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Gestion de crise, maintien et consolidation de la paix. Acteurs, activités, défis
Par Thierry Tardy.
De Boeck (280 p., 27,50 euros).

En 2009, notamment en Afrique, dans les Balkans, en Afghanistan, près de 200 000 personnes étaient impliquées dans des mécanismes militaires, économiques, institutionnels complexes pour tenter d'apporter une réponse à une crise politique, économique ou due à une catastrophe naturelle. Ces entreprises de restauration de l'Etat sont guidées par un credo unique dans la démocratie de marché, dont l'imposition standardisée perturbe les mécanismes économiques et politiques de redistribution de richesse dans les pays hôtes. A cette source de déstabilisation qui aggrave la crise s'ajoute le fait que les principaux intervenants (Otan, Union européenne, etc.) n'agissent évidemment pas que pour la beauté du geste et ont leurs intérêts propres. L'ONU tente de préserver sa centralité, mais dépend des Etats et des organisations régionales. Pour sa part, l'Union européenne fait des opérations de gestion de crise un moyen d'affirmation de son ambition de puissance et veut acquérir son autonomie face à l'Otan. Dans ce tableau, les ONG ont aussi leur place et se saisissent de ces crises multidimensionnelles (développement, humanitaire, droits de l'homme). Mais elles sont hétérogènes, concurrentes, et font l'objet d'une tentative d'instrumentalisation de la part des Etats. Thierry Tardy, consacre également un développement à l'arrivée des sociétés militaires et de sécurité privées.

Les bonnes intentions pavent-elles la voie de l'enfer ? Ce serait excessif, mais les tentatives de réponse au chaos sont elles- mêmes en crise permanente, conclut-il.

Thierry Brésillon

Alternatives Internationales, n°46, page 78 (03/2010)
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