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Ceta : la mobilisation continue

Nils Wilcke

Circulez, il n'y a rien à voir. C'est en substance le message envoyé par le gouvernement aux opposants au Ceta en annonçant qu'il donnait son feu vert à l'entrée en vigueur de la quasi-totalité du traité de libre-échange négocié entre l'Union européenne et le Canada, le 21 septembre. Une décision qui va à l'encontre des conclusions rendues par les experts indépendants de la commission... que le gouvernement avait lui-même missionnée début juillet.

Dans leur rapport, ces experts pointent les faiblesses du Ceta et les risques encourus pour l'environnement, le climat ou encore la santé : "Les chapitres [de l'accord] concernant l'environnement ont le mérite d'exister, mais ils ne contiennent aucun engagement contraignant et ne font que réaffirmer l'attachement des partenaires à l'environnement et au développement durable."

Voilà qui justifie l'appel lancé par la Fondation pour la nature et l'homme (FNH, ex-Fondation Hulot), l'Institut Veblen et Foodwatch. "En refusant de renégocier l'accord, [le gouvernement] sacrifie notre agriculture et notre environnement", jugent les trois organisations, qui appellent Emmanuel Macron à revenir sur l'accord dans un communiqué commun1. Une journée de mobilisation a aussi eu lieu le 20 septembre, la veille de l'entrée en vigueur de l'accord, à l'initiative du collectif Stop Tafta, qui regroupe une centaine d'acteurs associatifs et syndicaux (Attac, Economistes atterrés, CGT, Amis de la Terre...). De quoi maintenir la pression sur le gouvernement.

En savoir plus

Alternatives Economiques, n°372, page 64 (10/2017)
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