Lectures
Bollywood, cinéma et mondialisation
Par Camille Deprez.
Presses universitaires du Septentrion (254 p., 27 euros).

Dès 1896, les opérateurs des frères Lumière importent le cinématographe en Inde, sans imaginer qu'il va produire non seulement une véritable industrie à laquelle les studios de Bombay ont donné leur nom (en 2007, 1 146 films made in India sortent sur les écrans, en hindi, télougou, tamoul, kannada, malayalam ou encore en bengali) mais qu'il va surtout contribuer à la culture populaire, principalement urbaine et " moderniste ". Cet ouvrage en expose les principales caractéristiques et les défis qu'il doit affronter, entre autres celui des langues. L'auteure distingue trois grandes catégories de films : les films hinglish masala (où se mêlent anglais, hindi et saveurs locales), les recyclages des succès hollywoodiens et les films cross over (influencés par les diasporas). Finalement la mondialisation n'uniformise pas ce cinéma indien qui associe valeurs " occidentales " et indianité (du moins à travers ses " images ", comme le village traditionnel, les vêtements régionaux, la prédominance de la famille, etc.). Une indianité moderne. " Il s'agit, note l'auteure, non seulement de faire rêver mais aussi de montrer la réussite économique et sociale " des catégories privilégiées, très représentées dans ce cinéma. Cette riche évaluation du poids économique du cinéma en Inde (et là où il s'exporte) attend son pendant, concernant cette fois, le contenu des oeuvres, l'originalité des mises en scène, l'analyse des musiques et des chorégraphies, la place des cinéastes dans la culture, etc.

Thierry Paquot

Alternatives Internationales, n°48, page 79 (09/2010)
Alternatives Internationales - Bollywood, cinéma et mondialisation