cartes postales scotchées de la Lune et du Soleil annoncent ses premiers attraits pour le monde des étoiles.

La fabrication du masque, image substitutive de lui-même, traduit une volonté certes maladroite de devenir "comme tout le monde", mais encore une ingéniosité délirante qui ne cessera de se développer par la suite. Il a déjà inventé les prototypes du parlophone, sait se construire une tente, se fabriquer un chevalet pour regarder ses livres, et le jouet à roulettes est certainement de sa facture. Dans son refuge sous l'évier, il se reconstitue un intérieur confortable à partir de matériaux de récupération. Il se fabrique des meubles et installe l'électricité. Ayant quitté la chaleur de la maison, il coud "une cape pour se protéger du froid et de la pluie", à la fois signe de son besoin de protection, de sa prise d'autonomie, et anticipation du monde social à affronter. Il trouve et répare Martin Réveil, "nouvel ami" jeté au rebut comme lui. Il invente avec lui de nouvelles pièces pour agrandir sa "Maison-Sous-la-Terre", avec cuisine, bibliothèque, champignonnière, potager et piscine. Mais surtout, ils construisent un "parlophone géant", grande invention de la vie d'Okilélé, poste de communication souterrain dont l'antenne ressort vers le monde extérieur.

Héros solaire en quête cosmique et spirituelle

La construction de ce parlophone, motivée par la nécessité de donner un autre sens à sa vie, devient l'instrument de son destin. Il répond au désir d'entrer en communication avec un monde supérieur pour accéder à la connaissance, mode d'élévation suprême. Car Okilélé veut savoir "pourquoi les choses [sont] comme ça et pas autrement". Aspiration spirituelle, question existentielle s'il en est, à laquelle seul le monde cosmique pourrait répondre tant elle est vaste. Et c'est bien ce qui se passe : les étoiles répondent à son interrogation télépathique et lui apprennent qu'il existe "une planète où l'on a besoin [de lui]".

Le parcours initiatique qu'entreprend Okilélé "pour trouver le quelqu'un qui avait besoin de lui" permet le cheminement intérieur à la hauteur de cette aspiration. Lorsqu'il contemple les arbres qui l'entourent, il comprend intuitivement qu'ils sont la figuration symbolique d'un rapport au monde qui le dépasse, d'un lien entre le ciel qu'ils tiennent dans leurs branches et la terre qui ancre leurs racines, d'une verticalité qui donne accès à une connaissance à la fois chtonienne et ouranienne. Quand il décide, sur les conseils du vieux sage, de faire l'arbre pour "tout savoir et tout comprendre", il se débarrasse d'abord de sa cape, donc de sa culture. Puis il se plante en terre pour puiser dans le contact avec la nature, dans l'immobilité ascétique d'une posture de méditation, par le retour sur soi et l'expansion de la conscience, à une source d'enseignement qui permet l'ouverture à tout l'univers.

Le recours à la pensée permet la métamorphose. C'est l'expression du désir issu des profondeurs de l'inconscient, qui prend forme dans l'imagination créatrice. Tout d'abord "il pensa très fort qu'il était un arbre". Jusqu'à ce qu'il sente "pousser ses bourgeons [...], ses jeunes branches", et entende "le petit froissement de ses feuilles qui se dépliaient". Puis il abrite les oiseaux et leur nid durant toute une saison, de la mort de l'arbre dépouillé à sa régénération, symbole du caractère cyclique de l'évolution. La nature favorise la mutation. Cette transformation profonde lui fait apprendre "le langage des oiseaux" et accéder aux "secrets des pierres qui sont aussi vieilles que la Terre, et ceux du ciel qui sont immenses". En atteignant ce nouvel état, il réalise les possibilités de son être, par la mort à l'égard du monde et le dépassement de son incarnation physique insatisfaisante. C'est à partir de sa trompe, élément qui fonde toute sa différence, que va se déclencher la métamorphose. En apprenant à être maître de sa nature, il rencontre la nature tout entière.

Comme il a eu accès aux secrets du monde végétal et minéral, il a maintenant la capacité de faire germer ce qu'il veut. Il peut alors répondre à l'appel cosmique en tant qu'élu venant servir le Soleil, car "lui seul, Okilélé, pouvait le réveiller". Faisant pousser une montagne, symbole de la transcendance et de l'entrée dans le monde des êtres spirituels, il atteint la lumière du Soleil. L'ascension de la montagne appartient à la connaissance de soi, c'est la voie qui le conduit au ciel et le terme de sa quête. Quand le Soleil lui donne "un petit morceau de lui-même", il symbolise la fonction psychique du surconscient, qui est précisément de conduire l'homme au sommet de son développement. Il en fait une sorte de dépositaire du caractère solaire, un être protégé à qui il affirme "qu'il ne l'oublierait jamais". Okilélé devient un être illuminé par son propre petit soleil flottant au-dessus de sa tête, qui a le pouvoir de remettre de l'ordre là où le chaos s'est installé. Le Soleil brille maintenant différemment pour lui comme pour le monde, le ciel est d'un bleu dense et uniforme et non plus dégradé comme durant tout son parcours. Héros solaire, Okilélé est allé chercher la chaleur de la vie à la lumière de la connaissance, pour réparer lui-même le dommage initial causé par un destin malveillant.

Argos, n°31, page 27 (02/2003)
Argos - Oh, qu'il est laid, le vilain petit canard pontien !