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Gambie : des économies pour la route

Yann Mens

Il était plus que temps qu'il s'en aille, mais il s'est bien fait prier. Le 1er décembre dernier, après vingt-deux ans à la tête de la Gambie, Yahya Jammeh subissait une défaite électorale inattendue, qu'il reconnaissait d'abord, avant de se raviser. Il a fallu des pressions longues et musclées de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), emmenée par le Sénégal (pays dans le territoire duquel la Gambie est enclavée), pour que l'autocrate finisse par prendre le chemin de l'exil le 21 janvier dernier. Non sans emporter quelques économies puisées dans les caisses de l'Etat, à en croire l'équipe de son successeur, Adama Barrow. 11 millions de dollars, précisément. S'il est avéré, ce vol viendra plomber encore les finances publiques d'un pays dont la dette dépassait 105 % du PIB en 2015. Une dette détenue à 46 % par des acteurs économiques gambiens et souvent à court terme, car les financements extérieurs de plus longue durée sont difficiles à décrocher pour ce tout petit Etat africain dont l'économie fragile est dépendante avant tout d'une agriculture soumise aux caprices du climat, ainsi que du tourisme et des envois d'argent des émigrés.

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Alternatives Economiques, n°365, page 39 (02/2017)
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