Yves Hardy Afrique, pillage à huis clos
Par Xavier Harel.
Editions Fayard (280 pages, 19 euros)

Le sous-titre de l'ouvrage -Comment une poignée d'initiés siphonne le pétrole africain - délimite le propos. La palme de la "kleptocratie" revient au président congolais Denis Sassou Nguesso, qui a détourné près d'1 milliard de dollars de revenus pétroliers entre 2002 et 2005. Ce qui ne l'empêche nullement, à la tribune des Nations unies, de tancer les pays riches appelés à faire montre de plus de solidarité et de générosité envers l'Afrique! Jolis accessits décernés à deux prétendants très méritants : l'ancien n°1 du Nigeria, le dictateur Sani Abacha, qui a consciencieusement vidé les coffres de la Banque centrale d'Abuja entre 1993 et 1998, ainsi qu'au "doyen des chefs d'Etat africains", l'inénarrable Omar Bongo, dont la longévité au pouvoir -il règne à Libreville, capitale de "l'émirat" gabonais, depuis novembre 1967- n'a d'égale que la prodigalité légendaire pour ses hôtes étrangers de marque. L'auteur, journaliste à La Tribune, reprend à son compte la campagne de l'ONG britannique Global Witness : "Publiez ce que vous payez!". "Tant que les pays industrialisés, conclut-il, ne contraindront pas leurs compagnies pétrolières et minières à rendre public ce qu'elles versent aux Etats africains, tous les beaux discours en faveur du continent ne devront être pris que pour ce qu'ils sont : de la poudre aux yeux destinée à maintenir le statu quo et à poursuivre le pillage. "

Alternatives Internationales, n°33, page 77 (12/2006)
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