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L'Afrique du Sud préfère l'astronomie au gaz de schiste

Denis Delbecq

L'Afrique du Sud hébergera 70 % du projet international du Réseau kilomètre carré (SKA), un radiotélescope formé de milliers d'antennes qui aura des ramifications dans plusieurs pays africains, en Australie et en Nouvelle-Zélande. La majeure partie des paraboles sera installée dans la région de Karoo, au nord du Cap. Mais la nouvelle ne fait pas que des heureux. Car le bassin de Karoo recèlerait la majeure partie des ressources de gaz de schiste du pays. Deux firmes, Shell et Sasol, en convoitent l'exploitation et des voix s'élèvent pour rappeler que la production de gaz créerait plus d'emplois que le télescope.

Officiellement, Shell soutient le SKA. Mais ses dirigeants sont inquiets : la fracturation hydraulique provoque des microséismes qui pourraient s'avérer incompatibles avec le calme requis par les astronomes. Un calme imposé par une loi de circonstance, votée en 2007, pour décrocher le SKA. Celle-ci crée une " réserve astronomique " de 12 millions d'hectares autour du site où régnera le silence radio à partir de 2024. Aucune source d'interférence ne sera tolérée : ni émetteur, ni antenne de téléphonie, ni survol aérien... même les tracteurs risquent d'être exclus.

Alternatives Internationales, n°55, page 23 (06/2012)
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