Agir

Libertés : dehors les ONG !

Vladimir Poutine a de la suite dans les idées. Après avoir contraint les ONG russes bénéficiant de fonds étrangers de s'auto-déclarer "agents de l'étranger" pour mieux les interdire, le président russe a décidé de s'en prendre directement aux ONG internationales. Votée en mai dernier, une loi permet au parquet de déclarer "indésirable" sur le territoire toute organisation qui constituerait "une menace pour les fondements constitutionnels de la Fédération de Russie, la défense du pays ou la sécurité de l'État". Le tout sans justification, ni contestation possible. Sont visées le Centre Carnegie à Moscou, Amnesty International, Transparency International et Human Rights Watch. Cette volonté de réduire les ONG au silence est une pratique répandue parmi les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). L'Inde tente depuis des mois d'éliminer l'antenne locale de Greenpeace. Et plus de 8 000 autres associations locales et internationales ont vu leur licence retirée car elles bénéficiaient de fonds étrangers. De son côté, la Chine s'apprête à adopter une loi contraignant les ONG, dont le siège est situé "hors de Chine continentale", à se plier à de nouvelles règles de financement et de recrutement. Si en apparence ce sont les grandes organisations occidentales qui sont visées, ce sont bien les militants locaux que les autorités veulent museler. Le plus bel hommage à leur efficacité.

Alternatives Internationales, n°67, page 64 (06/2015)
Alternatives Internationales - Libertés : dehors les ONG !