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Violences sexuelles à la fac

Céline Mouzon

#SupToo : derrière ce hashtag, de nouveaux témoignages. Une étudiante à qui son responsable de diplôme propose régulièrement de travailler le soir, une doctorante en colloque à l'étranger obligée de dire à son directeur de thèse qu'elle n'a pas besoin d'être raccompagnée à sa chambre d'hôtel : le harcèlement et les violences sexuelles n'épargnent pas l'université, "où les circonstances aggravantes, d'abus d'autorité et de dépendance, sont au coeur même des fonctionnements institutionnels". C'est ce que souligne une tribune signée par plus de cent personnalités. L'enquête Virage-universités menée par l'Ined1 le confirme : sur les 6 600 étudiants ayant répondu, environ un tiers des femmes et un quart des hommes déclarent au moins un fait de violence (psychologiques et/ou sexuelles).

Les étudiants engagent rarement des procédures dans leur établissement, note l'Ined. La tribune #SupToo pointe le manque de moyens. S'il y a parfois une mission égalité ou une cellule contre le harcèlement, ce n'est pas le cas partout. Les signataires appellent à une prise de conscience et invitent celles et ceux qui y sont confrontés à témoigner sur un tumblr dédié ou sur Twitter.

En savoir plus

(1) "Les violences subies dans le cadre des études universitaires", Documents de travail n° 245, novembre 2018, https://bit.ly/2Be49ZU

Alternatives Economiques, n°386, page 58 (01/2019)
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