Lectures
Penser le travail pour penser l'entreprise
par Olivier Favereau (dir.).
Coll. Economie et gestion, Presses des Mines, 2016, 178 p., 29 euros.

Un livre à mettre entre les mains de tout candidat à l'élection présidentielle ! A rebours de la thèse de la fin du travail, il défend l'idée que celui-ci a encore un avenir (y compris sous sa forme salariée, dont il traite particulièrement). Et l'entreprise avec lui. A la condition de ne pas s'en tenir aux deux capacités auxquelles on le réduit le plus souvent, de surcroît pour n'en retenir que les aspects négatifs : d'une part, sa capacité de production (qui serait cause de souffrance alors qu'elle peut être aussi source de réalisation de soi) ; d'autre part, sa capacité de coopération (qui, dans sa vision libérale, se réduit aux moyens d'inciter les salariés à servir d'abord l'intérêt de l'entreprise).

C'est que le travail est aussi affaire d'innovation sinon d'apprentissage. Cette troisième capacité mieux prise en compte, c'est tout à la fois la vision du contrat de travail, du marché de l'emploi et de la gouvernance de l'entreprise qui change. Et à rebours, cette fois, d'une conception ultralibérale, qui fait primer l'intérêt des seuls actionnaires, même quand elle prétend promouvoir la responsabilité sociale de l'entreprise. Précisions que cet ouvrage, qui se nourrit aussi de l'actualité, est issu du cycle de réflexion engagé depuis 2009 par le Collège des Bernardins, au prisme de pas moins de cinq disciplines : anthropologie, droit, économie, gestion et sociologie.

Sylvain Allemand

Alternatives Economiques, n°365, page 90 (02/2017)
Alternatives Economiques - Penser le travail pour penser l'entreprise