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Maroc : la finance participative est halal

Yann Mens

Ne dites pas "banques islamiques", mais "banques participatives". C'est avec une surprenante pudeur de vocabulaire que le 2 janvier dernier la banque centrale du Maroc a autorisé, pour la première fois dans le pays, cinq établissements financiers qui, conformément à la loi islamique (charia), refusent le prêt à intérêt et la spéculation, au profit par exemple d'un système de participation des bénéfices fixé à l'avance. Le Maroc a ainsi rejoint ses voisins maghrébins qui autorisent depuis longtemps ce type d'activités bancaires, avec un succès très relatif cependant.

Outre la tutelle de la banque centrale, les nouveaux établissements marocains, en majorité issus de partenariats entre une banque marocaine classique et une homologue d'un pays du Golfe pratiquant déjà ce type d'activités, seront soumis à celle du Conseil supérieur des oulémas (savants religieux), chargé de certifier la conformité de leurs produits financiers aux règles islamiques. Le Parti de la justice et du développement (PJD), la formation islamiste qui a dirigé le gouvernement depuis janvier 2012 et qui est de nouveau arrivée en tête à l'issue des législatives d'octobre dernier, s'était fait de longue date le promoteur de cette reconnaissance.

Alternatives Economiques, n°365, page 39 (02/2017)
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