Actualité

Les fonds de la Caspienne attendront encore

Yann Mens

Ce n'est plus la mer de toutes les discordes. Après vingt ans de tensions et de négociations, les cinq pays riverains de la Caspienne (Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Russie, Turkménistan) se sont mis d'accord le 12 août pour lui donner un statut légal spécifique. Longtemps, l'Iran, que sa situation côtière désavantage, réclamait qu'elle soit considérée comme un lac, ce qui aurait impliqué un partage égal des ressources, à commencer par les considérables quantités de gaz et de pétrole enfouies dans le sous-sol. L'accord conclu à Aktau (Kazakhstan) prévoit que le droit de la mer s'appliquera à la surface de la Caspienne. Chaque pays riverain aura donc une zone maritime exclusive, le reste sera d'usage commun aux cinq Etats. En revanche, pour les fonds marins, des traités bilatéraux entre les différents pays devront délimiter les périmètres respectifs. Reste à savoir si la Russie, jusqu'ici opposée à la construction d'un gazoduc entre le Turkménistan et l'Azerbaïdjan - sous des prétextes environnementaux mais en réalité parce qu'il risquerait de concurrencer ses propres parts de marché en Europe -, va lever ses entraves au projet. L'accord du 12 août stipule aussi qu'aucun navire militaire d'un Etat extérieur à la Caspienne ne pourra accéder à la mer. Une disposition qui vise les bâtiments américains, et à laquelle Moscou comme Téhéran tenaient tout particulièrement.

Alternatives Economiques, n°382, page 39 (09/2018)
Alternatives Economiques - Les fonds de la Caspienne attendront encore