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L'inquiétant retour d'El Niño

Denis Delbecq

Les signaux se confirment depuis février. Il y a désormais 70 % de risque que le climat de notre planète se retrouve, jusqu'au printemps prochain, sous l'influence d'El Niño. Ce phénomène climatique qui apparaît tous les deux à sept ans dans le Pacifique équatorial, a été baptisé ainsi par les pêcheurs péruviens. En effet, ils ont observé que certains étés (pour eux), les poissons se font rares à Noël. Et pour cause : un affaiblissement des vents dans le Pacifique équatorial y réchauffe l'eau en surface, ce qui modifie en retour le régime des vents et des courants sur l'océan, avec un point culminant fin décembre.

Le retour très probable d'El Niño n'est pas une bonne nouvelle, surtout s'il est intense comme semblent le penser certains météorologues. Dans de nombreuses régions du globe, El Niño apporte la sécheresse, comme en Indonésie, Malaisie, Australie, Inde et Bangladesh, en Afrique - au sud et dans une bande centrale qui s'étend de la Guinée au Soudan -, et dans le nord de l'Amérique latine. À l'inverse, la corne de l'Afrique, le sud des États-Unis, le nord du Mexique, l'Asie centrale et l'Uruguay, subissent un climat plus humide que la normale.

Ce n'est pas sans conséquences sur l'économie mondiale et la survie de certaines populations. Une note de la banque Barclays rappelait en mai que de nombreuses récoltes allaient être touchées. Les cours du blé, de l'huile de palme, du sucre et du cacao pourraient s'envoler, entraînant dans leur sillage ceux du maïs, du soja ou du café.

Alternatives Internationales, n°63, page 23 (06/2014)
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