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L'Afrique protège mieux ses forêts

Denis Delbecq

Le rythme de disparition des forêts africaines a été divisé par deux au cours de la dernière décennie, révèle une étude publiée par Philosophical transactions B of the Royal Society. Le taux de déforestation s'établit à 0,14 % par an pour 2000-2010 (soit 290 000 hectares par an), contre 0, 29 % par an pour 1990-2000.

Un constat encourageant qui masque néanmoins de fortes disparités géographiques. Environ 13 % du continent africain est recouvert de forêts, dont dépendent, directement ou indirectement, cent millions de personnes dans trois grandes régions : le bassin du Congo au centre du continent (178 millions d'hectares, soit trois fois la superficie de la France), les forêts de l'Ouest (12 millions d'hectares, notamment au Liberia, Nigeria et en Côte d'Ivoire) et la forêt de Madagascar (4,3 millions d'hectares). Trois régions qui ne connaissent pas les mêmes causes de déforestation, expliquent les chercheurs, qui ont travaillé à partir d'images satellites. En Afrique de l'Ouest, le rythme de déforestation a été divisé par trois entre les deux décennies. Mais la forêt continue d'y être grignotée par l'exploitation industrielle du bois pour l'exportation, et l'essor des plantations d'huile de palme. À Madagascar, le recul forestier (0,9 %) est surtout lié à la pression démographique. Le bassin du Congo est la région la moins touchée par la déforestation, mais les chercheurs pointent une exception de taille, avec un recul forestier en République démographique du Congo trois fois plus important qu'alentours. Alors que le bois fournit 95 % de l'énergie consommée dans ce pays, les dégâts sur la forêt s'observent jusqu'à 300 kilomètres de la capitale, Kinshasa.

Alternatives Internationales, n°60, page 21 (09/2013)
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