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Fukushima, un drame sans fin

Naïri Nahapétian

Six ans après l'un des plus graves accidents nucléaires de l'histoire, la centrale de Fukushima Daiichi n'est pas prête d'être démantelée. L'opérateur Tepco a en effet annoncé en février que les robots envoyés dans l'enceinte de confinement du réacteur numéro 2 avaient relevé des taux de radioactivité allant jusqu'à 530 sieverts par heure. Des doses capables de tuer instantanément un être humain. Les interventions dans ce bâtiment vont donc nécessiter de nouvelles machines. Et l'extraction du combustible fondu dans les trois réacteurs entrés en fusion totale suite au séisme et au tsunami de mars 2011 va être plus complexe. Cette opération, qui devait commencer en 2021, est une étape importante du démantèlement prévu sur plusieurs décennies.

Bien d'autres problèmes s'accumulent. Ainsi, le combustible nucléaire usagé du réacteur 4 a certes été retiré de sa piscine de stockage. Et une barrière d'étanchéité a été implantée dans le port. Mais parallèlement, les eaux contaminées doivent être continuellement pompées, traitées et réintroduites dans le circuit de refroidissement ou stockées. Plus de 6 000 ouvriers se relaient en permanence sur le site. La facture liée à la catastrophe, estimée en novembre dernier à 188 milliards d'euros, ne cesse d'augmenter

Alternatives Economiques, n°366, page 57 (03/2017)
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