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Justice : l'étau se resserre autour de Samsung

Céline Mouzon

C'est une nouvelle historique : au terme de plus de dix ans de combat, Samsung a reconnu devant un tribunal d'arbitrage coréen avoir exposé les travailleurs de ses usines à des produits toxiques, sans leur fournir ni protection ni information. La décision a été rendue le 1er novembre dernier en Corée du Sud par un comité de médiation, présidé par un ancien juge de la Cour suprême. Les travailleurs étaient représentés par l'ONG Sharps.

Le nombre d'ouvrières potentiellement concernées - il s'agit surtout de femmes de moins de 30 ans - est élevé : tous les employés de Samsung et de ses sous-traitants ayant travaillé au moins un an dans l'une de ses usines de production de semi-conducteurs et d'écrans depuis 1984 peuvent prétendre à une indemnisation si ils sont malades. Cela représente aujourd'hui 200 personnes (70 sont décédées), mais le recensement est toujours en cours. Le montant de l'indemnisation est, lui, plutôt faible : 116 000 euros maximum par personne.

Hasard du calendrier : en France, une information judiciaire a été ouverte mi-octobre contre Samsung pour pratiques commerciales trompeuses. La décision coréenne devrait renforcer les arguments des associations à l'initiative de la plainte, ActionAid-Peuples solidaires et Sherpa. Elles essaient depuis 2013 de faire condamner le géant de l'électronique, mais leur plainte a par deux fois été classée sans suite.

En savoir plus

Alternatives Economiques, n°385, page 56 (12/2018)
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