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L'ordre des chirurgiens-dentistes épinglé

Céline Mouzon

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes étrille l'Ordre des chirurgiens-dentistes. Voyages d'agrément, logements de fonction dans la capitale non intégrés à la rémunération, y compris pour les conseillers parisiens, indemnités parfois indues (pour participer au goûter de Noël des enfants du personnel...) sont récurrents. S'y ajoutent une absence de contrôle des comptes, un manque d'indépendance des juridictions ordinales et une gouvernance obsolète (beaucoup d'inactifs, peu de femmes, des dirigeants en poste pendant vingt ans). Avec 100 équivalents temps plein, l'Ordre, qui est un organisme de droit privé chargé d'une mission de service public, a pourtant une fonction précise : veiller au respect du code de déontologie par les professionnels. Il outrepasse largement ces attributions pour endosser le rôle d'un syndicat, par exemple en faisant du lobbying ou en luttant contre les centres dentaires. Il s'acquitte aussi très mal de ses véritables missions : ses contrôles sont "peu nombreux, peu efficaces et peu opérants", note la Cour. Tout cela alors que les cotisations (80 % de ses ressources) n'ont cessé d'augmenter : en 2016, elles ont représenté 20 millions d'euros.

Alternatives Economiques, n°366, page 33 (03/2017)
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