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Afrique noire, poudre blanche
Par Christophe Champin.
André Versaille (160 p.,16,90 euros).

Des cartels latino-américains de la drogue ont investi l'Afrique depuis le début des années 2000, signale l'auteur, journaliste à RFI. Evincés du trafic vers les Etats-Unis par les mafias mexicaines, les clans colombiens se sont tournés vers les Etats africains faibles, transformés en plates-formes de réexportation de la cocaïne vers l'Europe.

La petite Guinée-Bissau (1,5 million d'habitants) fait figure de premier " narco-Etat " africain. Les 80 îlots de l'archipel des Bijagos fournissent un cadre propice à la contrebande. L'armée et la douane sont gangrenées, des 4x4 flambant neufs circulent en nombre dans les rues de la capitale, tandis que des esprits facétieux ont rebaptisé l'une des formations politiques locales, le Parti républicain de l'indépendance pour le développement (PRID) en " parti responsable de l'introduction de la drogue ".

La Guinée et le Mali s'affirment aussi comme des plaques tournantes. Le 23 février 2009, le fils de feu le général-président Lansana Conté, Ousmane Conté, a reconnu son implication dans le trafic. Et le 5 novembre 2009, un Boeing 727 cargo en provenance du Venezuela s'écrasait en tentant de repartir d'une piste de fortune située au nord de Gao (Mali). Aux dires des enquêteurs, le gros-porteur aurait déchargé au préalable plusieurs tonnes de produits stupéfiants. La corruption des élites locales, civiles et militaires, facilite la mise en place de ces nouvelles routes de la cocaïne.

Yves Hardy

Alternatives Internationales, n°48, page 78 (09/2010)
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