Décryptage

Qui a dit... ?

"Le viol ? Parfois, c'est bien. Parfois, c'est mal"

Le contraire eût été surprenant : c'est un homme qui a prononcé cette phrase. Il a ensuite précisé sa pensée : "Tant qu'il n'y a pas de plainte, on ne peut pas savoir". Et comme beaucoup de femmes violées dans son pays n'osent pas se rendre au commissariat, notre indécis risque de rester longtemps dans le flou... Babulal Gaur est député du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste qui vient de remporter les élections en Inde (lire p. 82). Il a indiqué que sa prise de position n'engageait pas sa formation politique. Un de ses collègues en politique, Mulayam Singh Yadav, du Samajwadi Party, avait récemment critiqué une loi qui prévoit la peine de morts pour les viols collectifs en affirmant : "Les garçons sont des garçons. Ils font des erreurs, allons-nous les pendre pour ça ?" Ces déclarations ont d'autant plus d'écho en Inde que deux jeunes filles ont été récemment retrouvées pendues dans un village du nord du pays après avoir été violées par cinq hommes.

Alternatives Internationales, n°63, page 8 (06/2014)
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