Actualité

Azerbaïjan : Akram Aylisli ne dort pas sur ses deux oreilles

À Bakou, certains semblent se lancer dans la corrida, mais sans avoir assimilé les subtilités de l'art taurin. Il est d'usage dans les arènes lorsque le torero fait preuve d'une exceptionnelle maestria de lui accorder les oreilles et la queue de la bestiole. Peut-être est cette coutume qui a inspiré un parti politique azéri lorsqu'il a offert une récompense (9 500 euros) à qui lui rapporterait l'oreille d'Akram Aylisli. Aux yeux des nationalistes du cru, cet écrivain est coupable d'avoir publié un ouvrage sur la guerre des années 1990 avec l'Arménie où cette dernière est trop aimablement dépeinte. Outre les menaces d'amputation, le romancier a vu ses livres brûlés et ses pièces interdites, note Eurasianet. C'est donc lui qui s'est bien battu. Et à qui en toute logique taurine, il conviendrait d'accorder les extrémités de ses fanatiques adversaires.

Alternatives Internationales, n°58, page 25 (03/2013)
Alternatives Internationales - Azerbaïjan : Akram Aylisli ne dort pas sur ses deux oreilles