Lectures
Géopolitique de l'Arctique
par Thierry Garcin.
Economica (180 p., 27 euros)

Avec une superficie six fois plus grande que la Méditerranée, l'océan Arctique attise les appétits de ses cinq riverains immédiats (États-Unis, Canada, Danemark, Norvège, Russie), mais aussi de tous ceux qui rêvent d'exploiter ses ressources rares ou encore tirer avantage de nouvelles routes maritimes libérées des glaces. Si, en été, l'Arctique devient bien un bassin, l'Eldorado n'est pas pour demain. Les différends frontaliers, les revendications territoriales exorbitantes de la Russie, la lenteur imposée à des navires aux coques renforcées, une cartographie des littoraux très imprécise, les incertitudes sur l'exploitabilité des ressources primaires seront autant de freins durables, rappelle avec minutie le chroniqueur de France Culture Thierry Garcin. Si on ne peut exclure une militarisation du théâtre, l'Arctique s'inscrit progressivement dans la mondialisation des défis environnementaux, du développement, du tourisme d'excursion et de l'instrumentalisation des missions scientifiques à des fins de puissance. Face à ces enjeux, l'Europe doit s'interroger sur les conséquences de l'indépendance à venir du Groënland qui a rompu ses liens avec l'Union en 1985 et la France préciser son rôle en tant qu'observateur auprès du Conseil de l'Arctique, d'État partie au traité concernant le Spitzberg et d'autilisateur de la base scientifique permanente Jean Corbel.

François Guilbert

Alternatives Internationales, n°60, page 79 (09/2013)
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