Lectures
Globalisation, le pire est à venir
par Patrick Artus et Marie-Paule Virard.
Ed. La Découverte, 2008, 166 p., 12,50 euros.

Si vous pensez que Joseph Stiglitz est un féroce critique de la mondialisation, lisez donc le nouveau livre d'Artus et Virard. Dans un style très Cassandre (dont on rappellera que le problème venait du fait que ses prédictions - justes - n'étaient pas écoutées), les deux auteurs décrivent la globalisation comme une machine inégalitaire qui emballe la consommation des ressources rares. Elle dégrade la planète, inonde le monde de liquidités, nourrit un casino financier producteur de risques et écartèle l'Europe qu'elle menace de dislocation. Chapitre après chapitre, le constat revient : ces processus sont à l'oeuvre, s'accroissent et réclament, pour être maîtrisés, une coordination internationale des politiques publiques, sur laquelle on ne peut compter.

De ce décalage entre une mondialisation étatique restée à l'âge de pierre et une mondialisation économique sans frein pourraient sortir les pires scénarios d'affrontement. Le livre reste court en propositions politiques pour remédier à la situation. Mais il appelle urgemment à se saisir du sujet.

Eve Channing

Alternatives Economiques, n°270, page 85 (06/2008)
Alternatives Economiques - Globalisation, le pire est à venir