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Plates-formes : les villes à l'offensive

Justin Delépine

Face à la difficulté et à la lenteur de la régulation des plates-formes numériques par les Etats, les collectivités territoriales passent à l'action. La ville de New York a voté une loi cet été qui impose un salaire minimum pour les conducteurs de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) et gèle le nombre de licences de ces derniers. Dans le viseur de la collectivité : Uber et son concurrent Lyft, très présent outre-Atlantique. En freinant la multiplication des VTC, New York entend lutter contre les embouteillages dont ils sont responsables. La mégapole s'est également attaquée à une autre plate-forme, Airbnb, à laquelle elle impose désormais de lui fournir une liste de tous les hôtes qui proposent un logement dans la ville. L'objectif est de faire appliquer les dispositifs réglementaires en vigueur, notamment l'interdiction de louer un logement pour moins d'un mois si on en est absent. De son côté, Paris avait déjà rendu obligatoire l'obtention d'un numéro d'enregistrement pour proposer des logements, dont la durée de location ne doit pas dépasser 120 jours par an. D'autres métropoles européennes, comme Berlin ou Barcelone, ont pris des mesures similaires. Les plates-formes se montrent cependant récalcitrantes et Paris, par exemple, a assigné Airbnb en référé pour non-respect de la loi.

Alternatives Economiques, n°382, page 47 (09/2018)
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