Lectures
L'Australie et les relations internationales
par Charlotte Balssa.
Éditions du Cygne (148 p., 14 euros)

Une bonne copie universitaire ne fait pas nécessairement un bon livre. Les essais sur la politique extérieure de l'Australie sont rares dans la langue de Molière, ce n'est pas une raison pour se satisfaire d'analyses superficielles. Certes, l'étude n'est pas émaillée d'erreurs factuelles, les références bibliographiques sont puisées pour l'essentiel aux bonnes sources, l'actualité récente est prise en compte, mais le résultat n'en est pas moins une simple compilation d'informations et une description des enjeux stratégiques, des relations interétatiques et de la politique "asiatique" de Canberra. De nombreux défis sont mal appréciés et certaines actions passées trop occultées (Afghanistan, Cambodge, Irak). À l'inverse, l'ampleur de la coopération avec le Japon au sein de l'Asean est surestimée tout comme les relations de défense de l'Australie avec ses voisins. L'auteure met abusivement sur le même plan des engagements nés d'accords de défense, d'arrangements administratifs et de déclarations d'intention. On est aussi surpris de lire que la Coopération de l'Asie-Pacifique est présentée comme l'organisation économique la "plus dynamique" ou souligner le "rôle de plus en plus actif en Asie - Pacifique" de l'accord de défense à cinq (FDPA). Enfin, certaines affirmations auraient mérité d'être plus discutées (le "pivot" australien vers le Pacifique, l'engagement américain dans le Pacifique sud). De même, pour mieux saisir l'influence du pays hôte du prochain sommet du G20, il aurait été utile d'aborder le rôle des acteurs de la société civile, la diplomatie des enjeux globaux ( environnement, finance) et les liens de l'Australie avec l'Europe et le Proche-Orient.

François Guilbert

Alternatives Internationales, n°62, page 79 (03/2014)
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