Lectures
Golda Meir. Une vie pour Israël
Claude-Catherine Kiejman.
Taillandier (330 p., 20,90 euros)

Selon cette biographie élogieuse, Golda Meir, née Mabovitch, mariée Meyerson, "ministrée" Meir, est devenue l'une des bâtisseuses de l'État hébreu par admiration pour sa grande soeur Shana qui l'a convertie aux thèses du sionisme-socialisme. Dans l'Ukraine des pogroms mais surtout aux États-Unis où la famille s'est réfugiée et où la "passionaria du sionisme" a passé une adolescence modeste et militante. Puis elle part vers la Palestine, malgré le peu d'enthousiasme de son époux, - d'abord dans un kibboutz - où elle n'aura de cesse d'oeuvrer pour la création d'un "foyer national juif". Par la force de son réseau et de ses convictions, Golda Meir a été une figure active de la création d'Israël : c'est elle qui ira chercher aux États-Unis, l'argent nécessaire pour la défense et la sécurité de l'État à peine fondé en 1948. Si sa détermination et sa cohérence forcent l'admiration, elle n'a pas vraiment cherché la paix et le dialogue avec les Arabes (Égyptiens, Syriens, Palestiniens) dans la suite de sa carrière. En 1974, à 75 ans passés la "grand-mère d'Israël" laisse derrière elle un pays divisé et affaibli par la guerre du Kippour. Au-delà de la vie (surtout) publique et politique de "Golda", la journaliste Claude-Catherine Kiejman retrace l'histoire d'une région où le temps semble s'être arrêté, tant les problèmes qui se posaient à l'époque sont encore ceux d'aujourd'hui.

Thomas Monnerais

Alternatives Internationales, n°66, page 77 (03/2015)
Alternatives Internationales - Golda Meir. Une vie pour Israël