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Boues rouges : Bruxelles somme Paris de répondre

Naïri Nahapétian

Nouveau rebondissement dans l'affaire des boues rouges de Gardanne. La direction de l'environnement de la Commission européenne a envoyé le 24 janvier des questions au gouvernement français, ce qui pourrait entraîner une procédure de précontentieux. La demande d'explications porte en particulier sur l'arrêté préfectoral de décembre 2015 qui accorde à l'entreprise Alteo l'autorisation de déverser pendant six ans encore en Méditerranée des résidus liquides issus de sa production d'alumine. Une décision imposée par Manuel Valls, alors Premier ministre, contre l'avis de Ségolène Royal.

Située à 30 km de Marseille, l'usine d'Alteo (400 salariés) produit de l'alumine servant notamment à fabriquer des verres pour les écrans LCD. Elle génère depuis cinquante ans une pollution toxique avec ses résidus solides, appelés boues rouges, qui comportent notamment de l'oxyde de fer et des métaux lourds. Depuis un an, ces boues rouges ont cessé d'être déversées dans la Méditerranée. Alteo a en effet investi dans des filtres-presses qui séparent résidus liquides et résidus solides afin de recycler ces derniers. Mais les rejets liquides sont toujours envoyés en mer, au milieu du parc national des calanques, via une canalisation. Leurs taux d'arsenic, d'aluminium et de fer dépassent les normes légales et ils représentent un danger pour les fonds marins. Quant aux boues rouges déshydratées et stockées à l'air libre, Bruxelles souhaiterait en savoir plus sur les procédures d'analyse de leur toxicité.

Alternatives Economiques, n°366, page 57 (03/2017)
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