Chirac d'Arabie
Par Eric Aeschimann et Christophe Boltanski.
Grasset (431 p., 19,90 euros)

En un peu plus de 400 pages, les deux auteurs reviennent sur l'un des aspects les plus commentés de la politique étrangère de Jacques Chirac: la relation très personnelle de celui-ci avec le monde arabe. L'ouvrage reprend surtout un certain nombre d'éléments connus, et antérieurs au début de la présidence Chirac (1995): son goût pour l'Orient, les dossiers qu'il a eu à traiter à Matignon (affaire des otages en 1986-88 notamment), les accusations dont il a fait l'objet également (son "amitié", par exemple, avec Saddam Hussein). Sur la période 1995-2007 elle-même, peu de révélations en revanche. On note la reprise de polémiques connues, le rôle qu'aurait joué Jacques Chirac dans l'échec des pourparlers israélo-arabes en octobre 2000, ou son soutien parfois étonnant à des régimes autoritaires. Sans véritablement apporter de pièce nouvelle à ce puzzle qui intrigue depuis longtemps les observateurs, l'ouvrage constitue cependant un bon récapitulatif de la relation du président français à cette partie du monde. Légèrement polémique, reprenant l'idée d'une politique étrangère motivée par un affect volontiers paternaliste davantage que par une grande stratégie, ce travail nous offre un panorama intéressant et synthétique, même s'il peut paraître à certains égards incomplet.

Frédéric Charillon

Alternatives Internationales, n°33, page 81 (12/2006)
Alternatives Internationales - Chirac d'Arabie