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L'Italie et ses esclaves des champs

Yann Mens

Les Italiens les appellent "caporali". Ces contremaîtres recrutent, souvent de manière illégale, des travailleurs des champs. Une situation dénoncée par un récent rapport du syndicat FLAI-CGIL et l'Osservatorio Placido Rizzotto, qui estime à 4,8 milliards d'euros le chiffre d'affaires de l'emploi au noir dans l'agriculture. Cet emploi peut être totalement ou partiellement clandestin. Ainsi, 30 % des employés du secteur agricole déclarent officiellement moins de 50 journées de travail par an, note le rapport syndical. En pratique, les salaires sont de 20 à 30 euros quotidiens pour des journées de travail comprises entre huit et douze heures, mais parfois davantage. Les femmes sont rémunérées en moyenne 20 % de moins que les hommes. Pour des migrants, le tarif est parfois plus bas encore (1 euro de l'heure). Ce qui n'empêche pas les caporali, italiens ou issus des mêmes pays (Bulgarie, Roumanie, Pakistan, Maroc...) que ceux qu'ils exploitent, de leur faire payer 5 euros par jour pour les transporter jusqu'aux champs ou de 100 à 200 euros de loyer mensuel pour un taudis.

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Alternatives Economiques, n°382, page 39 (09/2018)
Alternatives Economiques - L'Italie et ses esclaves des champs