Lectures
Contester au Mali. Formes de la mobilisation et de la critique à Bamako
par Johanna Siméant.
Karthala (258 p., 25 euros).

Cet ouvrage est plutôt savant, exigeant et présente beaucoup d'intérêt, à plus d'un titre. Il est publié dans une collection, "Les Afriques", destinée à accueillir des travaux et analyses de disciplines de sciences humaines et sociales. L'auteure est politologue. Le livre s'inscrit dans l'approche de la politique "par le bas", se préoccupant des modes populaires d'action. Il n'est pas centré sur les rébellions touareg et ne se réduit pas à une idéalisation de l'action de la société civile. Il concerne la période 1991-2011 - les mandats d'Alpha Oumar Konaré et d'Amadou Toumani Touré - et analyse les marches de rues, émeutes et, plus largement, les différentes formes de dissentiment, protestations et contestations populaires (notamment urbaines) antérieures à la crise politique de 2012 (suivie d'une intervention française, africaine et internationale). C'est un utile contrepoint à l'image consensuelle souvent associée à ce pays que d'aucuns jugeaient exemplaire jusqu'au coup d'État du capitaine Sanogo. Quelques regrets : certains sigles auraient été utiles à développer à leur première occurrence pour ne pas donner l'impression de ne s'adresser qu'aux spécialistes. On notera par ailleurs la très (trop ?) riche bibliographie finale qui comporte plus de 300 références, s'ajoutant à 450 notes de bas de page... dont beaucoup sont aussi intégralement mentionnées dans la bibliographie finale.

Serge Cordellier

Alternatives Internationales, n°64, page 77 (09/2014)
Alternatives Internationales - Contester au Mali. Formes de la mobilisation et de la critique à Bamako